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 Et si rien ne s'était passé ? (pv)

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Aureane KalonErc'h
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MessageSujet: Et si rien ne s'était passé ? (pv)   Dim 5 Fév 2012 - 13:12

Au début, tout allait bien. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes et la journée avait commencé avec un petit Roland gazouillant dans les bras de ses heureux parents. Le bébé mâchouillait toujours avec autant de frénésie ce qui passait à sa portée, en l'occurrence le doigt de sa maman qui regardait son chérubin avec attendrissement. Tous les trois s'accordaient un petit moment de calme, la jeune femme acceptant de se reposer un peu pour rassurer Nicolaï qui s'inquiétait toujours de ses deux grossesses rapprochées. Pour sa part, Aureane se sentait très bien, juste un peu plus fatiguée qu'à son habitude, même si son état ne se voyait pas encore. Enfin, pas fatiguée au point de ne pas pouvoir réclamer un baiser à son époux.

Tout aurait pu continuer à aller pour le mieux. Mais les dieux sont parfois taquins et un peu plus tard dans la journée Nicolaï reçut une magnifique invitation pour un bal. Magnifique invitation qui ne ravit pas du tout Aureane. Rien que de penser à ce qu'elle allait devoir subir, elle pâlit en apprenant la nouvelle. Peut-être était-elle moins arrangeante du fait de sa grossesse, avec les nerfs à fleur de peau... quoi qu'il en soit, elle finit par refuser catégoriquement de mettre les pieds à ce bal. Ce que Nicolaï en tête de mule accepta mal... et ils se retrouvèrent à bouder chacun de leur côté comme deux enfants querelleurs.

Sauf que petit bébé numéro deux qui n'avait pas encore pointé le bout de son nez dans le vaste monde ne l'entendait pas de cette oreille. Il n'aimait pas du tout les disputes. Et le petit chenapan ayant hérité d'on ne savait où de quelques dons magiques, il décida de donner une petite leçon à ses chers parents. Et si ces deux là ne s'étaient jamais rencontrés ?

***

Lorsqu'une nouvelle aube se leva, Aureane encore endormie s'étira, puis ouvrit les yeux sur son brave mari Colin qui dormait à ses côtés. Entre eux se trouvait le petit Robert qui gazouillait en jouant avec un fétu de paille échappé de la paillasse sur laquelle ils dormaient. La jeune femme se leva en baillant. Elle avait fait un drôle de rêve... une histoire de chevalier et de château... C'était un beau rêve, et elle descendit par l'échelle le sourire aux lèvres. Réveillant les cendres du foyer, elle entreprit de mettre à cuire deux galettes puis sortit tirer de l'eau au puits. Il faisait frais, mais dès que le soleil serait complètement levé, la température se remonterait.

Guilaine se trouvait déjà près du point d'eau et discutait avec une de leurs voisines. Il était question des moissons, évidemment, étant donné qu'ils étaient en plein dedans et passaient des heures à couper le blé. Aureane revint vers sa maisonnette avec sa soeur à laquelle elle donnait tous les jours un peu de lait. La jeune femme avait de la chance : en se mariant avec Colin, elle avait gagné une belle vie selon les critères de Trois-Chemins. A tel point qu'ils mangeaient presque tout le temps à leur faim et possédaient même une vache. Tant mieux, songea la jeune femme : il faudrait qu'elle soit en forme pour nourrir leur fils et le petit qui naîtrait dans quelques mois.

Colin était levé et rassemblait ses affaires pour partir aux champs. Mal réveillé, il grommela un vague "merci" lorsqu'Aureane lui tendit un petit baluchon avec son déjeuner. Elle le rejoindrait un peu plus tard, le temps de donner la tétée à Robert, se laver, ranger un peu et mettre à mijoter le repas que Clémence surveillerait en même temps que le petit. Une nouvelle journée bien remplie en perspective alors qu'elle n'avait qu'une envie, rester sous sa couverture. Mais les blés ne se faucheraient pas tout seuls et lorsque sonna tierce, elle était sur le chemin des champs, avançant d'un bon pas avec Justine qui l'avait rejoint.
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Nicolaï KalonErc'h
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MessageSujet: Re: Et si rien ne s'était passé ? (pv)   Lun 6 Fév 2012 - 11:07

« Alors ? »

« Il y a un village à un demi mile au sud. »

« Ton impression ? »

« Des bouseux comme on en fait plus. »

Nicolaï poussa un long soupir. Il n'avait pas la moindre envie de se retrouver dans un petit village perdu au fin fond de la campagne de Diantra. Non, vraiment pas. D'un autre côté, il n'avait pas vraiment le choix. Les montures étaient fatigué et la perspective de dormir à la belle étoile ne réjouissait absolument personne dans le groupe.

Pourtant, dormir dans des huttes de bouse séchée ne réjouissait pas non plus grand monde.

« On y vas, ordonna Nicolaï. »

La petite troupe se mit en branle pour rejoindre le village. Ils devaient avoir l'air des plus impressionnant pour tout ces bouseux. Ils étaient une dizaine. Sept hommes caparaçonné et qui, visiblement n'étaient autre que des vétérans endurcit à la figure pas vraiment très avenante et trois femmes. La première vêtue très richement et au port de tête incontestable d'une noble dame. La seconde était tout aussi bien armée que les hommes et une longue balafre parcourait son visage et avait faillit lui coûter un œil. Enfin, la dernière était vêtue d’oripeaux particulièrement usé et sales. Une servante sans le moindre doute... ou une esclave, on avait un peu du mal à le savoir.

Devant la troupe qui avançait vers le village, un petit groupe d'hommes s'était assemblé pour leur faire face.

*Attaquez nous mes petits qu'on s'offre un beau pillage et un petit massacre.*

Un sourire carnassier aux lèvres, Nicolaï se tourna vers l'un de ses hommes, un colosse qui tapotait sa lourde hache de guerre avec visiblement l'envie d'en faire tâter les pécores.

« Détend toi Veshork. Et prie pour qu'ils tentent de nous attaquer. »

« Mogar t'entende. »

Quelques mètres de plus et Nicolaï s'arrêta un peu en avant de son groupe.

« Nous cherchons un endroit où dormir et passer la nuit. »

D'un geste, il prit une bourse gonflée qu'il soupesa devant tous.

« Et on a de quoi payer. »
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Aureane KalonErc'h
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MessageSujet: Re: Et si rien ne s'était passé ? (pv)   Lun 6 Fév 2012 - 19:46

La première escorte improvisée du convoi fut les enfants, les chiens, les poules et deux cochons qui vinrent leur roder autour avec une curiosité mêlée de méfiance. Puis les gamins disparurent comme par enchantement pour faire place aux visages inquiets des femmes qui les avaient rappelés et qui restaient à bonne distance, inquiètes. La plupart étaient vieilles ou bien enceintes et donc incapables d'aller travailler. Puis alors que la troupe entrait vraiment dans le village, elle se trouva face aux forces vives de trois-chemins. Les hommes, femmes et enfants en âge de travailler. Tous revenaient des champs, leurs outils sur le dos et l'air harassé. Un air qui s'évanouit en voyant qui débarquait. En quelques instants, seuls quelques hommes costauds restèrent sur la petite place pour faire face aux voyageurs. Les femmes avaient cette capacité à disparaître et se faire oublier phénoménale. Leurs maris les suivirent exceptés ceux qui étaient décidés à jouer le comité d'accueil.

Ils ne paraissaient pas agressifs, mais juste très prudents et un peu nerveux. Les nobles, personne n'aimait ça, par ici, même si on le cachait bien. On pouvait espérer que le convoi passe son chemin mais manifestement le chef ne l'avait pas décidé ainsi.


" J'vous souhaite le bonsoir et la bienvenue dans not' modeste village, " annonça pourtant avec un accent paysan prononcé, un grand barbu d'une quarantaine d'années qui paraissait en avoir dix de plus.

Son ton était neutre, sa voix posée. Mis à part lui, tous ceux qu'on avait pu entendre murmurer à présent usaient d'un patois si profond qu'eux seuls se comprenaient. Pour les nobles, autant arriver en territoire étranger. Celui qui devait être le chef de la troupe demanda un endroit où dormir et soupesa une bourse. Devant lui, une poignée de paysans, mais tout autour, des dizaines d'yeux curieux qui jetaient des regards avides derrières les volets de bois. Beaucoup qui maitrisaient peu ou prou la lange commune n'avaient pas compris ce que le noble avait dit, mais la bourse parlait d'elle-même.

Le barbu reprit la parole aussitôt, en prenant toujours bien soin de ne montrer aucun sentiment :

" On a une auberge, deux chambres... pas grandes... "

Il paraissait quand même un peu embêté et se passa une main dans sa tignasse encombrée de poussière de blé.

" Sinon, y a la grange, si ça vous va. Pas pour vous offenser, monseigneur, ajouta-t-il précipitamment, mais j'crois pas que nos paillasses vous plaisent. "

Un autre homme, plus âgé et au regard bleu perçant s'approcha à son tour et désigna un grand bâtiment un peu plus loin, derrière la dernière maison.

" Pour vos hommes, notre grange ce serait plus tranquille pour eux et pour votre dame, ben l'auberge c'est plus... "

Plus quoi ? Ici, tout se ressemblait. C'était un peu compliqué de déterminer ce qui était plus luxueux quand on se serrait constamment la ceinture. Il avait lui aussi cet accent prononcé qui rendait un peu difficile la compréhension de ce qu'il disait.


***

Comme tout le monde, Aureane était navrée de l'arrivée de ces nobles et soldats. Aucun villageois n'oserait demander de l'argent en retour de ce qui était offert. La grange de son père était pleine d'hommes qui riaient trop fort et qui regardaient les femmes qui osaient encore sortir d'un peu trop près. Ce soir là, elle alla préparer le repas chez ses parents comme tous les soirs... les Eldon se réunissaient toujours pour se tenir chaud. Bien sûr, la venue des cavaliers étaient dans toutes les bouches.


" Va falloir les nourrir, mes petits ! " prétendit sa grand-mère assise dans son fauteuil qui cajolait Robert et son cousin.

Un concert de protestations s'éleva - mais pas trop fort au cas où on les écouterait - jusqu'à ce que les Eldon se rendent à l'évidence : la troupe allait vouloir manger et il valait mieux leur donner de quoi se caler l'estomac avant qu'ils ne décident de se servir eux-même. Aureane jeta un coup d'oeil désespéré à la table : ils n'avaient rien à offrir. Un pauvre bouillon où flottaient trop peu de légumes et pas le moindre morceau de viande. A peine de quoi nourrir toute la tablée. Restait à espérer qu'à l'auberge le menu du jour conviendrait au seigneur et à sa dame. Ils devaient avoir le choix entre ragoût de bouillon de légumes et bouillon de ragoût de légumes. A moins qu'ils n'exigent que l'on tue l'un des cochons croisés qui n'avait que la peau sur les os. Au fond, l'argent n'allait de toute manière pas résoudre grand chose : il n'y avait presque rien à acheter. Avant les moissons, même la grange était vide.

La mère d'Aureane finit pourtant par rassembler des galettes de blé nourrissantes faite par elle-même et quelques voisines, un peu de lait de la famille Colin, du bouillon remplissant à peine un demi bol par homme et deux bouteilles de vin. Une bonne partie du village s'y était mis, l'autre s'efforçait de donner un coup de main aux aubergistes pour remplir un peu la tablée des clients qui, tout le monde l'espérait, paieraient leur part. Puis Damien se rendit à la grange pour proposer les victuailles aux soldats.

Occupée à remplir son seau au puits - le plus rapidement possible - Aureane le regarda de loin qui poussait la porte. Le clair de lune éclairait les alentours, mais ne suffit pas à la mettre à l'aise. Personne n'avait envie de rester dehors avec les visiteurs qui s'étaient installé. D'ailleurs, la plupart des villageois étaient claquemurés chez eux et le peu qui sortait pour savoir ce qui avait pu se passer chez les Eldon ou à l'auberge rasaient les murs et ne se sentaient soulagés qu'une fois entre quatre murs.

A l'auberge, on avait présenté les deux chambres aux seigneurs et à la dame : chacune était meublée d'un grand lit où pouvait coucher une famille entière de villageois mais qui devait valoir deux places pour un noble. C'était une paillasse bourrée de paille, au tissu rêche, recouverte d'une couverture tout aussi désagréable. On leur en ajouta une seconde sans que personne n'ait eu à le demander, mais mis à part ajouter un peu de chaleur, le confort serait loin d'être au rendez-vous. Enfin, il y avait la cheminée. Toute petite, elle réchauffait juste devant le foyer, mais les murs restaient glacials, tout comme le reste de la pièce. Dans un coin, une table avec un broc d'eau claire et une bassine. Une chaise et un pot de chambre - inutile de sortir derrière la maison, quel luxe !- complétaient le tout.

L'aubergiste était celui qui les avait d'abord accueilli. Toujours nerveux, il ne paraissait pas hostile, mais semblait surtout se demander pourquoi ces nobles s'arrêtaient là.
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Harnyll de Hetalia
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MessageSujet: Re: Et si rien ne s'était passé ? (pv)   Ven 10 Fév 2012 - 14:40

La fière cité suderonne d’Ysari était la capitale de la baronnie du même nom et le siège de l’Arcanum, l’institution magique du royaume humain. Autrefois installée à Diantra, elle avait pris ses quartiers dans le Sud près d’un siècle auparavant, officiellement pour ne pas risquer de se mêler de la vie politique du royaume et pour se concentrer exclusivement sur ses activités d’étude et de recherche. Mais les mauvaises langues affirmaient que la véritable raison de ce déplacement trouvait sa source dans la recherche du pouvoir, dont les mages ne savaient se passer.

Nul n’ignorait que de tout temps l’Arcanum avait joué un rôle politique prépondérant au sein du royaume. Longtemps bras armé des rois de Diantra, on affirmait que l’organisation servait désormais les intérêts des barons d’Ysari. Mages eux-mêmes depuis des générations, ils avaient su gagner à leur cause l’institution qu’ils géraient en coupe réglée. Depuis lors, installé dans la massive forteresse de Castel-Roc, bâtie sur un éperon rocheux dominant la ville, l’Arcanum étendait son influence et manipulait ses pions d’Ydril à Serramire.

Harnyll de Hetalia, actuel baron d’Ysari, dirigeait l’Arcanum depuis plus de soixante ans. Un étrange personnage que cet homme d’ailleurs… car il était né peu de temps après l’arrivée de l’Arcanum. Et pourtant, les rares fois où il apparaissait en public, on lui aurait donné une trentaine d’années alors qu’il portait au moins trois à quatre fois cet âge. Certains disaient qu’il y avait en lui du sang drow, mais ceux qui l’avaient vu de près juraient que ses traits étaient humains comme l’avaient été ceux de ses parents d’après les vieillards qui s’en souvenaient. D’autres affirmaient que des sosies remplaçaient le baron au fur et à mesure. D’autres encore soupçonnaient ses sombres arts d’expliquer cette jeunesse apparemment éternelle. Mais une seule chose semblait certaine : un épais mystère entourait le seigneur mage d’Ysari.

Les mages… malheur à celui qui révélait la présence du don en son sein. Un édit promulgué par l’Arcanum déclarait illégale toute magie non contrôlée par l’Arcanum, édit depuis confirmé par la cour royale de Diantra. Lorsqu’un enfant démontrait son aptitude à manier les énergies sous-jacentes aux lois physiques, l’Arcanum se présentait chez ses parents et emmenait l’enfant afin de le former. On ignorait en quoi consistait précisément cet entrainement aussi dangereux qu’éprouvant, toutefois les mages semblaient considérer comme nécessaire qu’il commence jeune. Quoi qu’il en soit, seule une minorité d’enfants réussissait à survivre aux épreuves pour finalement intégrer l’Arcanum.

Un sort bien moins enviable encore attendait les mages adultes, que l’Arcanum n’essayait même pas de former. Pas assez malléable probablement, et dotés déjà d’une personnalité qui pourrait ne pas convenir à leurs maîtres. Sur ordre du baron, d’impitoyables groupes de traqueurs pourchassaient les pratiquants des arcanes à travers tout le royaume. L’ordre de la Tour Pourpre, tel était le nom de cet organisme redouté par tous. Sous l’apparence de groupes de mercenaires, ses membres parcouraient villes et villages, n’hésitant pas à user des méthodes les plus brutales pour trouver leurs cibles. Devenus experts dans leurs arts, ils ramenaient les mages à Ysari et rares étaient ceux qui arrivaient à échapper à leurs filets.

Ce qu’il advenait d’eux une fois enfermés dans les souterrains de Castel-Roc, nul à part le baron et ses plus fidèles serviteurs ne le savait. Mais aucun n’en était jamais ressorti…
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Nicolaï KalonErc'h
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MessageSujet: Re: Et si rien ne s'était passé ? (pv)   Mer 15 Fév 2012 - 19:10

Sheela portait sur la chambrette un regard critique avec une moue quelque peu... décontenancée, avant de s'approcher du lit pour le tester. Sa grimace s'accentua encore.

« Ce n'est pas Castel-Roc. Je me demande si je ne ferais pas mieux de dormir par terre, ça doit grouiller de puces là dessus. »

Nicolaï ne répondit rien, se contentant de lever les yeux au ciel alors que la jeune femme inspectait plus attentivement la couche. En même temps, il ne fallait pas s'attendre à quelque chose qui soit d'un grand luxe dans un patelin aussi miteux que l'était Trois Chemins. Enfin, c'était quant même toujours mieux que de devoir dormir à la belle étoile... enfin, en théorie. C'est vrai que s'il y avait des puces dans la couche, cela allait vite descendre le cotas sympathie que Nicolaï pouvait avoir pour cet endroit.

« J'espère que la nourriture sera meilleure. »

« Oh, je serais toi, je ne me ferais pas trop d'illusion là dessus. »

Sheela recommença alors à bougonner.

« Allan avait raison, des bouseux comme ça, on en fait plus. »

Le jeune homme ne put s'empêcher de pouffer de rire.

« Oh, tu trouve ça drôle ? Pas moi. Bon, je te laisse la couche ce soir. Moi je vais dormir par terre. »

Nicolaï continuait tranquillement à sourire à la jeune femme quelque peu agacée par la situation. Sheela était une râleuse invétérée.

« … et il faudrait que tu demande à Harnyll de changer ma magicienne attachée. »

« C'est la troisième que tu épuise ce mois ci. »

« Ce n'est pas ma faute. L'Ordre ne me fournis que des inccapables. Elle a foirée une simple amulette de givre il y a trois jours. Qu'est-ce que tu veux que je fasse avec ça ? »

C'était la vérité. Il y a peu, Anabelle avait planté l'enchantement d'une simple amulette et Nicolaï lui avait lui même passé un savon en plus de celui que lui avait donné la magicienne. Pas le choix d'un autre côté. Les combattants de l'Ordre étaient en grande partit dépendant des mages qui se trouvaient dans leurs groupes. Un mage doué pouvait tout à fait se débarrasser d'un petit groupe de combattants. Les mages de l'Ordre avaient pour mission de faire en sorte que cela n'arrive pas. La détection de magie ainsi que la pratique de l'anti-magie étaient les deux armes qu'ils utilisaient le plus. Mais il leur arrivait aussi d'enchanter des objets pour permettre aux combattants d'user de magie sans posséder de dons.

Beaucoup prétendaient, et souvent à raison, que la survie des groupes de combattants dépendait du talent du ou des mages qui s'y trouvaient. Une magicienne incompétente, un sort raté, une amulette qui échoue et c'était tout le groupe qui était en danger.

« Pourquoi tu n'en fais pas la demande toi même ? »

Avec un sourire, Sheela se rapprocha de Nicolaï. Prêt, très prêt, un petit air mutin sur le visage.

« Oh, s'il te plait. Ça ne coûtera pas beaucoup. L'Arcanum m'enverait encore une incompétente ou une idiote. Mais si tu en fais la demande au seigneur Harnyll... »

« Et pourquoi il accepterait, interrogea Nicolaï en couvrant le cou de la magicienne de baisers ? »

« Oh, tout le monde sait qu'il accepterait de te donner tout le matériel que tu lui demanderait. Tu es son traqueur de sorcière préféré. »

Sheela releva le menton du chevalier pour déposer un baiser sur ses lèvres.

« D'accord, tu auras ta nouvelle apprentie. »

Les doigts de Nicolaï s'attaquaient au corsage de la robe pendant que ceux de la magicienne finissaient de défaire les boucles de l'armure. Doucement, le chevalier la faisait reculer, pas après pas.

« Ah non, pas sur ce nid de puces, protesta Sheela. »

* * *

Nicolaï était en train de marcher dehors. Il faisait froid, il était tard, mais il marchait.

Est-ce qu'il ne craignait pas de se faire attaquer en avançant ainsi sans la moindre arme ? Non, pas une seconde. Certes, quelques paysans auraient put se dire que cela aurait toujours fait un noble de moins. On aurait aussi tout à fait penser qu'il avait de l'argent sur lui. Mais ceux qui auraient été assez bête pour tenter le coup auraient surement vus les plus intelligents les arrêter. En tuer un, c'est bien, mais après, il y avait tout les autres qui auraient tout à fait put commencer à massacrer tout le monde en représailles.

Et même s'ils arrivaient à tous les tuer, cela leur retomberait forcément dessus. Un groupe comme celui là, il était forcément attendu quelque part. On ne se faisait pas d'illusion. Trois Chemins n'était pas la plus grande des destination touristique qui soit.

Une jeune femme était en train de s'escrimer à remonter un seau d'eau du puits sans faire de bruit, mais sans se cacher non plus, Nicolaï s'approcha d'elle.

« Donnez moi ça, fit-il en prenant la corde pour commencer à remonter l'eau. »

Une fois de seau remonter, il se tourna vers elle. La jeune femme devait être un petit peu plus jeune que lui. Le genre de femme qu'il aimait bien, il fallait le dire. Menue, fine, les cheveux brun (il avait toujours adoré les brunes) et de jolis yeux bleus.

Il y avait quelque chose... d'étrange chez elle.

Sous ses vêtements, Nicolaï sentit son cristal s'agiter légèrement. Elle était peut-être une magicienne. Enfin, pas puissante. Le genre à peine capable de faire une potion de régénération mineur qui, à ce niveau, devait n'être guère plus qu'une tisane de grand mère.

Mais ça n'était pas la magie. Il y avait comme un air de... déjà vu chez elle.

« Excusez moi, votre visage me dit quelque chose. Nous nous sommes déjà rencontré ? »
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Aureane KalonErc'h
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MessageSujet: Re: Et si rien ne s'était passé ? (pv)   Lun 20 Fév 2012 - 22:47

Aureane se tendit lorsqu’elle entendit quelqu’un s’approcher et baissa les yeux sur le puits. L’un des hommes qui étaient arrivés au village s’approchait d’elle. Autant dire que cela ne lui plaisait pas du tout. Elle essaya d’accélérer mais le seau était lourd et elle avait beau s’escrimer sur sa tâche, il ne remontait que lentement. Trop lentement.

« Donnez-moi ça. »

Il venait carrément de lui pendre la corde des mains et elle tressaillit en se reculant légèrement, ne sachant plus où se mettre. Que lui voulait-il, au juste ? Elle doutait que l’on puisse simplement vouloir l’aider, ou alors ils s’étaient vraiment fait une fausse idée des nobles. Aureane finit par relever les yeux vers l’inconnu et croisa son regard d’un gris métallique. Même avec la petite lanterne, elle le distinguait, qui l’observait étrangement. Sa gorge se noua.

Ce n’était pas l’un des hommes de la troupe : c’était leur meneur, celui qu’elle avait entraperçu avant qu’il ne rentre dans l’auberge. Elle aurait dû rentrer au plus vite afin d’éviter d’éventuels ennuis . Seulement, il tenait la corde et donc son seau et puis… son regard restait accroché au sien.


« Excusez-moi, votre visage me dit quelque chose. Nous nous sommes déjà rencontrés ? »

Aureane rougit légèrement, interdite. Déjà rencontrés ? C’était impossible. Elle n’avait jamais quitté Trois-Chemins de sa vie. Et si elle avait rencontré cet homme durant son existence, elle s’en serait souvenu : aucun noble n’avait mis les pieds au village depuis au moins trente ans si l’on en croyait ses parents. Et pourtant… aussi étrange que cela puisse paraitre, elle avait la même impression que lui. Elle avait aussi l'impression de connaitre sa voix. Une voix qu'elle appréciait.

« C’est impossible, » finit-elle par répondre dans un murmure, troublée.

Elle aussi avait l'accent chantant des trois-cheminois. La flamme de la bougie vacilla et Aureane se força à détourner les yeux, attendant toujours qu’il lui rende son seau. Elle ne savait plus que faire, ignorant tout de la façon dont on devait s’adresser à des nobles. Elle finit par tendre une main timide en se mordant la lèvre :


« Je vous remercie, monseigneur. »

On ne pouvait pas savoir à quoi s’attendre avec ce genre de personnage. Malgré ses airs polis, il l’effrayait. L’eau récupérée, elle s’éclipsa rapidement sans se retourner, se demandant tout de même comment il était possible qu’elle ait une telle impression de déjà-vu. Elle connaissait tous ceux qui l’entouraient et comptait les étrangers rencontrés sur les doigts d’une main… et c’étaient les cousins de cousins éloignés. Il n’y avait pas de seigneur parmi eux qui en plus venaient aider à remonter les seaux d’eau.

La soirée se passa tranquillement, Aureane resta plongée dans ses pensées, ce que Colin remarqua à peine, s’endormant dès le repas terminé d’un sommeil de plomb. Réveillée par Robert, elle finit par chatouiller les doigts de pieds du bébé, riant en écoutant ses gloussements de joie. Lorsque le soleil se leva elle était déjà fin prête à commencer une nouvelle journée.

La bonne humeur de la jeune femme s’assombrit pourtant lorsqu’elle ouvrit les volets, en voyant deux soldats qui déambulaient dans le village. Quand allaient-ils se décider à repartir ? Il n’y avait rien ici qui pouvait les intéresser. Calant Robert sur sa hanche, Aureane décida de partir aux nouvelles afin de savoir si les hôtes improvisés de ses parents ne leur avait pas causé de souci. Le temps était clair, mais pour une fois toutes les commères du village restaient cloitrées chez elles. Personne n’était encore parti aux champs et la plupart grignotait une galette de pain noir pour leur petit déjeuner.

Ce fut sans doute pour cette raison qu’un petit garçon échappa à la vigilance des adultes trop occupés à épier les visiteurs par les fentes de leurs volets. Le gamin avait visiblement à peine appris à marcher, mais cela ne l’empêchait pas de crapahuter en titubant au beau milieu de la seule rue du village. Il continua donc durant quelques mètres, passant inaperçu au milieu des poules et des chiens qui vivaient leur vie librement. La jeune femme ne le vit qu’au moment où il décidait imprudemment d’aller voir de plus près les chevaux des soldats. Ce n’était pas tous les jours que l’on voyait ce genre d’animal à Trois-Chemins. Même le vendeur ambulant se contentait d’un âne et les charrues étaient maniées à la force des bras.

Le coup de sabot fut brutal, envoyant valser l’enfant dans un cri de douleur. Le gamin retomba inerte, à quelques mètres, alors qu’Aureane se précipitait à ses côtés. Elle tendit Robert, qui braillait une fois de plus à cause de l’agitation, à l’un des villageois qui était accouru. Prenant l’enfant inconscient entre ses bras, Aureane lui passa une main sur le visage, le serra un bref instant dans ses bras…

Le gamin remua, ouvrit les yeux et sourit à sa mère qui l’arrachait aux bras d’Aureane. La jeune femme sourit discrètement, récupéra le petit Roland et s’éloigna rapidement dans l’idée d’aller traire leur vache au calme. Elle ignorait de quelle manière elle s’y prenait, mais cela marchait à chaque fois. Le fait était qu’à Trois-Chemins les enfants se rétablissaient souvent avec plus de rapidité que la moyenne. Aureane leur rendait une petite visite et hop, ils se remettaient à courir partout. Les plus âgés prétendaient qu’ils avaient senti une douce chaleur les guérir mais personne n’y prêtait beaucoup d’attention : la magie n’avait pas sa place à Trois-Chemins. Il était inconcevable que câliner un petit quelques secondes permette des guérisons miraculeuses. Encore une fois, le rôle de la jeune femme était passé inaperçu et cela lui convenait très bien. Il était hors de question de trahir son secret. De toute façon, ce n’était pas vraiment de la magie. La magie, c’était… quelque chose de compliqué, bon pour les gens de la grand-ville et sûrement pas pour elle. Ce qu’elle avait, c’était plutôt un don, comme celui de trouver les points d’eau ou de cueillir les bonnes fleurs pour les tisanes. Voilà. C’était un simple don.

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MessageSujet: Re: Et si rien ne s'était passé ? (pv)   Mer 22 Fév 2012 - 12:15

A Ysari, un garde déglutit nerveusement devant la porte des appartements privés du maître des lieux. Il aurait tout donné pour se retrouver loin de là, avec ses camarades dans une taverne chaleureuse avec une bière à la main. Mais par manque de chance, c’est sur lui qu’était tombé ce jour là le rôle de messager auprès du baron et cette idée le faisait frissonner. Il y avait chez le seigneur mage quelque chose de glacial de terrifiant, et le simple fait de l’approcher vous mettait mal à l’aise. La gorge sèche, le garde toqua discrètement.

Entrez.

La voix était aussi froide qu’un glacier. Une voix courtoise mais qui portait en elle un sentiment de danger, d’inhumanité. Réprimant son envie de fuir à toutes jambes, le garde ouvrit la porte et entra. La pièce était confortable, luxueuse même. Des divans moelleux, des tables chargées de mets délicats et des tables recouvertes d’instruments et de potions bizarres occupaient la majeure partie des lieux. Au centre de la pièce, assis sur un massif trône de granit se tenait Harnyll de Hetalia, maître d’Ysari et le plus puissant mage humain connu.

Le baron semblait jeune, et on pouvait le trouver assez aisément bel homme. Tout du moins jusqu’au moment où ses yeux se posaient sur vous. Des yeux glacés qui semblaient vous fouiller jusqu’au plus profond de votre être, vous violer mentalement et vous arracher vos secrets. Des yeux qui paraissaient en avoir beaucoup trop vu, qui paraissaient s’être portés sur des contrées situées au-delà des limites de ce que l’esprit humain peut concevoir.


Au rapport.
Je…Maîtresse Elza vous fait savoir que votre… invitée… est prête.

Elza, un nom qui faisait frémir même les soldats les plus endurcis. On la disait amante du baron, mais sa caractéristique la plus connue était son goût pour les tortures. Les rumeurs affirmaient qu’elle avait du sang drow dans les veines, ce qui aurait expliqué bien des choses, mais la plupart pensaient qu’en matière de sadisme les humains pouvaient eux aussi atteindre des sommets. Toujours vêtue de rouge, elle « accueillait » à Castel-Roc les magiciens ou magiciennes capturées par les traqueurs… et on imaginait mal que ce soit pour disputer une partie d’échec avec eux.

Sans mot dire, Harnyll congédia le garde d’un geste nonchalant de la main. Trop heureux de pouvoir s’éloigner de son dangereux maître, le gaillard ne fit pas long feu et détala aussi vite que lui permettait le pas réglementaire de rigueur. Lentement, l’archimage se leva, un sourire aux lèvres, savourant à l’avance le plaisir qu’il allait retirer de la séance avec Elza et la prisonnière. La magicienne avait été capturée à Missède quelques semaines auparavant. Guère puissante, elle avait cependant donné un peu de fil à retordre et deux gardes avaient payé cette capture de leur vie. Un prix négligeable au vu de l’importance que le baron d’Ysari portait à ces captures.

Les rares personnes qui osaient se poser la question devaient croire que le baron faisait capturer et torturer les mages indépendants uniquement pour maintenir la prééminence de l’Arcanum. Peut être même le garde qui lui avait apporté le message pensait-il que le baron allait descendre violer la magicienne avant de la tuer. Ah ah ! Bande d’imbéciles ! Si seulement ils connaissaient la vérité !
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Nicolaï KalonErc'h
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MessageSujet: Re: Et si rien ne s'était passé ? (pv)   Dim 26 Fév 2012 - 17:38

Eh bien, pas méchante les paysannes de ce petit patelin perdu, mais on ne pouvait pas non plus dire qu'elles étaient très causantes non plus. Une grosse tendance à rougir et un regard fuyant en permanence. Un joli patelin de bouseux comme on en faisait plus, c'était une certitude. Au final, elle n'avait sans doute rien de bien particulier. Nicolaï la regarda partir sans rien dire. Elle était assez banale, pas vraiment très belle. Elle avait seulement de jolis yeux. Une fille comme il en avait déjà vu beaucoup. Voilà sans doute pourquoi elle lui avait semblé familière.

Haussant les épaules, Nicolaï passa à autre chose et retourna en direction de la petite auberge où Sheela l'attendait, un sourire aux lèvres.

« Elle te plaît ? »

« Ne raconte pas de bêtises Sheela. »

« Tu as toujours aimé les petites brunettes Nicolaï, rappela la magicienne avec un sourire. »

Attrapant son amante par la taille, le chevalier l'attira vers lui.

« Oh vraiment ? »

« Oui, vraiment, assura la magicienne avec un éclat de rire. »

« Dit moi, tu ne serais pas un peu... un peu brune ? »

* * *

Le matin pointait à peine. Il faisait tout juste jour et, il fallait bien l'admettre, il faisait froid. Nicolaî et Sheela était présentement bien callé par terre sous une couverture. C'était à peine plus confortable que de dormir à la belle étoile, mais la magicienne avait catégoriquement refusé de s'installer dans le lit. Ce que femme veux...

La nuit avait pourtant été relativement calme. Enfin, si on exceptait le fait que Sheela avait passé une partie de la soirée à se plaindre de l'incompétence de son apprentie.

D'un coup, la magicienne se redressa, comme si elle avait été victime d'un cauchemars et elle se mit à secouer Nicolaï pour le réveiller.

« Quoi ? Laisse moi dormir un peu quant même. »

« Bon sang, il y a une magicienne ici. »

« C'est ton apprentie, elle a voulut allumer une allumette, elle a invoqué un dragon. »

Malgré cette tentative d'humour, Sheela n'était pas, mais alors pas du tout disposée à rire. Rassemblant les pièces de l'amure du chevalier, elle entreprit de les lui lancer pour qu'il s'équipe plus rapidement.

« Non, ce n'est pas elle. »

« C'est la brunette d'hier soir alors. »

« Pardon ? »

« Elle doit être capable de refermer les éraflures ou quelque chose du genre. Si l'ordre traquait toutes les petites magicienne de ce rang, on n'en aurait jamais fini. Aucune importance. »

Sheela resta un moment sans rien dire avant de s'approcher de Nicolaï.

« Magiciennne de rang dix au moins, murmura-t-elle à son oreille. »

Ce fut au tour de Nicolaï de bondir.

« C'est une blague ? »

* * *

Armes aux mains, les guerriers avançaient d'un pas rapide dans le village, Sheela juste derrière eux qui commençait déjà à tisser ses charmes anti-magie. Avec une magicienne aussi puissante, il ne fallait pas prendre le moindre risque.

Le visage fermé, ils approchèrent Aureane et ne tardèrent pas à l'entourer.

Sheela adressa un petit signe de tête à Nicolaï alors qu'ils pointaient leurs armes sur la jeune femme. Se qu'elle avait fait ne serait peut-être pas en mesure d'annuler les sort de cette paysanne, mais ils se trouveraient largement amoindrit.

« Au nom de l'ordre de la tour et par l'autorité de l'Arcanum, tu es désormais notre prisonnière. Je te conseil de ne pas résister ou nous seront forcé de te tuer. »

Il y eu un moment de silence parfait. Plus personne ne parlait dans le village. Tout le monde regardait la scène.

"En tant que magicienne, tu as le devoir de servir le royaume au sein de l'Arcanum. Le seigneur Harnyll jugera de la gravité de ta désertion une fois à Castel Roc."
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Aureane KalonErc'h
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MessageSujet: Re: Et si rien ne s'était passé ? (pv)   Lun 27 Fév 2012 - 14:21

Aureane ressortait de l'étable qui jouxtait sa maison, un seau rempli de lait à la main, lorsqu'elle entendit l'arrivée des soldats. Ils traversaient le village sous les chuchotements inquiets de la populace qui commençait à se faire plus nombreuse à mesure que le temps passait et que tout le monde se préparait à partir travailler. Ils se dirigeaient vers elle et elle se demanda confusément ce qu'ils allaient faire dans sa maison avant de comprendre que c'était surtout elle qu'ils venaient voir. Voir les armes pointées sur elle suffit à la faire s'immobiliser et devenir blême. Tremblante, elle n'avait rien d'une grande magicienne prête à massacrer ses ennemis d'un claquement de doigts. Ce que tout le monde voyait, c'était une frêle jeune femme terrifiée par ce qui lui arrivait et sans la moindre défense.

D'ailleurs, à voir son expression, elle ne comprenait pas ce qu'il se passait. L'homme qu'elle avait vu la veille, le meneur, prit la parole d'un ton assez tranchant pour qu'elle lâche son seau au contenu si précieux. Le regard affolé d'Aureane accrocha celui de Colin qui sortait de la maison, inquiet. Il y eut un instant de silence durant lequel les villageois se lancèrent des coups d'oeil d'incompréhension : l'ordre de quoi ? La Rcanoum ? Qu'est-ce que c'était que cette histoire ? A tel point que le chef reprit en précisant sa pensée, arrachant un petit hoquet de surprise à la jeune femme qui aurait reculé si elle avait pu.


" Aureane ! "

Colin avait voulu s'approcher, mais une arme retournée contre lui le dissuada de faire plus d'un pas. La suite avait été prononcée en patois à l'adresse de la jeune femme, mais il reprit avec courage à l'adresse du meneur :

" Ma femme n'est pas une de ces abominations ! Elle est innocente ! "

Les villageois hochaient la tête pour soutenir le couple, choqués, murmurant entre eux. Ils la connaissaient depuis qu'elle était toute petite, la gamine des Eldon. Ce n'était pas un monstre, elle était parfaitement normale ! Une gentille petite qui n'aurait pas fait de mal à une mouche ! La foule commençait à gronder, mais pas trop fort. Se remettant un peu à respirer, Aureane s'efforça de réfléchir, sachant pertinemment ce qui risquait de se passer. Les villageois n'allaient pas laisser de parfaits étrangers enlever une de leurs femmes sous prétexte qu'une autorité mystérieuse le demandait. Même s'ils n'étaient pas en position de force, c'était une question d'honneur et les trois-cheminois en étaient pétri, à défaut d'autre richesse.

A son tour, Aureane lui répondit en patois, levant des mains tremblantes en signe d'apaisement, ce qui eu surtout pour effet d'inquiéter les soldats qui devaient s'attendre à une quelconque magie et de resserrer les armes autour d'elle. Il suffirait d'une petite étincelle pour que la situation explose, même si Colin recula sagement, contenant sa colère. Aureane comprenait peu à peu qu'elle n'avait pas le choix. Elle avait une chance de s'en sortir en faisant appel à la solidarité du village, elle le savait. Ils étaient nombreux et unis. Mais ils étaient aussi de pauvres paysans qui mourraient comme des mouches sous les coups de soldats entrainés. Elle ne voulait pas être responsable de dizaines de morts. Donc, elle devait s'en sortir seule, même si cette idée l'anéantissait. Elle rassembla tout son courage pour remuer les lèvres.


" Je ne suis pas une magicienne, s'exclama-t-elle d'une petite voix effrayée. J'irai le prouver devant... votre seigneur. "

Autant signer son arrêt de mort. Qu'est-ce qu'une trois-cheminoise pouvait bien devenir, si elle acceptait d'être entrainée par les premiers soldats qui passaient ? Mais il y avait toute sa famille ici, son fils... Elle devait protéger les siens.

" Aureane ! "

Cette fois c'était une femme d'une cinquantaine d'années qui pleurait pour la rejoindre, retenue par un homme qui s'efforçait manifestement de la faire taire pour ne pas être remarqué. Et la foule grondait, compacte, il y avait de plus en plus de personnes présentes et elles n'attendaient qu'une occasion de manifester leur colère. Aureane répéta, les yeux plongés dans ceux de Colin pour le dissuader de bouger :

" C'est une erreur. Je ne suis pas une magicienne. Je suis prête à vous suivre pour le prouver. "

Sa voix était assez forte cette fois pour que tout le monde l'entende, à défaut d'être vraiment assurée. Ne bouge pas, Colin, pensait-elle. Si je ne reviens pas, Robert aura besoin de toi plus que jamais. Ne bouge pas. Ne dit rien. Ils te tueraient. Par pitié, ne fais rien. C'est assez difficile à supporter.

S'étant assurée que son mari n'rait pas faire quelque chose de stupide, elle reporta son attention sur le meneur et le dévisagea de ses grands yeux bleus, avec une lueur accusatrice dans le regard, malgré la terreur qui lui tordait le ventre. Elle était choquée, pas seulement par ce qui lui arrivait. Par sa présence à lui, même si cela n'aurait rien dû changer. Lui ou un autre, quelle importance pour elle ? Mais elle lui en voulait, comme si... comme s'il la trahissait. Mais quelle trahison ? Il n'avait jamais prétendu vouloir son bien. Elle s'en était méfié dès le début, et elle avait eu raison.

Avec un peu de chance, elle aurait réussi à limiter les dégâts. Car si les soldats étaient évidemment bien armés, les paysans, prêts à partir aux champs, avaient tout ce qu'il leur fallait pour la moisson entre les mains : faux, fléaux, fourches... Plus les secondes passaient et plus il y avait de monde. Les gamins couraient la campagne pour rameuter les habitants isolés, peut-être dans peu de temps le village voisin serait-il aussi au fait des dernières nouvelles. Les hommes et femmes présents avaient été modelés par une vie de labeur qui, loin de les affaiblir les avait endurci. Peut-être était-ce aussi dû au fait que beaucoup de maladies et de blessures ne duraient pas à Trois-Chemins. Les soldats n'étaient peut-être pas effrayés par des pauvres hères vêtus de loques, mais les villageois avaient le nombre pour eux. De seconde en seconde, les hommes passaient au premier plan et les enfants disparaissaient à l'abri en vue de l'orage qui s'annonçait. Les soldats allaient finir par se trouver plus ou moins encerclés et Aureane n'avait aucune envie de voir de quelle manière ils se tailleraient un chemin dans la foule.

Se mordant la lèvre, la jeune femme adressa une prière muette aux dieux, le coeur battant. Que les villageois ne bougent pas, que les soldats se contentent de l'emmener. Plus tard, elle aviserait, si elle n'était pas morte de frayeur entre temps.
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MessageSujet: Re: Et si rien ne s'était passé ? (pv)   Mar 28 Fév 2012 - 15:59

Les cachots de Castel-Roc ressemblaient à l’antichambre de l’enfer, mais ces lieux ne gênaient guère Harnyll. D’un pas pressé, le seigneur mage passait devant les cellules, sourd aux hurlements déments qui s’en échappaient. Concentré sur ce qui allait suivre, il ne voyait même pas les yeux fous qui brillaient parfois dans l’obscurité derrière les grilles. A cet étage se trouvaient les ennemis politiques d’Ysari, ou tout simplement ceux qui avaient déplus au baron. Mais l’enfer se trouvait plus profondément, là où même les gardiens ne pouvaient pas entrer sans une autorisation spéciale.

Descendant une nouvelle volée de marche, le baron se retrouva face à une porte massive devant laquelle veillaient deux soldats en armure. Pour un peu, on aurait pu croire qu’il s’agissait de statues, tant ils demeuraient immobiles, mais en s’approchant on percevait qu’il n’en était rien. Une odeur de pourriture flottait dans l’air, et lorsqu’Harnyll fut assez près il put distinguer les visages aux orbites creuses, auquel manquaient de larges pans de chair. Sur un ordre mental du nécromant, les deux morts vivants ouvrirent les portes.

Dans la salle, une femme nue gisait au sol, baignant dans son sang. Agenouillée à côté d’elle, une autre femme vêtue de rouge jouait nonchalamment avec un fouet. Elle eut un sourire en voyant entrer Harnyll et se redressa prestement pour se mettre au garde-à-vous. Dire qu’elle était belle serait resté bien en dessous de la vérité… car ce terme ne rend pas justice à l’océan d’érotisme et de sensualité qui se dégageait d’elle. Aucun homme normalement constitué n’aurait pu rester de marbre face à elle, et ce malgré le fait que ses yeux reflétaient une perversité mêlée au sadisme pur.

Dans la salle, nombre d’instruments de tortures recouverts de traces sombres indiquaient que maîtresse Elza, car c’est bien d’elle qu’il s’agissait, était là pour le travail que lui demandait son seigneur. Et Harnyll savait bien que le rouge de son uniforme cachait le fait qu’elle soit en réalité maculée du sang de la magicienne. D’un ton froid, il demanda :


Alors, est-elle prête ?
Oui maître, répondit la belle d’une voix qui aurait fait passer un « bonjour » pour une invitation au lit, elle n’est plus en état de vous résister.
Parfait.

Tandis qu’Elza s’éloignait de quelques pas, le baron vint à son tour s’agenouiller près de la magicienne et lui souleva doucement, presque avec tendresse, le menton afin de la regarder dans les yeux. Apparemment satisfait de ce qu’il y voyait, il se redressa et commença à marmonner d’inintelligibles paroles à voix basses. Un halo de ténèbres les enveloppèrent, lui et la magicienne, tandis que l’incantation se faisait plus puissante. De la gorge du baron s’élevaient des syllabes rauques, quais-incompréhensibles.

Non…

La magicienne tenta vainement de se débattre, de repousser les ombres qui l’entouraient, mais les tortures subies l’affaiblissaient et la volonté de son bourreau se montrait trop puissante. Sous les yeux amusés d’Elza, la peau de la magicienne se racornit et grisonna, ses cheveux tombèrent par poignées et sa chair se mis à fondre, alors que le baron semblait lui se renforcer de seconde en seconde. La fatigue qui se lisait en lui quelques minutes plus tôt fondait comme neige au soleil alors que l’essence vitale de la magicienne le nourrissait, lui redonnant de nouvelles forces.

Telle était la véritable raison de la traque des pratiquants des arcanes qu’il menait. Âgé de plus d’un siècle, le baron maintenait sa jeunesse et sa force en absorbant celle de ses prisonniers. Lorsque le sort se dissipa, il ne restait plus de la magicienne qu’une coquille vide, épouvantable témoin de la sombre magie mise en œuvre. S’approchant, Elza jeta un regard méprisant aux pitoyables restes et se lova contre son maître. Tout en lui mordillant l’oreille, la belle lui murmura d’un ton taquin :


Vous semblez en pleine forme, maître.

Souriant, le baron l’enlaça et la fit basculer sur un chevalet taché de sang. Le rituel qui lui permettait de narguer la mort depuis tant d’années éveillait aussi en lui d’autres appétits.

Oh oui, nettement mieux… et je vais te le prouver.
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Nicolaï KalonErc'h
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MessageSujet: Re: Et si rien ne s'était passé ? (pv)   Mar 6 Mar 2012 - 6:43

La jeune femme était tout à fait affolée. Ça se voyait parfaitement à la tête qu'elle était en train de faire. Est-ce qu'elle était vraiment au courant de se qu'elle était ? Ce n'était pas certain. Mais d'un autre côté, il avait déjà eu affaire à des magiciens bons acteurs qui avaient essayé ce genre de choses pour leur faire baisser la garde et ensuite cramer tout se qu'ils pouvaient. Plusieurs équipes s'étaient ainsi vu totalement décimer, voir même anéantie par cela.

Manque de chance pour la jeune femme, elle n'était pas tombée sur une équipe de complet débutants. Par contre, les villageois qui se trouvaient là commençait à s’agglutiner tout autour d'eux. C'était quelque chose qui allait sans doute leur pauser quelques petits soucis. Il était certain que ces gens n'allaient pas la laisser partir comme cela.

" Aureane ! "

Mince. Voilà que les problèmes allaient commencer. Voilà que le gentil petit époux de la demoiselle était arrivé dans la danse. Il n'allait sans doute pas leur laisser embarquer sa jolie petite occupation nocturne et son appareil ménagé multi utilitaire.

" Ma femme n'est pas une de ces abominations ! Elle est innocente ! "

Étrangement, quelque chose chez ce gros pécore incitait Nicolaï au meurtre. Allez savoir pourquoi, il le voyait et avait simplement envie de le tuer. Il n'y avait pas de raison particulière à ça... non, il avait juste envie de le réduire à l'état d'une petite bouillie sanguinolente. C'était assez surprenant alors qu'il avait toujours été quelqu'un de calme et de maître de lui même. Mais non, ce paysan là, il avait simplement envie de le massacrer sans la moindre raison.

Et puis bon, elle n'était pas le premier persuadé que son conjoint était tout se qu'il y avait de plus ''non magique''.

Les paysans commençaient à se faire de plus en plus nombreux ici. Nicolaï regarda rapidement autour de lui. La foule d'abord essentiellement constitué de curieux commençait à râler et à gronder de plus en plus. Cela commençait doucement à devenir inquiettant. Non p as que les paysants soient particulièrement dangereux, mais c'était surtout qu'en masse, ils pouvaient représenter une menace. Surtout si la jeune femme se mettait tout d'un coup à user de sa magie... enfin, cela aurait de fâcheuses conséquences pour eux, mais pour l'instant, les villageois devaient s'occuper de leur premier problème, à savoir une équipe de nobles et de guerriers qui tenaient à entrainer une des femmes de leur village avec eux.

La jeune femme était en train de parler en patois et commis l'erreur de lever les mains. Cela eu deux effets. Déjà, renforcer le sentiment de méfiance des soldats. Eh bien oui, normal d'un autre côté. Le patois, quant on comprend pas, c'est une langue étrange qui peu tout à fait passer pour des inquantations, et quant ta survie dépend du fait que tu agisse avant que ton adverssaire ne se mette à parler, on ne tarde pas à massacrer tout ceux qui commence à parler de façon étrange. Aussi, alors que les armes étaient encore relativement éloignée de la jeune femme, elle eu alors l'incroyable opportunité de sentir les petites pointes des armes sur sa gorge.

" Je ne suis pas une magicienne, s'exclama-t-elle d'une petite voix effrayée. J'irai le prouver devant... votre seigneur. "

Bonne idée... c'était mieux comme ça. Les chevaliers de la Tour n'étaient pas des gens qui laissaient tombé. Ils finiraient peut-être par mourir. Mais le fait de s'en prendre à eux produirait un véritable génocide dans Trois-Chemins.

" Aureane ! "

Super... maintenant, même les grands-mères commençait à faire n'importe quoi. Veshork adressa un petit signe de tête à Nicolaï qui lui répondit par un autre petit signe. Non, on ne défonce pas les grands-mères pour faire des exemples... pas tout de suite e tout cas.

" C'est une erreur. Je ne suis pas une magicienne. Je suis prête à vous suivre pour le prouver. "

Cela ne servait plus à rien de parler. La situation était en train de s'envenimer très rapidement et ce n'était pas se qu'elle pourrait dire qui y changerait quoi que se soit. Loin de là. La foule grossissait et se faisait de plus en plus mécontente. On était pas loin du point de non retour. Ça n'allait pas tarder. Les soldats et les villageois allaient s’entre tuer.

Plus le temps passait, plus il y avait de monde ici. Cela n'annonçait rien de bon. Les guerriers n'allaient pas reculer. Leur métier, c'était le meurtre et la guerre. Ils n'allaient pas battre en retraite contre une bande de paysans, aussi nombreux soient-ils.

« Patron, on coupe dans le tas ? »

Nicolaï regardait un peu partout, cherchant une solution pour éviter un affrontement sanglant. Cela aurait été plus simple s'ils avaient été contre une des peuplades du nord. On affronte le chef du village, on le tue en une vingtaine de secondes et les autres arrêtent de faire n'importe quoi et rentrent dans le rang.

Le jeune homme s'éloigna un petit peu d'Aureane et de son regard accusateur.

Épée en main, il se dressait face aux paysans.

« A vous de choisir... vous avez trois possibilités. Soit, nous partons en vous laissant cette fille, et dans quatre jours nous reviendront avec une armée et ce village sera réduit en cendre. »

Dit comme ça, c'était certain que les trois-cheminois n'allaient pas les laisser partir.

« Soit vous nous laisser partir avec elle et se que nous vous demanderont et dans ce cas, tout se passera bien. Soit... »

Et c'est là que les choses devenait interessantes.

L'imprégnation magique... quel magnifique procédé qui permettait à à peu prêt n'importe qui de faire à peu prêt n'importe quoi sans posséder pour autant les capacités d'un mage. Cela s'avérait particulièrement meurtrier lorsque, comme pour les traqueurs, les combattants évaluaient tout le potentiel des gemmes imprégnée.

La lame de l'épée de Nicolaï commença à produire une légère brume alors que petit à petit, l'air se rafraichissait.

« Soit vous vous battez contre nous, et des dizaines d'entre vous vont mourir, sans compter ceux qui périront quant on se lancera à notre recherche. »

Jouant avec son épée dont la lame s'était recouverte de givre, le jeune homme la pointa sur le sol, créant une petite flaque de glace, puis, il releva l'arme qu'il pointa vers le villageois le plus proche, villageois qui s'avérait n'être autre qu'un certain Colin.

« Si je te fais une entaille sur le bras, tout ton membre va geler et tu le perdra. »

Un sourire sadique apparaissait sur son visage, comme s'il était en train de le défier. Un regard fait pour le pousser à attaquer. Qu'il lui donne une bonne raison de le réduire littéralement en miette.

« Cela, c'est pour mon arme... imaginez se que les autres peuvent faire... »

Le sourire du chevalier ne quittait pas son visage.

« Maintenant, il est temps de recalculer vos chances et de prendre une décision messieurs. »
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Aureane KalonErc'h
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MessageSujet: Re: Et si rien ne s'était passé ? (pv)   Mer 7 Mar 2012 - 14:24

Les soldats n'aimaient peut-être pas voir les villageois s'agglutiner de la sorte, mais Aureane n'en était pas plus ravie. Si on venait la prendre comme sorcière - magicienne, comme ils disaient - alors ils devaient eux aussi maîtriser une forme de magie. Ces gens étaient dangereux mais les siens étaient prêts à défendre leur honneur, ce qui les pousseraient à agir. Ce serait un massacre. Ils allaient "couper dans le tas", comme venait de dire l'un de ces hommes de manière fort peu élégante. La jeune femme n'était pas prête à prendre ce risque. Perdue pour perdue... Elle était presque prête à avouer être une sorcière - elle aurait avoué n'importe quoi pour calmer la situation - afin de faire fuir tout le monde. Mais ce fut inutile, on s'en chargea pour elle.

Il y eut en effet un premier mouvement de recul lorsque le chef brandit son épée. Un silence de mort, puis des murmures : beaucoup de paysans traduisaient pour d'autres ce qui était dit en langage commun. Le silence se fit à nouveau lorsque la lame commença à luire. Aureane devint livide, à tel point que l'on put se demander si elle n'allait pas tout bonnement s'évanouir. Elle fixait l'épée, comme tout les autres villageois. La flaque de givre l'hypnotisait. Le chef recommença à parler, mais c'était inutile : la magie déclenchait une peur panique qui conduisait les rangs à se clairsemer peu à peu. En quelques minutes, le village se vida. Tout le monde se retrouva calfeutré chez soi. Sauf Colin, qui n'avait pas bougé, son regard meurtrier fixé sur le chef ; et deux autre hommes, un jeune et un plus vieux dont les yeux bleus pouvaient laisser deviner la parenté avec Aureane. Ils ne savaient plus comment réagir, terrifiés eux aussi, mais, les poings serrés, ils ne pouvaient se résoudre à l'abandonner à son sort.

Aureane s'arracha à la contemplation de la glace. Elle devait faire quelque chose. Ils allaient se faire tuer par sa faute. Son regard glissa sur la lame enchantée, la jeune femme paraissant sur le point de s'effondrer, malgré les pointes qui la cernaient.


" Allez-vous en, " finit-elle par bredouiller à l'intention de sa famille, d'abord en patois, puis en langage commun pour que les soldats comprennent.

Qu'ils rentrent eux aussi, qu'ils la laissent partir et évitent de déclencher la colère de ces hommes. Elle s'aperçut que des larmes coulaient sur ses joues mais n'osa pas bouger pour les essuyer. Si elle partait, elle ne reviendrait jamais. Elle ne reverrait jamais sa famille. Elle se reverrait plus jamais son fils. Le petit Robert...


" Je vous en prie, épargnez-les, " supplia-t-elle en regardant le chef.

Un regard à faire pleurer les pierres. Malheureusement, cela ne suffirait sans doute pas à les transformer en braves compatissants. A présent, tout ce qu'elle voulait c'était partir au plus vite, que la tension retombe. Si elle n'avait plus à se préoccuper de ce que risquaient les villageois, elle pourrait réfléchir plus calmement et commencer à se demander ce qui l'attendait réellement.


" Je ferai tout ce que vous voudrez, mais laissez-les en dehors de tout cela, " répéta-t-elle en essayant sans grand succès d'empêcher sa voix de trembler.

Colin était tendu, se retenant visiblement de bouger. Sans doute hésitait-il entre prendre ses jambes à son cou et sauter sur les ravisseurs de sa femme, magie ou non. Aureane n'était pas certaine qu'il se retiendrait plus longtemps : il n'avait jamais été reconnu pour sa mesure. C'était ce qui la poussait à prendre les devants. Elle lui répéta de s'en aller, ajouta deux mots en patois et obtint ainsi qu'il capitule. Elle le regarda disparaître rouge de colère, vit son père et son frère faire de même, et éclata en sanglots sans pouvoir s'en empêcher dès qu'elle fut seule avec les étrangers. Si les soldats s'étaient attendu à de la résistance, ils se retrouvaient un peu nombreux pour arrêter une jeune femme en larmes qui semblait davantage se défendre avec une aiguille à coudre qu'avec la magie.

Le village paraissait complètement mort à présent. Même les poules avaient l'air d'avoir compris qu'il valait mieux ne pas traîner dans les parages.
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Harnyll de Hetalia
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MessageSujet: Re: Et si rien ne s'était passé ? (pv)   Lun 12 Mar 2012 - 11:40

Tout en se rhabillant, le baron jetait des regards amusés à Elza, qui elle ne semblait guère gênée par sa nudité. Accoudée à un chevalet, elle jouait négligemment avec un crochet ensanglanté tout en chatonnant une petite comptine pour enfants.

Tu peux aller te reposer Elza, je n’aurai plus besoin de tes services dans l’immédiat.

Une moue boudeuse apparue sur le visage de la belle. Aimant passionnément son métier, la tortionnaire privée du nécromancien traversait souvent de petites phases de déprîmes en l’absence de chair fraiche à taillader. Ces phases de déprîmes constituaient d’ailleurs l’une des plus grandes terreurs des gardes du château, car il lui arrivait alors « d’inviter » l’un d’entre eux à la suivre afin de l’aider à se remonter le moral. Inutile de préciser que les documents officiels indiquaient par la suite que le malheureux garde avait péri en patrouille lors d’une attaque de bandits.

Passant à côté du cadavre de la magicienne, le baron ajouta :


Débarrasse-toi discrètement du corps. Son pouvoir n’était guère puissant, mais il a suffira à me rassasier pour l’instant. J’attends des proies plus alléchantes prochainement.
Est-ce pour cela que vous avez lancé plusieurs groupes de traqueurs au-delà du duché de Soltariel ?

Décidément, se dit Harnyll, Elza semble au courant de bien des choses, peut être un peu trop à son goût d’ailleurs. Les différents groupes de traqueurs avaient quitté Ysari sous le couvert de la nuit et personne à la cour ne connaissait leurs destinations. Habitué de cloisonner l’information et de ne fournir à ses subordonnées que celles dont ils avaient absolument besoin pour accomplir leurs missions, il n’appréciait guère de voir quiconque réussir à obtenir une vue d’ensemble sur ses activités.

Chassant ce petit instant d’agacement, le baron revint à ses espoirs de se voir bientôt livrer un véritable mage de haut niveau.


Oui. J’attends en particulier beaucoup du groupe de Nicolaï. Les oracles de l’Arcanum indiquent la présence d’une puissante source de pouvoir dans la région où je l’ai envoyé.

Tout en enfilant sa tenue rouge, Elza eut une moue réprobatrice en entendant ce nom.

Je n’aime guère ce Nicolaï, je ne lui fais pas confiance. Il a un air fourbe, et sa petite fouine de magicienne ne vaut pas mieux.
Tu dis ça parce qu’il a refusé tes avances.

La notion de jalousie ne le touchait guère, et peu lui importait qu’Elza aille s’envoyer en l’air avec la moitié de sa cour, hommes ou femmes, tant qu’elle restait discrète sur ses autres activités. Elle n’appréciait guère Nicolaï et ne s’en cachait pas, mais Harnyll mettait cela sur le compte d’un dépit amoureux. Belle à se damner, elle détestait que l’on refuse ses invitations au lit et aurait torturé à mort l’impudent s’il ne s’était pas agit du traqueur préféré de son maître.

Ricanant, le baron quitta la salle de torture et ordonna mentalement aux zombies de reprendre leur garde éternelle. Sans un mot, les morts-vivants en armure dégainèrent leurs épées dont ils posèrent la pointe au sol. Pareils à des statues, ils pouvaient attendre ainsi pendant des décennies sans qu’il soit nécessaire au nécromant de renouveler les sorts les maintenant dans cet état de non-vie. Allons, il avait assez perdu de temps. Le Grand Conseil devait se réunir ce jour là puis il lui faudrait rencontrer une nouvelle compagnie de mercenaires venue lui proposer leurs services.
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MessageSujet: Re: Et si rien ne s'était passé ? (pv)   Jeu 15 Mar 2012 - 9:41

Le moins qu'on puisse dire, c'était que tout ces gentil fermiers étaient courageux. Certes. Mais seulement jusqu'à un certain point. La vision de l'épée magique avait apparemment agis sur eux comme un véritable coup de marteau. Et même les plus courageux finirent par vider les lieux... enfin, il y avait toujours celui qu'on pouvait identifier comme l'époux de la belle et... sans doute était-ce son frère et son père. Ils tentaient de faire les fortes têtes même en sachant qu'ils n'avaient pas la moindre chance. Ils n'avaient pas l'avantage de savoir se battre, ils n'avaient pas celui de posséder les meilleurs armes et n'avaient même plus pour eux l'effet de surprise ou celui du nombre. Dans ces conditions, une tentative de résistance était plus qu'idiote. Mais ils cherchaient quant même à montrer qu'ils n'étaient pas d'accord. C'était courageux... inutile... dangereux.

Au moins pouvait-on dire qu'ils les avaient bien accroché.

Heureusement que la jeune femme fini par intervenir. Qu'ils soient trois ou trente, Veshork et les autres auraient été tout à fait ravis de ''tailler dans le tas'' et n'auraient pas hésité à montrer que leur chef n'était pas le seul et unique à détenir une arme qui faisait des trucs étranges.

"Je vous en prie, épargnez-les."

Nicolaï tiqua devant le regard plus que larmoyant de la jeune femme. Est-ce qu'il allait se laisser attendrir ? Peut-être, mais il y avait peu de chance que cela arrive. Elle n'était pas la première à lui faire le coup de ''pitié, je suis toute mignonne toute gentille, regardez comme je peux me dilater la pupille de mignonnité''. Ça ne fonctionna pas cette fois encore. Nicolaï resta tout à fait de marbre. Pour lui, les choses étaient tout à fait claires. Si ces trois zigotos là bas tentaient de faire quoi que se soit pour les arrêter, les bloquer ou tout autre choses stupide qui pourraient leur passer par la tête, se serait une boucherie et le pire, c'est que ça n'empêcherait personne de dormir dans la troupe.

"Je ferai tout ce que vous voudrez, mais laissez-les en dehors de tout cela."


Même si on avait envie d'accepter se qu'elle était en train de demander, il n'en était pas moins que la survie ou la mort de tout ce joli monde n'était pas quelque chose qu'il contrôlait. Si les trois qui se trouvaient là continuaient à insister, ils se feraient tailler en pièce. Sinon, on leur laisserait la vie sauve. C'était ainsi que les traqueurs fonctionnaient. Malheureusement pour les trois paysans, la limite qui séparait la vie de l'extermination se faisait de plus en plus mince.

La magicienne finit toutefois par réussir à les convaincre de partir. S'en était presque dommage d'ailleurs. Nicolaï aurait volontiers taillé le mari en morceau. En faire de petit cubes de viande qu'il aurait brillé et dégusté. Miam.

Enfin, tant pis.

Le village aurait put être abandonné, cela n'aurait pas fait la moindre différence. Toutefois, mieux valait ne pas trop traîner quant même. Les paysans avaient beau avoir peur de la magie et ne pas savoir qu'une imprégnation ne peu contenir qu'une quantité extrêmement limitée de pouvoir, mieux valait tout de même ne pas particulièrement s'attarder.

« Sheela, occupe toi d'elle. On part le plus vite possible. »

La magicienne fouilla dans ses sacoches avant d'en tirer trois anneaux d'un métal argenté qu'elle passa aux poignets et au cou d'Aureane. Avec ça sur elle, il n'était plus question un seul instant d'utiliser la magie. Personne ne le pouvait. On avait jamais testé, mais théoriquement, même le seigneur Harnyll se serait retrouvé totalement démunis si on parvenait à lui mettre ça.

Enfin, ce n'était là qu'une théorie. Personne n'avait été assez fou ou simplement idiot pour lui en faire la proposition. Malgré leur érudition, les mages n'avaient pas encore trouvé quelqu'un avec assez peu d'instinct de conservation pour cela.

Les soldats finirent rapidement de préparer tout les bagages et hissèrent Aureane sur un cheval. Inutile de s'attarder ici. À un moment ou à un autre, tout ces paysans allait réussir à reprendre leur courage pour sortir et mieux valait ne pas se trouver là quant se serait le cas.

La petite colonne de cavalier se mit donc en route, à une allure réduite toutefois, Aureane n'étant pas habituée à monter à cheval... et puis, malgré le risques, il y avait toujours quelques membres du groupe qui espérait qu'on les attendrait un petit peu plus loin. Ça leur donnerait l'occasion d'un gentil petit génocide.
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Aureane KalonErc'h
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MessageSujet: Re: Et si rien ne s'était passé ? (pv)   Dim 18 Mar 2012 - 16:43

Aureane cessa de pleurer lorsque la femme s'approcha d'elle pour lui passer trois anneaux. A quoi pouvaient-ils bien servir ? Ils ne l'entravaient pas directement, il n'y eu aucun changement notable qui puisse faire penser à de la magie. Peut-être était-ce un signe distinctif de quelque chose, mais pour le moment cette question n'était pas dans ses priorités. Elle voulait juste quitter le village au plus vite, avant que quelqu'un ne commette une erreur irréparable.

On la hissa sur un cheval et elle s'y cramponna, n'ayant jamais eu l'occasion de jouer à la cavalière. Ses pensées furent occupées un bon moment à rester en selle et à s'habituer au cahin-caha de l'animal. Ils dépassèrent bientôt les maisons, empruntèrent le chemin qu'elle connaissait par coeur, longèrent la ferme des Coudriers et s'enfoncèrent dans la campagne. Il n'y avait toujours personne sur le chemin, rien que des poules qui s'égaillèrent à leur passage et un chien un peu plus loin qui jappa un peu. Puis le silence retomba, seulement troublé par le bruit des sabots et de la ferraille portée par les gardes. Les champs défilèrent, monotones. Les montures pataugèrent un peu arrivées au Gué d'Argent et Aureane arriva pour la première fois en terres inconnues. Se retournant une dernière fois vers tout ce qui avait fait sa vie, la gorge nouée, elle adressa une prière muette aux Cinq pour qu'ils veillent sur sa famille.


Éviter de tomber lui occupa ensuite suffisamment l'esprit pour ne pas trop penser à ce qui l'attendait. Mais lorsque la magicienne et celle qui devait être sa suivante s'approchèrent d'elle, Aureane fut bien obligée de regarder les choses en face. On commença par lui dire clairement qu'on la savait magicienne et qu'il était inutile de nier. Ce à quoi la jeune femme ne répondit même pas. A quoi bon ? Si la question était déjà réglée... Ensuite on essaya d'en savoir un peu plus sur elle, en admettant qu'elle ne sache pas ce qu'elle était. Il y avait bien eu quelque chose d'un peu étrange à un moment ou un autre qui puisse ressembler à de la magie ?


" Non. "

Rien qui ne sorte de l'ordinaire ? Une grande aisance dans un domaine ? Aureane répondait toujours négativement, d'une toute petite voix, les mains crispées sur le pommeau de la selle. A quoi ces gens s'attendaient-ils ? A ce qu'elle leur révèle des pouvoirs extraordinaires ? Si cela avait été le cas, pensaient-ils réellement qu'elle serait restée dans son petit village à guetter la pluie en s'inquiétant des moissons ? La dénommée Sheela finit par comprendre qu'elle ne tirerait rien d'Aureane par cette méthode. La jeune femme restait aussi muette que possible, se contentant du strict minimum pour répondre. Oui, non, haussement d'épaules. Ces deux femmes ne la terrifiaient pas autant que les soldats, mais elle n'avait aucune envie de leur parler pour autant. Il y avait un certain Veshrock, surtout, qui lui faisait froid dans le dos. C'était instinctif. Elle n'avait croisé son regard qu'une fois, mais cela lui avait suffi à lui donner envie de fuir le plus vite possible. Elle n'en avait pas la possibilité, alors elle s'était contenue et s'était remise à fixer l'encolure de son cheval.

Sheela se taisant enfin, Aureane eut a nouveau l'occasion de se demander ce qu'on allait faire d'elle. Il lui fallut un petit moment pour se rappeler des mots du chef de la bande.


" Qu'est-ce que la... Canum ? Comment aurais-je pu déserter un organisme dont je ne connaissais même pas l'existence ? "

Les questions avaient franchi ses lèvres sans même qu'elle le veuille. Mais c'était la clef du problème et si elle ne savait même pas ce qui l'attendait, elle ne risquait pas de pouvoir y faire face. Or, il était hors de question de se laisser conduire comme un animal au marché. Maintenant qu'ils n'y avait plus sa famille à laquelle penser avant tout, elle était libre de faire ce qu'elle voulait... enfin, façon de parler. Disons qu'elle était libre d'envisager de se rebeller en temps voulu. C'était une idée réconfortante au vu de la situation. Une bonne raison de ne pas se remettre à pleurer.
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Et si rien ne s'était passé ? (pv)

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