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 Ainsi quand le vaisseau, qui vogue entre deux mondes...

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Eirlys

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MessageSujet: Ainsi quand le vaisseau, qui vogue entre deux mondes...   Mer 18 Juil 2012 - 20:14

... A perdu tout rivage et ne voit que les ondes
S'élever et crouler comme deux sombres murs...
[Lamartine]



Elle dérivait. Depuis tellement de temps qu'elle aurait été incapable de dire si elle espérait encore quelque chose. Il aurait suffi qu'elle lâche le tonnelet auquel elle s'était accrochée et se laisse glisser dans les flots. Le balancement des vagues lui faisait tourner la tête, sa gorge la brûlait, tout comme ses yeux et ses lèvres. Ses bras, ses épaules crispées criaient grâce mais elle avait encore assez de volonté pour rester agrippée à sa bouée improvisée. Tenir. Un tout petit peu plus longtemps, quelques secondes de plus... elle ne pouvait se résoudre à abandonner. Son instinct de survie demeurait encore trop vif malgré l'épuisement qui la gagnait peu à peu.

Au début, Eirlys s'était dit que le plus important, c'était de conserver sa liberté. Qu'arrivée sur les îles il serait trop tard. Que rien ne prouvait que sa famille saurait soulever les armées pour venir la chercher. Sa famille... leurs voix se diluaient dans l'océan... les falaises des îles également... Avaient-elles seulement existé ? De toute manière, souhaitait-elle réellement engager la vie de centaines d'hommes pour sauver la sienne ? Contre qui... ? Non, le plus simple était de quitter ce navire au plus tôt et de prendre le large. Après... si les dieux avaient un peu pitié d'elle, elle s'en sortirait. Elle avait étudié la géographie, pas la navigation, mais il fallait espérer que les courants la ramènent vers la terre ferme. Celle des îles ou du continent, le sort en déciderait, car elle n'avait plus notion du temps passé en mer lorsque sa main rencontra le tonnelet.

Il était vide, elle l'avait soulevé. Soupesé, elle avait estimé qu'il pourrait flotter sans mal. Après, elle n'avait pas davantage réfléchi et avait sauté. Si elle avait commencé à trop y réfléchir, elle aurait fini par rester paralysée par la peur qui la rongeait déjà suffisamment. Alors, elle s'était jetée par-dessus le bastingage, le tonnelet serré dans les bras.

Le choc avait été violent et manqua lui faire lâcher sa précieuse bouée. Ne sachant pas nager, sans elle, c'était la noyade assurée. L'eau était glaciale et lui donna un coup de fouet, Eirlys battit des pieds un moment, jusqu'à ce que le ressac couvre les voix des marins. Alors il ne resta plus que le bruit des vagues.

Le coeur battant, la jeune femme guetta les cris des mouettes, d'abord. La preuve que la terre ferme n'était pas loin. Mais elle n'entendait rien de plus que toute cette eau qui bougeait autour d'elle et lui donnait la nausée. Les secondes passèrent, puis les minutes, les heures... comment savoir ?

Puis elle cessa d'écouter et se contenta de se laisser porter, mettant le peu de force qu'il lui restait dans la volonté de continuer à s'accrocher au tonnelet qui l'entrainait les dieux seuls savaient où.

Y avait-il réellement eu un bateau ? Avait-elle sauté à la mer ? Ou bien avait-elle rêvé toute cette histoire ? Eirlys se laissa sombrer, son esprit flottant au gré du courant qui l'emportait.
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Harken Cadäan

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MessageSujet: Re: Ainsi quand le vaisseau, qui vogue entre deux mondes...   Jeu 19 Juil 2012 - 7:36

J’aimais me promener le matin le long de la côte, près de l’embouchure de l’Avon. Je trouvais dans ces promenades un aspect reposant, apaisant même. Fasciné depuis longtemps par l’océan, je ne me lassais pas de voir les flots sans cesse renouvelés venir lécher la grève et je rêvais parfois aux rivages lointains et aux merveilles qui devaient s’y trouver. Pourtant, dans l’immédiat les rivages lointains arrivaient assez loin dans l’ordre de mes préoccupations.

La veille une ferme frontalière avait été brûlée par une bande de pillards jutes et les éclaireurs envoyés à leur recherche indiquaient que leurs traces de pas menaient vers l’Ouest et non pas vers l’Est. Ainsi donc les pillards ne s’en retournaient pas immédiatement au Meonwara ? Sans doute espéraient-ils mettre la main sur quelques richesses et esclaves supplémentaires avant de rentrer chez eux. Mon rôle étant d’assurer la sécurité de la frontière, je savais ne pouvoir rester sans réagir et je réfléchissais donc à leur possible itinéraire.

Mes réflexions furent stoppées par des cris venus de la tour de guet, à l’embouchure de la rivière. Je l’y avais fait construire une dizaine d’années auparavant afin de surveiller le trafic maritime sur l’estuaire et le long de la côte. La curiosité prenant le pas sur mon inquiétude au sujet du raid jute, je pris la direction de la tour afin de me rendre compte par moi-même de ce qui causait un tel émoi.

Lorsque j’arrivais, je trouvais quelques soldats et villageois groupés autour d’une forme échouée. En m’approchant, j’avisais que la forme en question se trouvait être une jeune femme accrochée à un tonneau, que les flots avaient jetés sur nos côtes. Un soldat murmura à voix basse qu’il devait s’agir d’un présage envoyé par Manawyddan, le dieu des eaux. Un peu agacé de constater l’inaction face à ce qui pouvait certes être un présage mais était sans aucun doute une jeune femme à moitié morte, je m’avançais et ordonnais sèchement :


Eh bien, qu’attendez vous ? Emmenez là à la tour et allumez-y un feu. Elle va geler à mort ici.

Comme réveillés par cet ordre, deux soldats se saisirent de la naufragée et la portèrent à l’intérieur. Une robuste matrone qui servait aussi de sage-femme au village les mit fermement dehors le temps d’ôter à l’inconnue ses vêtements trempés et de l’enrouler dans une épaisse cape de fourrure. Pendant ce temps, je restais sur la plage et me penchais sur le tonnelet mais je ne pus en déterminer l’origine. Franc peut être ? Difficile à dire car il ne portait aucun signe distinctif.

Haussant les épaules et repoussant à plus tard l’explication de cette mystérieuse arrivée, j’entrais dans la tour ou je trouvais la jeune femme près du feu qui rugissait dans l’âtre. Elle semblait avoir repris connaissance, aussi j’entrais de but en blanc dans le vif du sujet :


Qui êtes-vous ?
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Eirlys

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MessageSujet: Re: Ainsi quand le vaisseau, qui vogue entre deux mondes...   Jeu 19 Juil 2012 - 14:02

La première chose qu'Eirlys assimila à travers le brouillard fut une voix de femme. Occupée à donner des ordres, comprit-elle un instant plus tard. Éveillée, elle se redressa légèrement, sentant qu'elle était blottie dans des couvertures. La tête lui tournait et elle accepta avec empressement le récipient que l'on porta à ses lèvres. Ce n'était pas de l'eau, mais un breuvage additionné d'herbes. Elle les aurait peut-être reconnues si elle avait été en état de fixer son esprit sur de tels détails, mais pour le moment elle cherchait surtout à situer son environnement.

Ainsi désaltérée, Eirlys parvint à s'asseoir. Elle devait être près d'une cheminée, à en juger par la chaleur qui en émanait et le crépitement du feu. De quoi se sentir bien mieux. Elle se laissa bercer un instant par cet environement réconfortant, puis essaya de se remettre un peu les idées en place. Où était-elle ? L'inquiétude revint, telle une vague qui menaça de la submerger. Avait-elle été reprise par... Une main apaisante se posa un bref instant sur son épaule.


" Tout va bien ? "

Eirlys hocha la tête, s'efforçant de sourire pour rassurer la femme qui prenait soin d'elle. Cette dernière avait un accent étrange... Où pouvait-elle bien avoir échoué ? Elle se souvenait de la mer... ce qui précédait était flou et, en un sens, elle préférait que cela le reste.

La femme s'éloigna et Eirlys resta un moment à attendre, se réchauffant avc plaisir, mais guettant aussi le moindre bruit qui eut pu lui indiquer le lieu où elle se trouvait. Elle demanderait à la prochaine occasion.

La porte se rouvrit, laissant entrer une autre personne. Du moins fut-ce ce que la jeune femme devina au pas qui était différent. Plus décidé, plus pressé peut-être. Le maître des lieux ? Elle se força à se lever, esquissa une courte révérence. Dans le doute, mieux valait se montrer courtoise. Les mots qui suivirent achevèrent d'ailleurs de la convaincre qu'elle avait peut-être bien eu raison. Elle se rassit néanmoins, encore un peu faible, avant de répondre.

" Eirlys... "

Il y avait une suite. Un nom, un lieu. Les mots restèrent coincés dans sa gorge alors que montait la panique. Ca n'allait pas. A son attitude, à la robe qu'elle avait portée en arrivant, il devait deviner qu'elle était noble. Elle avait un nom... Mais quelque chose rencontrait un obstacle dans ses pensées... Eirlys baissa la tête, perdue mais luttant pour ne pas laisser le malaise l'envahir.

" Eirlys, répéta-t-elle. Puis, après une hésitation, Je... je ne me souviens plus, messire... Où sommes-nous ? "

Elle cachait difficilement son angoisse. D'autant que cette manière qu'il avait eu de débouler en lui demandant de suite de se présenter sans autre formalité avait de quoi l'inquiéter aussi. Elle resserra la couverture autour de ses épaules, commençant à prendre conscience qu'elle n'était pas au bout de ses ennuis.
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Harken Cadäan

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MessageSujet: Re: Ainsi quand le vaisseau, qui vogue entre deux mondes...   Jeu 19 Juil 2012 - 14:49

Eirlys, voilà le seul nom dont l’inconnue se souvenait, ou tout du moins le seul nom qu’elle acceptait de me donner. Cela faisait court pour rebâtir l’histoire de la mystérieuse naufragée, un nom qui aurait tout aussi bien pu être saxon qu’angle, ou même franc. Jetant un regard à la robe qui séchait près du feu, je constatais avec un certain intérêt que le tissu se trouvais de bonne qualité, signe que je n’avais pas affaire à un quelconque paysanne mais à une jeune femme ayant l’habitude d’une certaine aisance.

Me mentait-elle ? Au moins par omission, en ne me révélant pas sa véritable identité ? Possible, cependant je n’arrivais bizarrement pas à croire à cette hypothèse. Soit j’avais devant moi une excellente actrice digne des plus grands tragédies grecques, soit elle ne se souvenait réellement pas de son nom complet. Dans le doute, je décidais d’accepter au moins temporairement cette amnésie et je répondis à mon tour à sa question concernant l’endroit où elle venait d’arriver.


Vous êtes en Dumnonia. Plus précisément à Caer Cadorn, sur la côte du Dorset. Je suis Harken Cadäan, le seigneur des lieux.

Voilà, cela lui suffirait pour l’instant. Soit elle ne se souvenait vraiment de rien et alors mon nom lui serait inconnu, soit elle gardait des brides de mémoire et je me targuais tout de même d’une certaine renommée sur l’île de Bretagne. Que ce soit chez les bretons, mais également chez les saxons, les angles ou les jutes, j’étais connu comme l’un des chefs de guerre d’Arthur ayant participé à la bataille du Mont Badon. Bien entendu, si elle venait d’au-delà de l’océan, des terres franques ou d’encore plus loin, cela ne lui dirait-il rien.

Instinctivement, je sentais que cette naufragée risquait de m’attirer des ennuis. Je me souvenais du soldat sur la plage parlant d’un présage des dieux, et si cela s’avérait exact les chrétiens en ville risquaient de mal le prendre. Depuis mon arrivée à Caer Cadorn, j’évitais autant que faire se pouvait les frictions religieuses… il restait à espérer que cette Eirlys n’allait pas les rallumer involontairement par sa seule présence. Cela ne me motivait que d’autant plus à découvrir de qui il s’agissait.


N’y a-t’il rien dont vous vous souveniez ? Nous vous avons trouvé accrochée à un tonnelet et rejetée par la mer. Comment en êtes vous arrivée là ?
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Eirlys

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MessageSujet: Re: Ainsi quand le vaisseau, qui vogue entre deux mondes...   Jeu 19 Juil 2012 - 16:19

Un silence, pendant lequel Eirlys essaya de déterminer dans quel état d'esprit était son interlocuteur. En vain. Rien ne trahissait une quelconque réaction ce qui n'était pas pour apaiser la jeune femme. Elle gardait d'ailleurs les yeux légèrement baissés, sachant que son regard translucide aidait rarement à établir le contact.

" Vous êtes en Dumnonia. Plus précisément à Caer Cadorn, sur la côte du Dorset. Je suis Harken Cadäan, le seigneur des lieux. "

Cette avalanche de noms était quelque peu précipitée alors qu'Eirlys se remettait à peine. L'incompréhension se lut sur son visage.

" Harken Cadän, " répéta-t-elle pour tenter de se souvenir au moins de cela.

Tout lui était inconnu. Les consonances ne lui évoquaient rien. Le seigneur des lieux... Il pouvait aussi bien être un proche du roi lui-même ou maître de quelques pauvres chaumières, son nom ne lui évoquait rien. Elle aurait pu faire semblant d'être familière de ces lieux, mais tromper son hôte improvisé lui répugnait. Et puis à quoi bon ? On découvrirait tôt ou tard qu'elle n'avait rien à faire ici.

" N’y a-t’il rien dont vous vous souveniez ? Nous vous avons trouvé accrochée à un tonnelet et rejetée par la mer. Comment en êtes vous arrivée là ? "

Eirlys eut un mouvement de recul instinctif et ses mains se crispèrent. La vérité lui apparaissait de façon beaucoup plus claire, à présent : elle ne voulait pas se souvenir. Elle avait... elle devait oublier. Mais que pouvait-elle répondre ? Qu'elle ne voulait pas en parler ? Elle ressentait comme un soupçon d'hostilité chez le dénommé Harken. Il n'était pas prêt d'attendre gentiment qu'elle se remette en s’apitoyant sur son sort. D'un autre côté, elle n'avait aucune envie que l'on s'apitoie sur elle. Seulement, elle aurait voulu échapper aux questions.

" Je crois... "

Les mots ne voulaient pas sortir. Et surtout, elle refusait de se mettre à pleurer comme une enfant devant cet étranger. Prenant une inspiration pour se forcer au calme, elle finit par murmurer :

" Je crois que je voulais fuir... quelque chose... j'ai sauté... d'un bateau. Et j'ai... j'ai prié pour... pour que les courants me ramènent vers la côte. "

Et les dieux avaient entendu son appel. Ce fut à cet instant qu'elle prit conscience qu'elle aurait mieux fait de les laisser en dehors de cela. Elle ignorait qu'elle était la religion en vigueur ici et ne tenait pas à faire de faux pas. Elle préféra donc changer de sujet.

" Je vous remercie de m'avoir permis de me remettre, messire. "

Des remerciements bien maigres. Elle ignorait comment le remercier de son geste et de toute manière n'avait pas même idée de ce qu'elle allait devenir. Rien ne prouvait qu'il ne lui ferait pas regretter d'avoir échoué chez lui. Quand il découvrirait qu'elle n'avait aucune attache, il pourrait aussi bien la renvoyer sur la grève sans autre forme de procès.
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Harken Cadäan

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MessageSujet: Re: Ainsi quand le vaisseau, qui vogue entre deux mondes...   Ven 20 Juil 2012 - 10:48

Eh bien, nous n’avancions pas beaucoup dans notre enquête. Eirlys croyait vaguement se souvenir avoir sauté d’un bateau pour échapper à quelque chose qui la menaçait. Voilà qui allait nous aider énormément dans la quête de son mystérieux passé, pensais-je non sans une certaine ironie. Je me doutais déjà vaguement qu’elle venait d’un bateau, en général lorsqu’on finit échoué sur le bord d’une plage c’était suite à un incident de ce genre. Quand au danger, voilà qui paraissait un peu plus intéressant si tant est-ce que l’on pouvait espérer identifier un jour ce fameux danger.

Bref, nous n’avancions pas, et par amabilité je m’abstins de la harceler de questions supplémentaires. La jeune femme se trouvait encore en état de choc suite à sa baignade forcée et il lui fallait avant toute chose reprendre quelques forces. Elle devait être affamée et après une bonne nuit de sommeil, peut être sa mémoire fonctionnerait-elle mieux. Iösa, la sage-femme du village qui avait pris soin d’Eirlys a son arrivée dans la tour accepterait bien de la loger quelque jours si je lui demandais. Veuve, son fils étant soldat en garnison à Dagorfeld, elle pouvait accueillir quelqu’un chez elle et une personnalité maternelle serait sans doute le meilleur choix pour la naufragée.


Je reviens.

Sortant de la tour, j’appelais la robuste matrone et lui donnais quelques pièces en échange du logement pour Eirlys. J’aurais pu me désintéresser totalement de l’histoire et m’en retourner tout simplement au donjon sans me soucier de ce qui se passait, mais si notre mystérieuse invitée se trouvait réellement être un signe des dieux je ne voulais pas prendre le moindre risque. Bien que converti au mithraïsme depuis des années, je n’en niais pas pour autant l’existence des dieux celtes que vénèrent les druides et je ne voulais en aucun cas m’attirer leurs courroux pour avoir ignoré un présage.

Indépendamment de cela, j’admets que j’aurais eu quelques scrupules à agir ainsi de toute façon. J’étais seigneur de Caer Cadorn, cela impliquait aussi de ma part de me soucier de ce qui s’y passait, et abandonner une naufragée à son sort ne faisait pas partie de ma morale. Ayant réglé l’affaire avec Iösa, je retournais voir celle qui devenait en un sens mon invitée.


C’est arrangé. Vous pourrez passer quelques jours chez Iösa, notre sage femme. Lorsque vous irez mieux nous verrons pour la suite.
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Eirlys

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MessageSujet: Re: Ainsi quand le vaisseau, qui vogue entre deux mondes...   Sam 21 Juil 2012 - 16:38

" Je reviens. "

Difficile de déduire quoi que ce soit de l'état d'esprit de son interlocuteur à cette simple réponse. Eirlys hocha légèrement la tête et attendit patiemment. Elle n'avait rien de mieux à faire, d'autant qu'elle se sentait encore épuisée. Ses yeux se fermaient même tout seuls lorsque le seigneur revint, la faisant sursauter.

" C’est arrangé. Vous pourrez passer quelques jours chez Iösa, notre sage femme. Lorsque vous irez mieux nous verrons pour la suite. "

Que répondre ? Elle n'avait pas encore réussi à se projeter dans l'avenir, mais ces quelques mots suffirent à lui faire entrevoir sa situation. Dans ces conditions, qu'allait-elle devenir ? Harken était bien aimable de ne pas la mettre directement à la porte mais quelques jours de répit ne faisaient que retarder l'échéance. Et ensuite ?

" Encore une fois, je vous remercie, messire. "

Elle avait beaucoup de chance, en un sens. Eirlys suivit donc la dénommée Iösa et s'installa dans une petite chambre où elle s'endormit après avoir avalé un bon repas, bienvenu après toutes ces émotions. Ce ne fut que le lendemain dans la soirée qu'elle se réveilla avec l'impression agréable d'avoir retrouvé ses forces.

Le surlendemain, elle s'estima même remise et demanda à Iösa si elle pouvait l'aider d'une quelconque façon. Elle se retrouva donc à faire les menus travaux que sa cécité n'empêchait pas. En même temps, elle discutait avec la sage-femme. De son métier, d'abord, qu'Eirlys connaissait mal. En revanche, il lui revint en mémoire les plantes qu'elle avait jadis appris à nommer et parfois utiliser. La conversation porta également sur l'avenir de la naufragée. Eirlys guettait le retour du seigneur avec anxiété.

Harken avait bien précisé qu'il aviserait plus tard et elle se demandait ce qu'elle pouvait envisager pour son avenir. Elle n'avait pas envie de s'en remettre complètement à lui, mais d'un autre côté ignorait comment s'en sortir seule. Travailler, mais de quelle manière ? Et puis, il allait sans aucun doute encore lui demander d'où elle venait et elle serait incapable de lui répondre. Elle avait suffisamment discuté avec Iöza pour comprendre qu'elle se trouvait à présent en terres inconnues.
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Harken Cadäan

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MessageSujet: Re: Ainsi quand le vaisseau, qui vogue entre deux mondes...   Lun 23 Juil 2012 - 13:02

Deux jours étaient passés fort rapidement. Inquiet suite à cette incursion jute, j’avais pris la tête d’un petit détachement afin de les traquer mais les pillards repassèrent la frontière avant que nous ne les ayons rejoints. Un peu déçu, je retournais à Caer Cadorn, bien décidé à convoquer les responsables des différentes place-fortes pour leur rappeler l’importance des patrouilles avancées dans la détection de telles incursions.

Mon humeur ne se trouvait donc pas au beau fixe lorsque je pris le chemin de la petite cabane où vivait Iösa. J’espérais qu’Eirlys irait mieux et serait plus à même de répondre à mes questions que l’avant-veille, car il me fallait décider quoi faire vis-à-vis d’elle. La nouvelle de son arrivée se répandait en ville et de plus en plus y voyaient un présage… présage dont la nature restait indéfinie. Bénéfique ? Maléfique ? L’avantage des présages est qu’il est possible de leur faire dire n’importe quoi.

Il me faudrait également vérifier du côté de l’évêque local ce que les chrétiens pensaient de tout cela. Avec un peu de chances ils s’en fichaient totalement mais je me savais que dans d’autres endroits du pays leur servant de bastions, ils avaient traqué et abattu des innocents soupçonnés de collusion avec les druides. Je devais hélas admettre que le contraire existait également là où le druidisme régnait encore en maître.

Je trouvais Iösa sur le seuil de sa maison. La robuste matrone me confirma qu’Eirlys se trouvait hors de danger, ayant bien récupérée de son naufrage sur la plage. Au moins de ce côté-là les nouvelles se trouvaient bonnes. Entrant dans la chaumière, je saluais la jeune femme.


Bonjour Eirlys. Toujours rien ? lui demandais-je en faisant allusion à sa mémoire perdue.
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Eirlys

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MessageSujet: Re: Ainsi quand le vaisseau, qui vogue entre deux mondes...   Mer 25 Juil 2012 - 14:24

La jeune femme entendit quelqu'un entrer, quelqu'un qui, à la démarche, ne pouvait être Iöza. La voix la renseigna sur son interlocuteur.

" Bonjour Eirlys. Toujours rien ? "

Le seigneur Harken. Elle se leva rapidement, délaissant les légumes qu'elle préparait pour la soupe afin d'aider la sage femme. S'essuyant les mains sur son tablier, elle esquissa une révérence.

" Non, je le regrette, messire. "

Demi vérité. Elle n'avait toujours pas envie de se souvenir. Mais ce qu'elle souhaitait ne changeait rien, alors... inutile de le contrarier en affirmant qu'elle ne chercherait pas à faire surgir ses souvenirs. Après tout, ce qui importait était de savoir si elle avait de la famille proche dans les environs et si personne ne l'avait réclamée, alors ce n'était tout simplement pas le cas. Les raisons importaient peu.

" Il n'y a rien à regretter, mon enfant. "

Eirlys haussa les sourcils, surprise de l'interruption d'une autre personne. Un homme. Plus âgé qu'Harken si elle en jugeait sa voix. Cette dernière n'en demeurait pas moins emprunte d'une grande autorité.

" Une envoyée des dieux ne doit pas se demander d'où elle vient, mais s'interroger sur le chemin qu'elle aura à suivre. "

Le ton, prophétique, fit reculer d'un pas Eirlys, qui butta contre la chaise qu'elle venait de quitter. Elle n'était pas vraiment certaine d'avoir besoin d'un illuminé qui s'imaginait que les dieux s'étaient préoccupés de son petit cas personnel. D'ailleurs... quels dieux ? Croyait-il lui même à ce qu'il racontait ?

" Seigneur Cadäan, " reprit la voix en guise de salutations.

Eirlys se composa une expression polie, ne sachant trop que répondre. Ce... prêtre avait l'air convaincu d'avoir une miraculée face à lui et elle n'était pas certaine que ce soit une très bonne chose pour elle.

" Hum... quel chemin exactement ? " hasarda-t-elle, un peu perdue.

"Quels dieux ?" aurait sûrement été assez malvenu, comme question. D'autant que, après tout... il avait peut-être raison. Elle avait semblait-il survécu à un voyage hors du commun.
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Harken Cadäan

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MessageSujet: Re: Ainsi quand le vaisseau, qui vogue entre deux mondes...   Jeu 26 Juil 2012 - 9:13

Toujours rien. Non pas que cela me surprenne, cependant je ressentais une légère pointe de déception à l’idée que cette histoire ne se simplifiait pas. Une jeune femme aveugle échouée sur nos côtes, amnésique et pourtant semblant issue de la noblesse, voilà tous les éléments pour me donner des maux de tête à répétition. J’allais reprendre la parole lorsque je fus interrompu par une voix rocailleuse.

Iöfen.

J’avais reconnu avant même de me retourner le druide du village. Pour être honnête, Iöfen n’était pas vraiment le druide du village puisqu’il vivait à la lisière de la forêt qu’on apercevait du haut du donjon. Le christianisme se trouvait trop bien implantée à Caer Cadorn même pour qu’il puisse y demeurer en toute sécurité. Certes les chrétiens locaux ne faisaient pas partie de ces fanatiques qui brûlaient et tuaient ceux ne partageant pas leur foi, cependant le risque d’en voir un jour débarquer avait contraint Iöfen à s’éloigner quelque peu.

Prudence étant mère de sureté, j’approuvais intérieurement son choix qui évitait tout risque de conflit à une époque où les jutes se montraient de plus en plus entreprenants. Pour autant je me serais bien passé de son intervention, d’autant plus que je devinais aisément ce qui l’amenait. Sans surprise, Iöfen affirma haut et clair qu’Eirlys venait envoyée par les dieux eux-mêmes et qu’elle devait donc être traitée comme telle. Les nouvelles allaient vite et la venue d’Eirlys devait constituer le principal sujet de conversation.

Me retournant, je fis face au druide et lui demandait d’un ton sarcastique :


Et je suppose que tu veux en faire ton apprentie ? Ou simplement réchauffer ta couche pour l’hiver ?

Le druide ignora mon sarcasme, le jugeant sans doute dénué d’intérêt. J’entretenais des rapports distants avec lui, souvent teintés d’une certaine suspicion. Iöfen me reprochait de ne pas mieux défendre la foi de nos ancêtres et aurait voulu récupérer pour son usage personnel l’ancien temple de Mars qui désormais servait d’église aux chrétiens. En cela il oubliait que pour ma part je vénérais Mithra et que je ne cherchais pas à m’immiscer dans leurs querelles. Quasi en transe, le druide repris la parole :

Elle est venue des flots, portée par la volonté de Manawyddan. Bien qu’aveugle, elle a su trouver la côte et surmonter la blessure du corps. Son chemin est tracée, il lui appartient de servir les dieux et de leur rendre l’île de Bretagne ! Ceux qui s’opposeront à la volonté divine erreront à tous jamais dans les champs désolés de l’Anwvyn !

L’Anwvyn, l’autre monde… Iöfen me rappelait ainsi que dans les affaires religieuses je ne dirigeais pas Caer Cadorn. Ou tout du moins que je pouvais me causer des problèmes à y imposer ma volonté, ce dont je n’étais que trop conscient. L’inimitié d’un druide constituait un risque que je ne pouvais me permettre de prendre, aussi je bottais en touche en renvoyant à la jeune femme de décider si elle désirait suivre celui qui se prétendait son formateur.

C’est à Eirlys de choisir de quoi sera fait son avenir.
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Eirlys

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MessageSujet: Re: Ainsi quand le vaisseau, qui vogue entre deux mondes...   Jeu 26 Juil 2012 - 11:31

Eirlys aurait volontiers fait quelques pas supplémentaires pour s'éloigner du nouveau venu. Sa façon de parler de volonté divine la mettait mal à l'aise et elle ne savait qu'y répondre. Elle avait eu de la chance, oui. Beaucoup de chance. De là à dire que les dieux s'en étaient mêlé...

" C’est à Eirlys de choisir de quoi sera fait son avenir. "

La belle affaire ! La jeune femme se sentait quelque peu désemparée. Choisir entre la voie prônée par un illuminé et... rien, il y avait de quoi se sentir enthousiaste ! Le dénommé Iöfen avait vraiment l'air convaincu de ce qu'il avançait, mais c'était loin de suffire à Eirlys. Harken avait posé une question, mais l'autre n'avait pas répondu. Enfin, si, il était question de servir les dieux et de leur rendre l'île de Bretagne. Vaste programme, apparemment.

Que cet homme ait raison ou non, Eirlys n'avait pas envie de supporter un tel poids. Elle n'aspirait qu'à retrouver un peu de calme pour se reconstruire. Sauf qu'elle n'avait rien d'autre à quoi se raccrocher. Harken s'était montré bien gentil, mais à aucun moment il ne l'avait laissé entrevoir une solution pour son avenir. De quoi était-elle censée vivre ? Elle se souvenait au moins de ce qui arrivait à ceux qui se trouvaient sans famille et sans argent. Si elle devait finir à la rue à devoir chercher un travail, elle ne survivrait pas longtemps.

Mais ce qui la gênait dans les paroles du... prêtre ? Ce devait être un prêtre, non ? - c'était cette histoire de dieux qui pourraient exiger elle ne savait quoi d'elle. Elle n'était pas disposée à se plier à qui que ce soit sans explication. Surtout que, contrairement à Iöfen, Manawyddan n'était pour elle qu'un nom inconnu parmi d'autres.


" Que me proposez-vous exactement ? " hasarda-t-elle finalement avec autant d'assurance qu'elle le pouvait.

Iöfen l'effrayait quelque peu et la façon qu'avait eu Harken de se moquer de lui en dénigrant la proposition n'était pas pour la rassurer.


" De devenir mon apprenti, en effet. "

Le ton était un peu plus normal, ce qui encouragea Eirlys à insister :

" Ce qui consiste à... ? "

" Ecouter les dieux. "

La jeune femme ne put retenir une moue peu convaincue. Elle avait beau chercher, elle ne se souvenait pas avoir jamais écouté des dieux, quels qu'ils soient. Les respecter, oui, croire en eux, sûrement... enfin, elle n'était plus très sûre de ce en quoi elle croyait exactement. Iözen dut s'apercevoir qu'elle était loin d'être séduite par l'idée et tenta un autre angle d'approche.

" Sais-tu quel est le rôle d'un druide au sein de la société ? "

Eirlys s'abstint de demander ce qu'était un druide et se contenta de secouer la tête.

" Nous sommes les gardiens du culte, du savoir, de la sagesse. Les rois eux-même nous écoutent. "

Même sans voir le visage du vieil homme, la légère pique à l'adresse d'Harken était palpable. Mais Eirlys n'avait pas envie de se laisser distraire et elle continua à creuser les explications.

" Et que devrais-je faire, exactement ? "


" Apprendre. Plus tard, lorsque tu seras prête, transmettre et conseiller. "

Le culte, le savoir, la sagesse. Parmi ces trois mots, le deuxième retenait l'attention d'Eirlys. Elle aimait apprendre. De là à accepter la proposition ainsi... Voyant son hésitation, le druide conclut :

" Je te laisse le temps de réfléchir. Je reviendrai. "

Sans doute sentait-il que la brusquer n'aboutirait qu'à un refus. Eirlys attendit que le son de ses pas ait disparu pour s'adresser à Harken.

" Que me conseillez-vous ? Vous sembliez quelque peu hostile à sa proposition. Pour quelles raisons ? "

Autant dire qu'elle n'avait pas envie d'aller réchauffer le lit de qui que ce soit, pas plus qu'elle ne tenait à se transformer en illuminée pensant parler à des dieux dont elle ignorait l'existence.
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Harken Cadäan

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MessageSujet: Re: Ainsi quand le vaisseau, qui vogue entre deux mondes...   Jeu 26 Juil 2012 - 12:51

Je restais à l’écart le temps qu’Iöfen explique à Eirlys ce qu’il lui proposait, à savoir bien évidemment de devenir son apprentie, m’envoyant au passage une pique supplémentaire en me rappelant que les rois eux-mêmes écoutaient les avis des druides. Il n’en ratait pas une pour souligner le fait qu’Arthur demeurait fidèle à l’ancien culte, ce qui selon Iöfen se mettait en opposition avec ma « trahison » pour Mithra.

Certes les druides disposaient d’un pouvoir bien réel, pour autant Arthur connaissait mes propres convictions depuis des années et s’en fichait totalement. J’avais parfois presque l’impression que notre seigneur ne croyait pas aux dieux, ou tout du moins qu’il les soupçonnait de se désintéresser du sort des mortels. En tout cas Iöfen eut la sagesse de ne pas demander de réponse immédiate, sans doute conscient qu’en mettant Eirlys au pied du mur il risquerait un refus.

Resté seul avec la jeune femme, elle m’interrogea sur les raisons de mon hostilité envers le druide. D’une voix sourde, je répondis :


Je ne vénère plus les anciens dieux. Ils existent, ou tout du moins je le crois, mais voilà bien longtemps qu’ils ne nous entendent plus. Je vénère Mithra, le seul dieu digne de ma foi. Né de la roche même, il donne sa force aux guerriers et soutient mon bras dans la bataille. L’honneur, le courage, la loyauté, voilà les vertus qu’il prône à ses adeptes. Et cela, Iöfen ne l’accepte pas car selon lui je devrais continuer à suivre le culte des druides dans lequel j’ai grandi autrefois.

Au Powys, j’avais appris à vénérer et craindre les dieux celtes, mais cette liturgie ne m’avait jamais vraiment convenue. Je ne la comprenais pas et je ne m’y retrouvais pas. Le mithraïsme avait constitué pour moi une révélation, car alors je me trouvais face à une religion faite avant tout par et pour les guerriers. Mithra ne demandait pas, il exigeait… et ainsi font ses adeptes. Par le pouvoir de l’épée et de la lance nous pouvions imposer notre loi et je me prenais parfois à rêver d’une Bretagne unie sous ce culte.

Mais l’heure se prêtait mal à de la théologie comparée. Amnésique, Eirlys ne devait pas plus en savoir sur un culte que sur un autre et il lui faudrait du temps pour les jauger. Je ne voyais pas quelle voie lui proposer, et si devenir l’apprentie d’Iöfen lui permettait d’éviter de mourir de faim je comprendrais qu’elle le fasse. Après tout, son sort ne m’importait qu’à la marge, mon rôle constituait surtout à éviter les troubles civils.


Oh, et mon sarcasme sur réchauffer le lit d’Iöfen était une pique gratuite pour lui rappeler que je n’ai pas de compte à lui rendre. Bien que druide, il n’oserait pas agir avec violence envers vous, cela donnerait un motif aux chrétiens pour exiger que je le chasse de la région.
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Eirlys

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MessageSujet: Re: Ainsi quand le vaisseau, qui vogue entre deux mondes...   Ven 27 Juil 2012 - 19:25

Les anciens dieux, Mithra, des dieux qui existaient, ou pas et auxquels manifestement on pouvait choisir de croire ou non... Le concept lui paraissait incongru. Étrangement, elle n'avait aucun dieu à opposer à ceux-là, mais elle restait persuadée qu'à l'époque où elle y croyait, elle ne s'était jamais permis de douter de la sorte. Comme si l'on pouvait décider si les dieux étaient ou non dignes de foi ! Quel étrange pays que celui où elle avait échoué !

Eirlys chercha la chaise à tâtons et s'assit, perplexe. Le culte des druides lui était aussi étranger que le reste, alors comment choisir ? La suite la rassura un peu, mais ne l'aida pas beaucoup à se décider. Elle ne risquait peut-être rien, d'accord, mais de là à accepter...


" J'imagine aisément que vous avez mieux à faire, mais... pourriez-vous prendre un instant pour me parler du culte des druides ? Je préfère avoir un autre avis que celui d'un partisan. "

Avoir plusieurs sons de cloche ne pourrait qu'être bénéfique. Iöfen ne serait pas objectif et privilégierait forcément ce qui la pousserait à accepter. Etant donné son hostilité au druidisme, Harken semblait le plus apte à exposer des arguments tout autres... si arguments il y avait.

Eirlys secoua la tête, désemparée, exposant sa seconde inquiétude :


" Et puis... Je ne connais même pas ce... Menaw... enfin... je ne me souviens même plus de son nom. Comment pourrais-je y croire ? Ce serait... malhonnête de ma part d'accepter. "

Surtout si par la suite, elle se rappelait en quoi elle croyait. D'un autre côté, elle envisageait sérieusement de dire oui. Jusqu'à présent Iöfen était le seul qui lui avait offert un semblant d'avenir. Harken avait repoussé à plus tard, Iöza l'avait gentiment accueillie mais jamais évoqué le fait qu'elle puisse rester, même si elles avaient sympathisé. Elle ne pouvait pas rester éternellement dans le vague en se raccrochant à un éventuel retour de mémoire, qu'au fond, elle ne souhaitait même pas.
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Harken Cadäan

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MessageSujet: Re: Ainsi quand le vaisseau, qui vogue entre deux mondes...   Lun 30 Juil 2012 - 8:52

Je restais maussade après le départ du druide dont les interventions m’agaçaient un peu plus chaque fois. Iöfen refusait obstinément d’admettre que le Dorset devenait majoritairement chrétien ou mithriaque, et s’accrochaient avec acharnement aux temps glorieux où les druides disposaient d’un pouvoir qui par moment surpassait celui des rois eux-mêmes. Aussi, lorsqu’Eirlys me demanda de lui parler du druidisme, ce fut assez sèchement que je répondis :

Les druides sont les prêtres de l’ancienne religion celtique. Ils assurent le lien entre nous et les dieux, font office d’augures et sont écoutés par nombre de seigneurs. Les romains les ont pourchassés afin d’instaurer le culte de leur propre panthéon, ce qui explique qu’aujourd’hui l’influence des druides ait beaucoup diminuée. Au départ des romains ils ont bien tenté de réinstaurer leur ancienne puissance, mais d’autres cultes tels le christianisme ou le mithraïsme s’étaient eux aussi développés.

Je n’en voulais pas particulièrement à la jeune femme, mais elle n’arrêtait pas de m’attirer des ennuis. Caer Cadorn bruissait de rumeurs sur son arrivée, et si Iöfen se mettait de la partie je pouvais craindre que cela n’envenime la situation. Plus que tout je désirais que la ville demeure calme, et Eirlys pouvait malheureusement servir de justification à des troubles civils. Je savais que cela avait commencé sur de tels motifs ailleurs dans le pays, aussi remonter à l’origine de la naufragée s’imposait pour moi comme une nécessité quasi-politique.

Il arrivait fréquemment que des étrangers passent ou viennent s’installer dans la région, cela soulevait quelques potins les premiers jours puis tout se tassait et la vie reprenait son cours normal. Toutefois, d’aussi loin que je me souvienne aucun naufragé n’avait jamais abordé nos côtes. Les courants dangereux de cette partie de la mer étaient connus des pécheurs locaux qui savaient n’avoir guère d’espoir en cas d’avarie. Plusieurs veuves de pécheurs vivaient dans des cahutes près de la plage et Eirlys pouvait par elles aussi apparaitre comme une messagère des dieux.


Mais enfin Eirlys, n’y a-t’il vraiment rien dont vous vous souveniez ? Vous devez bien avoir d’autre souvenir que votre nom. Je ne sais pas moi… des souvenirs de coutumes, de repas, de traditions, d’objets quotidiens. Fouillez votre mémoire, n’importe quoi pourrait nous aider à trouver d’où vous venez. Si vous ne connaissez pas le nom de nos dieux ni celui de Mithra, cela laisse peu de chances que vous veniez de ce coté-ci de la mer. Venez-vous du royaume franc ? Le nom de Clovis vous dit-il quelque chose ?

Je n’arrivais pas à admettre que rien ne ressortait du puits de sa mémoire. Le mystique en moi cédait souvent la place au rationnel, et intérieurement je ne la croyais pas envoyée par un dieu. Les dieux avaient bien d’autres sujets de préoccupations que les gesticulations d’un petit groupe de mortels sur la côte du royaume de Dumnonia, et un présage aussi mystérieux qu’Eirlys ne correspondait à rien de ce que j’aurais pu attendre. Il fallait qu’une explication plus prosaïque se trouve là-dessous. Toutefois, j’aurais été bien en mal de dire laquelle.
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MessageSujet: Re: Ainsi quand le vaisseau, qui vogue entre deux mondes...   Mar 31 Juil 2012 - 14:35

Qu'elle lui ait demandé son avis ne plaisait manifestement pas à Harken, mais la jeune femme se sentait trop perdue pour s'arrêter à te telles considérations. De toute manière, tous les cultes auxquels il faisait référence s'entremêlaient dans sa tête jusqu'à n'avoir plus aucun sens. Elle aurait préféré des données précises sur le druidisme : ses buts, ses idées fondamentales... Mais il ne semblait pas décidé à lui en parler plus précisément. Sans doute devait-il être hostile à l'idée qu'elle rejoigne ce culte qu'il avait renié.

D'un autre côté, il ne proposait rien. Il n'avait fait que reculer l'échéance sans apporter la moindre solution. Peut-être espérait-il qu'elle cite soudain le nom d'un seigneur local et qu'il puisse la renvoyer chez elle pour clore l'affaire. Bien sûr, Eirlys pouvait se contenter de cet état de fait : attendre qu'il se décide en profitant négligemment de l'hospitalité de d'Iöza. Mais quoi qu'elle ait pu oublier, ce n'était pas dans sa nature de s'en remettre au temps. Elle voulait pouvoir envisager un avenir, quel qu'il soit. Pas seulement patienter en doutant. Apparemment, elle posait problème à Harken, mais il ne faisait rien pour arranger les choses durablement. Sans doute ignorait-il encore comment agir.

Elle en eut d'ailleurs la preuve lorsqu'il reprit la parole, avec ce qu'elle supposa être une pointe d'agacement. Si elle ne se rappelait de rien ? Eirlys baissa la tête, troublée.


" Je... non... Clovis... je ne connais pas ce nom. "

C'était vrai. Mais elle se sentait coupable de ne pas dire ce qu'elle ressentait vraiment : au fond, elle ne voulait toujours pas se souvenir. Elle était terrifiée à l'idée qu'un jour les noms évoqués par Harken lui soient familiers. Elle s'aperçut qu'elle jouait nerveusement avec ses doigts et s'arrêta, tendue. Pouvait-elle lui avouer la vérité ? N'allait-il pas se fâcher ? Elle ne le connaissait pas, pouvait craindre qu'il se mette en colère. Or, pour le moment, elle dépendait encore de lui.

Une évidence lui apparut alors : Iöfen lui avait proposé exactement ce qu'elle souhaitait : tourner la page. Le druide acceptait qu'elle vienne de nulle part et ne cherche pas à se souvenir. C'était parfait.


" Je vais accepter, déclara-t-elle soudainement. Je vais devenir l'apprentie du druide Iöfen. "

Elle n'était pas certaine d'être complètement soulagée, mais c'était mieux que rien. Harken n'aurait plus besoin de se préoccuper de ses origines, il cesserait toutes ces questions qui la torturaient plus qu'elle ne voulait bien l'avouer. Elle s'en voulait malgré tout de couper court ainsi et murmura en guise d'excuses :

" Je ne veux pas... me rappeler. Je suis désolée. "

Cela, c'était sincère et la nuance de peur qu'elle ne parvenait pas à cacher en donnait la raison. Elle espérait qu'il pouvait comprendre. D'un autre côté, il n'avait pas le choix. Peut-être fut-ce pour cette raison qu'elle adoucit ses propos en faisant preuve d'un peu de bonne volonté :

" Je me souviens juste que... que j'aimais apprendre. Je crois que cela n'a pas changé. J'apprendrai ces nouvelles coutumes. "

Avoir pris une décision lui faisait du bien. Elle redressa la tête et esquissa un sourire. De nouvelles connaissances, une nouvelle religion... Pourquoi pas ? Les dieux avaient peut-être réellement veillé sur elle, quelque soit le nom qu'on leur donnait ici. Elle avait craint se montrer hypocrite, mais les dieux se chargeraient bien de lui montrer si elle suivait la bonne voie, non ?
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Harken Cadäan

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MessageSujet: Re: Ainsi quand le vaisseau, qui vogue entre deux mondes...   Ven 3 Aoû 2012 - 12:18

je ne réagis pas immédiatement à la décision d’Eirlys d’accepter la proposition d’Iöfen. Outre que je ne pouvais lui offrir d’autres voies, elle seule devait décider de son avenir. Finalement, je me résolus à répondre :

C’est sans la meilleure chose à faire, en effet.

Ou en tout cas la moins pire, mais cela je préférais ne pas le lui préciser. Devenir l’apprentie d’Iöfen pouvait apporter une relative sécurité à Eirlys qui prendrait de la distance avec Caer Cadorn et les tensions que sa venue provoquait. Certes je n’appréciais pas outre mesure le druide, cependant je ne croyais pas qu’il traite mal la jeune femme. Que ce soit parce qu’il soit persuadé qu’elle venait envoyée par les dieux, soit pour éviter d’entrer en conflit avec moi, il veillerait surement sur elle.

En ville, elle allait inévitablement finir par se retrouver en plein milieu des problèmes. Bien que le sort de la jeune femme me soit en théorie indifférent, je ne pouvais pas me désintéresser totalement de ce qui lui arrivait. Même si son refus de fouiller sa mémoire et de forcer ses souvenirs à remonter à la surface me causait des problèmes en m’empêchant de a renvoyer chez les siens, je voulais croire qu’elle avait subi un traumatisme suffisamment sévère pour rester ainsi renfermée dans sa coquille.

L’espace d’un instant, j’avais espéré qu’elle vienne du royaume franc. Espoir déçu, aucun nom quel qu’il soit ne lui rappelait son ancienne vie. On aurait presque pu croire qu’Eirlys n’avait réellement pas de passé, que tout commençait sur cette plage du Dorset. Toutefois, je n’y croyais guère. Elle venait forcément d’une autre contrée, elle voguait sans doute vers la Dumnonia lorsque la tempête avait frappé. Fuyait-elle ? Son silence venait-il d’une peur de ce qu’elle voulait laisser derrière elle ?

Possible en effet, la peur pouvait expliquer bien des choses. En cette époque troublée, nul ne pouvait s’estimer en sécurité et si Eirlys appartenait à la noblesse, sans doute se trouvait-elle mêlée à quelque obscure intrigue. Fallait-il chercher dans cette voie ? Je me promis intérieurement d’envoyer des messagers s’informer si une jeune femme manquait parmi les familles régnantes, espérant que cela permettrait de me donner une piste.


En cas de problème, le fort n’est pas loin de la cabane d’Iöfen. N’hésitez pas à y venir.

Me levant, je la saluais et quittais la cabane. Peut être ne reverrais-je jamais Eirlys, mais j’avais le vague sentiment que nous n’en avions pas fini tous les deux.
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Ainsi quand le vaisseau, qui vogue entre deux mondes...
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