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 Des ennuis en perspective

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Galyn Talassi

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MessageSujet: Re: Des ennuis en perspective   Dim 15 Juil 2012 - 2:32

Le jeune homme avait déjà entendu parler de la Dame Protectrice de Cirdan Sùron, puisque c’était la même qui était en place bien avant la mort de ses parents. C’était également elle qui avait passé sous silence les événements qui c’étaient déroulés dans ce protectorat et le jeune homme ne savait s’il lui en voulait vraiment ou si toute sa colère était entièrement diriger contre Torlan. En un sens, elle aurait dû enquêter, puisqu’un protecteur ne prend pas la place du jour au lendemain, sans être nommer qui plus est, par un conseil d’expert. Le fait qu’elle soit dépressive ne change absolument rien au fait qu’elle devrait prendre les choses en mains. Le garde du corps commençait sérieusement à ce demandé pourquoi il ne l’avait pas déjà mise à l’écart et choisi une Dame Protectrice avec davantage de panache et qui saurait maîtriser l’art du métier.

La question qui suivit de la part de Galyn sembla déstabiliser pendant un petit moment la demoiselle, preuve qu’il venait tout juste de toucher à un point sensible de la chose. Le rose qui lui monta ensuite aux joues, prouva au garde du corps qu’il venait tout juste de la démasquée et il la suivit du regard alors qu’elle se levait. Le temps qu’elle prit avant de se remettre de sa question, donnait une vague idée à Galyn sur l’urgence de trouver un nouveau protecteur, surtout qu’en générale, la demoiselle n’avait pas tendance se mettre dans cette état, si la situation n’était pas alarmante. Il regarda Nyrlae se diriger vers les rayons de la bibliothèque et se leva à son tour, se demandant ce qu’elle pouvait bien chercher dans le coin des cartes géographiques. Désormais, le garde du corps connaissait la forteresse dans ses moindres recoins, incluant les rayons de la bibliothèque.


Galyn jeta un bref regard à la carte que venait détaler la jeune femme sur la table, identifiant clairement les territoires elfiques cernés par les ennemies.

" A l'est, les drows nous menacent. Ils ont fait tomber Ellyrion et nous n'avons pas les moyens de le reconstruire, de le remplacer ou de faire quoi que ce soit pour renouveler nos défenses de ce côté. Ce n'est qu'une question de temps avant que les sombres ne mettent simplement le feu à la forêt en avançant tranquillement derrière le brasier. Les espions indiquent qu'ils veulent prendre Aleandir, ce qui somme toute est logique mais qui signerait notre mort à tous sans aucun doute. "

Les faits qu’elle lui amenait avaient de quoi être inquiétant. Déjà, l’attaque menée par les drows avait fait un nombre considérable de morts et de blessés, réduisant en grande partie les effectifs elfique. Mais là, si les drows tentait une nouvelle offensive, ils risquaient effectivement d’avoir une race en moins sur le continent, simplement parce qu’ils n’avaient pas encore eu le temps de former assez de nouveaux effectifs et les femmes de donner naissance à des enfants en âge de devenir guerrier. La situation présente pouvait, évidemment, avoir une sorte d’urgence.

De plus, la situation du côté des humains n’améliorait en rien la condition des elfes. La jeune femme ne semblait guère apprécier la protectrice demie-elfe et cela pouvait être compréhensible, vu comment elle dirigeait son protectorat depuis son entrée en poste.


" Face à tout cela, qu'avons-nous à opposer ? La nature semble être devenue folle et bien malin qui saurait dire si la déesse nous honore ou nous puni de la sorte. A Daranovar, mis à part moi, nous avons une gamine idéaliste qui prône la paix avec les humains qui nous agressent et cette Lùthien, persuadée, d'avoir été assez bien formée pour n'en faire qu'à sa tête. Ter'Hanas gère Ardamir d'une main de fer mais je ne lui fais aucune confiance, c'est son père qui a manigancé pour placer son fils sur ce poste et Ter'Hanas fait cavalier seul. Et en dehors d'eux ? En dehors d'eux, personne ! Des Protecteurs et des Seigneurs Protecteurs dépressifs et pleurant la perte d'êtres cher à n'en plus finir ! "

La fin des propos de la demoiselle fit relever la tête du garde du corps vers la sienne, afin de plongé son regard dans le sien. Ils étaient à peu près dans la même situation, niveau statut parentale, seulement elle, elle n’avait pas la certitude que sa mère était morte. Le jeune homme la connaissait désormais assez pour savoir que jamais, elle ne pourrait admettre une telle possibilité. Il ne pouvait pas réellement l’en blâmer, après tout, quel enfant serait prêt à admettre une telle possibilité pour ses parents. Seulement, il se demandait si la remarque ne se dirigeait pas vers lui, directement. Lorsqu’on lui parlait de ses parents, il était plutôt du genre agressif et en colère, donc peut-être n’était-il pas l’elfe fait pour ce poste.

" En conclusion, les elfes sont plus que jamais menacés et profondément désunis. Il est urgent de placer des personnes de confiance aux postes clef. "

Le jeune homme soutint le regard de la demoiselle, alors que celui-ci venait se planté dans le sien, prenant pleinement conscience de l’enjeu.

" Il ne s'agit pas de vous, ni de ce que je pense. Il s'agit de notre peuple. Nous avons besoin de créer un pouvoir fort et uni. Si vous devenez Protecteur de Cirdan Surion, nous pouvons mettre en place une alliance forte avec Daranovar et Aleandir. Maeglin comptait sur la puissance de son armée, mais si elle vous revenait, vous pourriez facilement prendre la main sur votre Dame Protectrice qui a depuis longtemps laissé les rênes à d'autres... il suffit de voir de quelle manière Maeglin en a profité. Nul besoin de guerre, vous montrer présent avec le soutien royal suffira amplement à ce que notre peuple vous fasse confiance. "

Avec les atouts que le protectorat de Cirdan Sùron offrait, il serait fou, en un sens, de ne pas saisir la chance. De plus, le garde du corps savait que si la demoiselle exposait ainsi les faits, c’était qu’elle avait confiance en ses qualités pour devenir protecteur.

" Notre roi ne souhaitait pas que je vous fasse part de tout cela... il craint que vous ne soyez effrayé par la tâche et que vous préfériez vous retirer. "

- Si vous m’aviez caché tout ça, les choses auraient pu s’avérer pire si je venais à prendre le poste…

Galyn croisa les bras sur son torse musclé et fixait la carte, d’un œil pensif. Les choses allaient-elles mal à ce point? Pourtant, personne ne démontrait qu’elles pouvaient l’être, mis à part la demoiselle, qui venait tout juste de lui en faire part. Le jeune homme, après plusieurs minutes de réflexion, décroisa finalement les bras et vint plonger son regard dans celui de la demoiselle.

- Je crois bien qu’il ne me reste plus d’autre choix que d’aller faire mes bagages…

Sur ces mots, il tourna les talons en direction de la porte, qu’il franchit sans regarder derrière lui. La réponse qu’il avait prononcée, sous entendait qu’il acceptait le poste qui lui était confié, malgré la lourde tâche qui l’attendait. Évidemment, le tempérament calme dont il pouvait faire preuve les pires situations qui soit, prouvait qu’il serait en mesure de maîtriser une situation de crise, si cela en venait jusque-là, chose qu’il n’espérait pas du moins.

**

Plusieurs jours s’écoulèrent encore, sans que Galyn et Nyrlae ne s’adresse la parole. Ils avaient un long voyage à préparer jusqu’à Daranovor et les préparatifs devaient être en place le plus rapidement possible, afin que l’ensemble se passe sans embûche. Il leur fallait tout d’abord déterminé une route sur, qui ne risquait pas d’attirer les embuscade de la part des sbires de Torlan, puisqu’il était évident pour tout le monde désormais que le tyran avait des hommes partout dans le royaume des elfes et nul doute qu’ils feraient tout ce qu’ils pourraient afin de ramener Torlan parmi eux. Ils leurs fallait également se préparer pour le procès. L’ensemble de ses préparatifs avaient nécessité beaucoup d’attention de la part de la demoiselle, mais également de Galyn. Il était son garde du corps après tout et son travail consistait à mettre la jeune femme en lieu sûr le plus rapidement possible.

Lorsque les préparatifs furent tous terminé, ils étaient déjà temps pour eux de se rendre jusqu’à Aleandir, la capitale, afin d’assister au procès de l’homme qui avait causé le plus d’ennui à Galyn, mais également suscité le plus de colère en lui. Le jour venu donc, Galyn glissa ses deux dagues dans les fourreaux prévus à cette effet et il agrippa l’énorme sac qui contenait l’ensemble de ses effets personnels en jetant un dernier regard vers la chambre qu’il avait habité pendant près de deux ans. Il ne comptait pas revenir après le procès, si les choses se déroulaient comme il le pensait. Il devrait assumer le poste de protecteur que Nyrlae et son père désirait lui confier et l’assumer pleinement, sans regret, comme le disais si bien la dame protectrice. Le jeune homme referma finalement la porte derrière lui et se dirigea immédiatement vers la grande cours qui se trouvait face au château.

Il y avait là, un attroupement qu’il se faisait rare de voir dans la cité de Daranovor. En effet, plusieurs hommes de la garde était présent, prêt à prendre la route afin d’assurer la sécurité de la dame. Il était primordial d’assurer sa sécurité, spécialement dans l’époque troublée qu’ils étaient en train de vivre et surtout après la tentative de Torlan de s’emparer de la fille du roi. Il y avait également un carrosse joliment travaillé qui attendait la venue de Nyrlae. Pour sa part, le garde du corps s’occupa lui-même de sceller son cheval, en prenant soin de bien attacher ses effets personnel sur ce dernier. Finalement, quand l’ensemble fut revérifié une énième fois, il agrippa le pommeau de sa selle et grimpa sur son cheval. Aussitôt le cheval se mis à bouger lentement et s’immobilisa lorsque le jeune homme prit la bride entre ses mains.

La demoiselle se décida enfin à sortir à son tour, suivit encore une fois de garde de part et d’autre. Le jeune homme se disait que Nyrlae ne devait pas apprécier d’être autant entourer et sur-protéger de la sorte, surtout qu’elle était elle-même une guerrière lorsqu’il s’agissait de tir à l’arc. Il lui restait évidemment quelques leçons d’escrime à avoir, mais ça ne pourrait pas être lui qui allait la former au corps à corps. Cette pensée lui fit détourner le regard, fixant un point de la route qu’ils ne tarderaient pas à fouler.

Quelques minutes plus tard, ils partirent enfin pour leur destination, qui se trouvait à plusieurs jours de route à cheval. Tout le monde était silencieux et aux aguets. Le jeune homme regardait droit devant lui, malgré qu’il se trouvait à la autour d’une des fenêtres du petit carrosse. Le fait que la demoiselle lui offrait, en quelque sorte, un poste de protecteur avait une grande importance pour lui, parce que sa valeur était reconnue. Cependant, il acceptait moins qu’elle se départisse de lui comme garde du corps. Il comprenait la nécessiter de combler un poste tel que celui-là, mais son poste de garde du corps lui plaisait également, même si contrairement aux autres gardes du corps, depuis presque deux ans, il avait affronté des choses que peu de gens avait fait.

Le premier jour et la première nuit du trajet se passèrent sans encombre et ils progressaient à une vitesse relativement rapide, vu le nombre de gardes présent. Ils avaient emprunté la route commercial, simplement parce qu’elle était beaucoup plus achalander et qu’il était beaucoup plus aisé de se faire attaquer sur une route déserte qu’achalandé. La deuxième journée se passa également sans encombre et se déroula sensiblement de la même manière, sauf que Lören leur en faisait voir de tous les couleurs. Ce fût pendant la troisième journée de voyage, que tout changea. La route était étrangement calme et personne à l’horizon, ce qui était anormal, compte tenu du fait qu’ils étaient sur une route commercial. Fronçant les sourcils, le jeune homme commença par observer les alentours, suspicieux. Il était impossible que personne ne se trouva sur cette route à une heure pareil.

Ce fut à ce moment précis qu’un ordre d’une vingtaine d’hommes sortis des buissons, armes en main et prêt à s’en servir. Ils bloquèrent aussitôt l’accès au convoi, les forçant à s’arrêter. Ils ne se trouvaient plus qu’à une journée de leur destination et il fallait que ça leur tombe dessus. Le garde du corps serra légèrement la bride dans ses mains, tout en fixant leurs adversaires. Il voulait évaluer leur force et à n’en croire la façon dont ils tenaient leur armes et tout, ils étaient expérimenté. Le combat risquait d’être rude et nul doute que la cible se trouvait dans le carrosse. L’assaut fut finalement lancé par l’un des hommes, couvrant ainsi le silence pesant par des bruits d’épées qui s’entrechoquait. Réagissant aussitôt, Galyn tira son arc et tira une flèche de son carquois afin de visé l’ennemi. Ses flèches atteignirent toujours leur cible, permettant ainsi aux gardes de la dame protectrice de prendre un certain avantage. Cependant, l’avantage fut de courte durée, puisque d’autre hommes se mirent à sortir du couvert des arbres afin d’attaquer le convoi.

Galyn fit aussitôt pivoter son cheval en se dirigeant vers le carrosse, qui c’était immobiliser lors du début de l’attaque. Le jeune homme ouvrit aussitôt la porte et posa directement son regard dans celui de la jeune femme en lui tendant son bras. Cela faisait déjà deux jours qu’ils étaient prêt l’un de l’autre et qu’il ne lui adressait pas un regard, elle devait donc comprendre que s’il le faisait maintenant, c’était bien parce qu’il y avait urgence. Il se devait de la sortir de là et de la maintenir en sécurité. Comme convenue, en cas d’attaque, elle devrait aller avec lui et s’éloigner le plus possible des conflits armée. Lorsqu’elle se décida finalement à saisir son bras, le garde du corps la tira vers lui et la fit grimper derrière lui. Il saisit aussitôt la bride de son cheval pour le faire courir en direction des arbres. Traversé le champ de bataille ne fut pas sans danger et Galyn se mérita un coup de lame sur la jambe qui lui tira un léger gémissement de douleur. Pourtant, il ne perdit pas sa concentration sur la tâche à accomplir et ils réussirent à se faufiler entre les arbres.

La course folle du cheval où se trouvaient Galyn et Nyrlae dura pendant une longue période de temps. Le jeune homme ne voulait pas risquer qu’ils se fassent rattraper, mais en même temps, ça jambe perdait beaucoup de sang. Le jeune homme sentit sa concentration diminuer, alors qu’ils avaient franchi une bonne distance. Le plan avait été simple, s’ils se faisaient attaqués, ils devaient tous se rencontrer à Aleandir deux jours après l’attaque, dépendant quand est-ce que celle-ci aurait lieu. Le garde du corps décida d’arrêter son cheval aux abords d’une petite maison qui semblait abandonner, au plein cœur de la forêt. Galyn descendit du cheval en prenant appui sur ce dernier, afin d'éviter à sa jambe de céder sous son poids et regarda la demoiselle.


- Vous n'avez rien?, dit-il en grispant légèrement la bouche, du à la douleur que lui causait sa jambe saignante.

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Nyrlae Lanthaloran

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MessageSujet: Re: Des ennuis en perspective   Dim 22 Juil 2012 - 16:22

" Si vous m’aviez caché tout ça, les choses auraient pu s’avérer pire si je venais à prendre le poste… "

Nyrlae ne put soutenir son regard plus longtemps et replongea sur la carte qu'elle connaissait pourtant par coeur. Galyn ne se rendait pas vraiment compte de ce qu'il était en train de dire. On n'effrayait pas le peuple avec la réalité. Elle avait essayé d'être la plus claire possible, la plus explicite, mais la gravité de la situation était sans doute encore pire que ce qu'elle avait évoqué. Qu'il soit informé ne changerait rien. Et s'il n'y avait eu que ça...

Elle se força à le regarder à nouveau lorsqu'il plongea son regard dans le sien et ses mots lui firent l'effet d'une claque. Faire ses bagages. Il acceptait. Elle ne ressentit pourtant aucune joie. Pas vraiment de soulagement non plus. Elle se laissa retomber dans un fauteuil plus qu'elle ne s'assit, les jambes coupées. Il fallait qu'elle contacte son père au plus vite.

***

Les jours suivants s'écoulèrent en préparatifs pour le voyage. Nyrlae avait délégué cet aspect à Galyn, lui laissant carte blanche pour s'assurer de sa sécurité. Pour sa part, elle s'était penchée avec son père sur le procès et l'avenir du Protectorat de Cirdan Surion, dans des discussions télépathiques qui la laissaient épuisée avec un bon mal de tête. Cela ne l'empêchait pas de passer le reste de son temps à discuter des mêmes questions au sein du conseil. Elle aurait voulu en parler également avec le principal intéressé, mais Dyarque ne l'entendait pas de cette oreille et Nyrlae n'était de toute manière pas certaine d'être capable de regarder le garde du corps en face.

Le jour du départ elle s'installa dans le carrosse, souriante et sûre d'elle face au peuple. Intérieurement, elle était surtout tendue et inquiète à l'idée de devoir faire face à Torlan et aux risques du trajet. D'ailleurs, elle avait gardé son arc auprès d'elle, juste par mesure de sécurité. Elle le mit discrètement de côté, ne voulant pas vexer ceux qui la protégeaient.

Le carrosse était confortable mais ce qui intéressait surtout Nyrlae était la possibilité de travailler à l'intérieur. Lören l'accompagnait, agrémentant le trajet de discussions légères que la Dame Protectrice n'écoutait que d'une oreille, d'humeur plutôt morose. Elle ne s'occupait pas davantage de la silhouette de Galyn qui se découpait par la fenêtre. Dyarque avat décidé d'exposer lui-même la façon dont serait mené le procès au jeune homme. Pour le moment, ils n'avaient donc rien à se dire.

A la nuit, ils changèrent de chevaux et repartirent immédiatement, la jeune femme s'autorisant de brefs sommes, bien que comme les autres elle n'ait pas grand besoin de dormir. Le lendemain, Lören décida de savoir pourquoi Nyrlae se montrait aussi sombre, la dérangeant sans scrupule dans son travail. Si la Dame Protectrice se montra un temps patiente, la dame de compagnie alla un peu trop loin quand elle supposa avec malice que Nyrlae se désolait de la démission de Galyn, assez fort pour que lui aussi entende. La discussion se conclut abruptement par la promesse glacée de Nyrlae de faire courir Lören derrière l'attelage si elle ouvrait encore la bouche. Promesse qui serait tenue en cas d'insistance déplacée, à en juger par le coup d'oeil foudroyant de Nyrlae. Après quoi cette dernière se replongea dans ses papiers, encore plus fermée qu'avant.

Concentrée sur son travail, Nyrlae ne prit conscience que quelque chose clochait que lorsque le carrosse stoppa brutalement. Elle réagit en prenant son arc et encochantt une flèche, tout en ayant conscience que pour un combat au corps à corps, il y avait mieux. Un coup d'oeil à la fenêtre lui donna une idée de ceux qui leur barrait le passage. Ils attaquèrent. Le coeur battant, elle ignora Lören qui lui glapissait de se terrer dans le carrosse et se mit à viser consciencieusement tous ceux qu'elle avait dans son champ de vision. Un, deux... le troisième tomba alors que Galyn ouvrait la porte et lui tendait une main qu'elle s'empressa de saisir pour se hisser avec aisance derrière lui.

En selle, elle s'accrocha à lui, non sans lâcher son arc. Si elle n'envisageait pas de se battre au corps à corps au moins était-elle assez bonne archère et cavalière. Elle abattit un nouvel assaillant. Tuer lui faisait au moins autant mal que d'abandonner la pauvre Lören et ses cris d'orfraie ou même ses hommes... mais c'était la décision la plus sage. Elle n'eut plus l'occasion de faire quoi que ce soit pour eux et dès qu'ils s'engagèrent entre les arbres, elle se cramponna à Galyn, guettant derrière eux d'éventuels assaillants.

Le fracas de la bataille disparut bientôt et après un long moment, Galyn fit s'arrêter son cheval. Nerveuse, la jeune femme sauta à terre et observa les alentours. Encore choquée par l'attaque, elle n'avait qu'une peur, voir débouler de nouveaux assaillants qui les auraient suivis.


" Vous n'avez rien ? "

La question la fit redescendre sur terre. Nyrlae secoua la tête.

" Non, je vais très bien. "

Sa pâleur semblait démentir ses efforts pour paraitre en pleine forme. Mais ce ne fut rien à côté de la teinte livide que son visage prit lorsqu'elle s'aperçut que galyn, lui, était blessé.

" Vous... "

Elle le regardait avec de grands yeux. Il devait se souvenir qu'elle n'avait rien d'une bonne infirmière. La vue du sang l'impressionnait déjà suffisamment en elle-même. Mais Nyrlae n'était pas non plus du genre à rester les bras ballants et elle ne tarda pas à prendre les choses en main aussi bien qu'elle le pouvait. C'était simple : tous deux devaient absolument rester en vie.

Elle eut tôt fait d'aller vérifier que la cabane était vide et revint chercher Galyn en lui prenant un bras pour qu'il s'appuie sur elle. Elle le mena ensuite à une paillasse et se servit d'un des lambeaux de son pantalon pour appuyer sur la blessure. Elle ressortit ensuite aussi vite dans l'idée d'attacher leur monture qui leur serait plus qu'utile lorsqu'ils repartiraient. Mais pour le moment, le plus urgent était de soigner Galyn du mieux qu'ils pouvaient. Enfin... du mieux qu'il pouvait, parce qu'elle ne savait pas comment s'y prendre. L'expression désemparée qu'elle affichait était assez parlante.


" Comment puis-je vous aider ? "

Elle se souvenait l'avoir déjà soigné une fois, mais à l'époque elle avait suivi ses instructions et là, elle ne se souvenait plus de rien, l'esprit complètement chamboulé. Puis elle se rappela de la présence du cheval : la sacoche qu'il portait avait été conçue pour servir dans ce genre de situation. Il devait y avoir de quoi soigner Galyn. La jeune femme se précipita dehors et revint avec la sacoche dans laquelle elle fouilla fébrilement. Un instant plus tard, elle en sortait une gourde d'eau, des bandages et même un pot d'onguent d'elle ne savait quoi.

" Je vais vous soigner, si vous le voulez bien, " annonça-t-elle d'une voix peu assurée.

Peut-être préférerait-il le faire lui même, elle ignorait s'il en était capable, mais elle avait les mains qui tremblaient tellement qu'elle ne savait pas si elle serait plus efficace. Elle était toujours sous le coup d'avoir tué des elfes, d'en avoir vu mourir d'autres et maintenant... Elle aida Galyn à dégager sa blessure tout en appuyant sur la plaie. Il aurait eu besoin d'un vrai médecin, pas d'une jeune femme qui se demandait si elle n'allait pas s'évanouir.

Elle se rassura un peu en se disant qu'après tout, ils avaient la chance d'avoir ce qu'il fallait pour les premiers soins et que Galyn n'était pas dans un état aussi dramatique que le jour où ils s'étaient retrouvés dans la grotte face au drow et aux nains.


" Est-ce que ça va aller ? "

Elle le dévisageait comme s'il risquait de mourir dans la minute.
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Galyn Talassi

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MessageSujet: Re: Des ennuis en perspective   Lun 23 Juil 2012 - 17:42

Les mots du jeune homme n’avait pas semblé faire l’effet escompté chez la demoiselle, mais comme elle ne cessait de tenter de le convaincre, quel autre option lui restait-il? Il n’y voyait aucun soulagement dans son regard et elle ne pouvait pas non plus lire de l’envi dans celui du garde du corps, alors qu’il devrait céder la place qu’il appréciait occupée.

**

Au moment du départ, l’arc que tenait la demoiselle n’avait pas échappé au regard de Galyn, prouvant que, malgré la garde chargée qui l’accompagnait, elle éprouvait tout de même le besoin de se protéger grâce à l’arme qui lui était sacrer et qu’elle savait manier mieux que quiconque dans le comté. Pour sa part, rien ne lui avait été dit concernant le poste de protecteur qui l’attendait, mis à part les propos de la demoiselle alors qu’ils se trouvaient dans la bibliothèque. C’était probablement l’une des dernières fois qu’ils se retrouveraient en ce lieu. Galyn se doutait bien que Nyrlae avait déjà prévenue son père concernant la décision qu’il avait pris pour le poste de protecteur et il se doutait bien que Dyarque risquait de vouloir lui-même régler la question en personne.

Pendant la deuxième journée, tout se passait dans le calme, jusqu’à ce que Galyn attendent les paroles de Lören filtrer aux travers de la porte peu épaisse du carrosse. Le regard que lança le garde du corps vers l’habitacle où se trouvaient Nyrlae et Lören était tout aussi cinglant que le ton que venait tout juste d’employé la demoiselle. Lören avait toujours trouvé le moyen de les énervés tous les deux, à sa façon particulière d’aborder des sujets hors sujets. Les choses ne changeraient décidemment jamais avec elle.

Le troisième jour de voyage fut le plus rude, simplement parce que l’attaque tant attendu allait survenir. Il avait été évident que la demoiselle ne pouvait pas se déplacer pendant près de quatre jours, sans qu’une attaque ne survienne afin de lui bloquer la route pour qu’elle n’accède jamais aux terres de son père et ainsi, témoigne contre le tyran qu’était Torlan. Comme prévu, les hommes qui se trouvaient devant le convoi avaient pour mission de gagner du temps, ce qu’ils firent du mieux qu’ils le purent. Plusieurs d’entre eux tombèrent sous les coups expérimentés de leur adversaire, mais ils réussirent tout de même à garder une bonne distance entre les assaillants et le carrosse, le temps que Galyn puisse amener la jeune femme en sécurité. Les traits que lançait la demoiselle permettait également de ralentir leur avancé. Heureusement pour lui, Galyn n’eut guère besoin de faire valoir son point, alors que la jeune femme saisissait la main qu’il lui tendait. Le fait qu’elle continue d’encocher des flèches, alors qu’ils avançaient à travers les ennemies, permettait à Galyn de se concentrer davantage sur la poursuite que sur les hommes qui se battaient. De plus, cela leur permettait de se frayer plus facilement un chemin à travers les fracas de la bataille qui avait lieu tout autour d’eux.

Rendu sous le couvert des arbres, le jeune homme sentit l’étreinte de la demoiselle se resserrer autour de lui, prouvant qu’elle était non seulement éprouvée par ce qui était en train de se déroulé derrière eux, mais également qu’elle ne tenait pas particulièrement à perdre pied de la selle. Lorsqu’ils s’arrêtèrent finalement, Galyn observa les alentours pendant un moment et débarqua lorsqu’il fut assuré que rien ne clochait dans les environs.


" Non, je vais très bien. "

Au moins, elle n’était pas blesser à vue d’œil et si elle lui confirmait qu’elle allait bien, cela signifiait qu’elle ne ressentait aucune douleur, ce qui n’était pas son cas. La douleur de sa jambe lui tirait légèrement les traits et malgré sa tentative de conserver un visage aussi neutre que possible, la jeune femme se rendit bien compte que quelque chose clochait. Au final, lorsque le jeune homme porta réellement attention au visage de la demoiselle, elle ne semblait guère bien aller et la vue de sa blessure lui rappela qu’elle ne supportait que difficilement la vue du sang et vu la quantité qu’il avait déjà perdu. Rien pour arranger les choses.

Heureusement pour lui, malgré le fait qu’elle ne supportait pas la vue du sang, Nyrlae n’était pas du genre à rester les bras croisé et elle s’activa aussitôt, sans qu’il ne lui dise exactement quoi faire. Quand il la vit partir vers la cabane, il était plutôt réticent à l’idée de la laisser y aller seule, simplement parce que c’était lui qui était censé vérifier ce genre de chose et non l’inverse.
Pendant tout le temps qu’elle passa dans la cabane, le jeune homme était tendu, parce qu’il ignorait si la cabane était bel et bien sûr. Cependant, ses craintes s’envolèrent alors qu’il vit la silhouette de la demoiselle sortir et venir lui porter secours afin qui ne perde pas pied. Galyn se força à ne pas trop s’appuyer sur la jeune femme, mais la suivit tout de même jusqu’à l’intérieur avant de prendre place sur la paillasse qu’elle avait trouvée. Lorsqu’il sentit la pression sur sa blessure, cela lui tira un léger tressautement instinctif à la jambe, comme s’il tentait de se soustraire à cette douleur supplémentaire, mais il savait que c’était nécessaire pour se soigner.

Le regard fantomatique du garde du corps suivit la demoiselle, alors qu’elle s’aventurait de nouveau à l’extérieur. Qu’est-ce qu’elle pouvait bien faire? Il n’était pas du tout prudent de sortir à vue comme ça, sans lui surtout. Seulement, le geste de la jeune femme pour la monture leur assurait d’en avoir toujours une lorsqu’il serait soigné. Lorsqu’elle revint vers lui, l’expression qu’arborait la demoiselle était assez évoquant pour qu’il sache qu’il devrait de nouveau se soigner lui-même, simplement parce qu’il connaissait davantage les techniques de guérison que l’archère.


" Comment puis-je vous aider ? "

L’aidez? Seulement, avant même qu’il ouvre la bouche pour lui faire comprendre ce qu’il voulait, elle se précipitait de nouveau à l’extérieur et là, le jeune homme ne put retenir un froncement de sourcil. Décidément, il y avait quelque chose à l’extérieur de beaucoup plus agréable que la vue du sang, d’après le comportement de la jeune femme, à moins que ça ne soit pour aller chercher le matériel médical qu’il avait pris soin de chargé avant de partir de Daranovor? Ce qu’elle tenait en main à son retour, le conforta dans cette idée et il se félicita mentalement d’avoir pensé à cette trousse de secours.

" Je vais vous soigner, si vous le voulez bien, "

La voix peu assurée de la jeune femme prouvait qu’elle ignorait complètement par où commencer. Il se décida finalement à saisir ses mains tremblantes dans les siennes afin de la rassurer du regard.

- Si vous voulez m’aider, il vous faudra tout d’abord vous calmer, dit-il d’un ton qui ne faisait pas place au reproche.

Finalement, quand ses mains cessèrent de trembler, il lui dit que la première chose à faire était de dégager sa plaie, ce qu’elle fit dans l’immédiat, alors que Galyn se saisissait de la gourde d’eau posé sur le sol.


" Est-ce que ça va aller ? "

- Ce n’est pas la première blessure que je subie, murmura-t-il comme pour lui rappeler les nombreuses mésaventures qui avait failli lui couter la vie.

La remarque pouvait sembler cinglante, mais véridique à la fois. Le jeune homme commença par désinfecter lui-même la plaie, grâce à l’eau que contenait la gourde. Il était bien important de le faire immédiatement, puisqu’ils ne savaient pas si la blessure pouvait contenir du poison. Ensuite, il donna les instructions à Nyrlae au fur et à mesure que cette dernière s’exécutait. Il lui fallait d’abord appliquer l’onguent sur la blessure, afin d’aider cette dernière à cicatriser et ensuite appliquer les bandages le plus solidement possible, afin de stopper tout hémorragie. De plus, il ne fallait pas mettre les bandages trop serré, afin de ne pas couper complètement la circulation de la jambe.

L’ensemble de l’opération prit plusieurs minutes, simplement parce qu’il fallait à la demoiselle beaucoup de précaution afin de ne pas faire souffrir davantage Galyn, mais également pour se calmer à la vue du sang qui se trouvait sur sa jambe. Quand le tout fut terminé, le jeune homme se permis de prendre une grande gorgée d’eau dans la gourde et se redressa sur ses jambes afin de voir si elles pouvaient le supporter moyennement longtemps. Seulement, l’opération s’acheva par une grimace de sa part et une retombée sur la paillasse assez raide. Il ne pourrait pas marcher et l’idée d’avoir uniquement une monture de les avantageait guère.


- Il nous faudra acheter une monture supplémentaire aussitôt que possible, afin de ne pas perdre de temps, surtout qu’une monture à supporter nos deux poids ne risque pas de faire long feux. Nous devons nous rendre le plus rapidement à Aleandir, puisque c’est là que nous serons le plus en sécurité.

Parler de manière tactique lui faisait presque oublier la douleur et le ressentiment qu’il éprouvait envers la demoiselle de l’envoyer à Cirdan Suron. Certes, le poste était visé par plusieurs personne, mais de là qu’elle se débarrasse de lui. Il se décida finalement à plonger son regard dans celui de la jeune femme.

- Vous allez devoir changer de vêtement. Votre robe n’est pas pratique à cheval et vous vous ferez trop facilement reconnaître. Si vous regarder dans la sacoche droite accrochée sur le cheval, vous trouverez un pantalon ainsi qu’une chemise. Une cape pourra également vous être pratique, si nous rencontrons des gens.

L’astuce était simple, ils devaient passer le plus inaperçu possible et avec toute l’adrénaline de la bataille, Galyn se doutait bien que la demoiselle n’avait pas pris la peine de prendre des vêtements de rechange avec elle. En revenant dans la pièce, vêtement en main, le jeune homme se rendit bien compte qu’un truc clochait…il n’y avait qu’une seule pièce dans cette cabane et donc aucun endroit où la jeune femme pouvait se changer.

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MessageSujet: Re: Des ennuis en perspective   Mer 25 Juil 2012 - 16:43

" Si vous voulez m’aider, il vous faudra tout d’abord vous calmer. "

Nyrlae hocha la tête, le laissant prendre ses mains. Le contact l'apaisa et elle finit par esquisser un sourire incertain, un peu honteuse de s'être laissé aller à la panique. Ils étaient tous les deux vivants et apparemment personne ne les poursuivait. Il n'y avait plus de quoi s'affoler.

Elle fit ce qu'il lui demandait, s'enquerrant tout de même de son état. La réplique quelque peu sèche lui fit lancer un regard un peu étonné. Il l'avait prise de court, mais elle ne releva pas, préférant continuer à le soigner. Elle faisait ce qu'elle pouvait pour ne pas le faire souffrir, mais sans aucun anesthésiant, c'était peine perdue malgré ses gestes délicats.


" Vous devriez attendre un peu, " protesta-t-elle lorsqu'il voulu se relever.

Qu'il se rasseye aussitôt suffit à lui donner raison. Elle acquiesça à chacun de ses mots mais ajouta finalement :


" Mon père m'a contactée chaque jour à la même heure. Il le fera de nouveau. Je préfère être ici lorsque cela arrivera plutôt qu'en train de me déplacer. "

Il devait savoir qu'elle ne serait pas en état de monter à cheval pendant et immédiatement après la conversation.

" Ce devrait être dans une heure à peine. Le temps au cheval de se reposer... Je vais aller voir si je peux le soulager un peu. Je serai prudente, conclut-elle en anticipant une éventuelle protestation. Ne bougez pas, vous aurez besoin de toutes vos forces lorsque l'on repartira ! "

Elle ne lui laissait pas le choix, préférant agir plutôt que rester là dans cette ambiance quelque peu tendue. Elle ne dessella pas l'animal mais se contenta de desserrer les sangles pour le laisser respirer plus librement. Heureusement, Anaëh était fertile en ruisseaux et elle n'eut presque pas à s'éloigner pour permettre à leur monture de s'abreuver. Elle passa tout ce temps aux aguets, une flèche encochée dans son arc et scrutant les buissons, le coeur battant.

Rentrer dans la cabane la soulagea. Elle avait rattaché le cheval à proximité et apportait la chemise et le pantalon trouvés dans la sacoche. Elle n'aurait pas dû se sentir particulièrement gênée de se changer devant Galyn - après tout, les elfes n'ont pas l'esprit aussi mal tourné que les humains ou les drows, c'est bien connnu ! - mais elle ne put s'empêcher de lui tourner le dos après lui avoir jeté un coup d'oeil qui le dissuadait de laisser traîner ses yeux où il ne fallait pas.

Le pantalon fut ajusté avec une cordelette à la taille et si la chemise était un peu grande et avait tendance à glisser d'une épaule à l'autre, au moins ne reconnaissait-on plus une tenue de Dame Protectrice. Nyrlae termina la transformation en se nattant les cheveux et en y supprimant la parure qui les retenaient.

Elle achevait de se recoiffer lorsque le contact mental eut lieu. Elle s'assit aussitôt, se mettant à parler la première :


" Bonsoir, père. "

Sa voix n'était pas très assurée. Annoncer la catastrophe était loin de lui faire plaisir. Il y eut un bref instant de silence pendant lequel Dyarque répondit.

[...............................................]

Nyrlae soupira avant d'exposer les faits avec une nervosité qu'elle maîtrisait mal :

" Nous avons été attaqués. Je me suis enfuie avec l'aide de Talassi. Il est blessé... "

[........]

Coupée, elle secoua la tête :

" Non, je vais bien. "

[...............................]

" A la jambe. La blessure est assez profonde pour l'empêcher de marcher pour le moment. "

[....................................]

" Oui, mais qui ne tiendra pas jusqu'à Ael... "

[.............................................]

" Très bien. Mais G...Talassi n'est pas en état de... "

Elle fut à nouveau interrompue, ce qui lui fit froncer les sourcils.

[..................................................................................................................]

" Il proposait de passer sans être reconnus. "

[.......................................... Nyrlae hocha la tête, ........................................
.......................................................................................]

" Très bien. D'autres instructions ? "

[.........................................................................]

Le visage de la jeune femme s'assombrit.

" Père... "

[.................................................................]

Nyrlae jeta un bref coup d'oeil à Galyn. Elle était de toute évidence contrariée et elle baissa d'un ton, comme si elle ne tenait pas à ce qu'il la voie se montrer en opposition avec son père.

" Je n'en sais rien. Rien de particulier. Je ne veux pas avoir cette conversation. "

Mais apparemment elle n'avait pas le choix et elle prit son visage entre ses mains.

[.........................]

La réponse qui suivit était sèche bien qu'elle semble retenir ses larmes.

" Pas pour cela. "

[...............................]

" On a toujours le choix. "

[................................................................................................................
...............................................................]

Nyrlae serra les dents, fronçant les sourcils. Apparemment, sa patience était en train d'atteindre ses limites. Si elle se forçait à garder un niveau sonore assez faible, elle bouillait intérieurement.

" J'ai fait exactement ce que nous avions prévu jusqu'à présent. Nous serons à Aelandir dès que possible. "

[....................................................................]

" J'ai compris ! "

Le cri avait fusé. La contrariété avait fait place à un mélange de peine et de colère.

[........................................................................................................................
..........................................................................................]

" Père... "

Une supplique... La jeune femme rendait les armes, la tête basse.

[.....................................................]

Le contact mental fut rompu, ce qui fut flagrant à voir la façon dont elle se relâcha. Nyrlae se prit à nouveau la tête entre les mains. Elle serait volontiers allé prendre l'air dehors, mais il valait mieux se montrer prudente. Elle mit quelques minutes avant de se reprendre assez pour s'adresser à Galyn d'un ton qui se voulait neutre :

" Il nous demande de nous rendre à Enale, qui est sur le chemin pour Alëandir. Des hommes à lui nous y attendront et nous escorteront jusqu'à la capitale discrètement. Il approuve l'idée de ne pas se faire reconnaître. "

Elle se sentait épuisée, comme après chacune de ces conversations mentales. Sachant que c'était son père qui prenait la plus grande part de fatigue dans l'opération, elle se demandait dans quel état il pouvait être après une discussion comme celle-là.

" J'ai besoin que vous m'accordiez un peu de temps. Je ne suis pas en état de monter pour le moment. "

Ses traits tirés étaient assez parlants. Sans compter qu'elle semblait toujours aussi contrariée par ce qui s'était dit. Elle eut un frisson, s'enroula dans la cape et garda le silence le temps de récupérer. De toute manière, il devait lui aussi avoir besoin de se poser un peu tout comme leur monture devait apprécier de se dégourdir les jambes.

Mais au bout de quelques longues minutes de silence, elle demanda soudain :


" Si... si je ne vous avais pas demandé d'accepter le poste de protecteur... vous l'auriez malgré tout demandé, n'est-ce pas ? "
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MessageSujet: Re: Des ennuis en perspective   Mar 14 Aoû 2012 - 1:11

Le regard étonné de la demoiselle, après sa remarque sèche, ne fit pas grand effet sur Galyn. Elle l’avait bien entendu et elle ne semblait pas du tout comprendre pourquoi il lui avait répondu de la sorte. Pourtant, pour lui, la réponse était simple comme tiré à l’arc. Lorsqu’il essaya de se relever, il préféra faire à sa tête plutôt que d’écouter la jeune femme et cela lui valut une vive douleur au niveau de la cuisse, où se trouvait sa blessure. Cette satanée jambe ne risquait pas de tenir long feu si elle n’était pas soigner avec davantage de soins spécialisés. Il espérait simplement ne pas en garder des séquelles qui risquaient de lui causer un boitement régulier pour le restant de sa vie.

" Mon père m'a contactée chaque jour à la même heure. Il le fera de nouveau. Je préfère être ici lorsque cela arrivera plutôt qu'en train de me déplacer. "

- Oui, c’est compréhensible. De plus, il sera plus aisé de vous protéger ici, qu’en pleine forêt où les attaquent pourrait fusée de toute part.

La remarque n’avait pas pour but de piquer la demoiselle, mais c’était un fait. Après une attaque comme ils venaient de subit, mieux valait pour eux de resté très discret. Cependant, le jeune homme se demandait quel serait le sujet de conversation de Nyrlae et son père, mis à part l’attaque et le plan qui n’aurait d’autre choix que de changer entre temps. Dyarque n’aimerait certainement pas que cela leur prenne davantage de temps ce rendre jusqu’à la capital, puisque le procès n’aurait d’autre choix que d’être retardé d’une journée ou deux, mais au moins, il avait toujours une âme pour pouvoir témoigner. Malgré ses nombreux pouvoirs magiques, Galyn se doutait bien que le roi n’avait pas le pouvoir de communiquer avec les morts ou de les ramener à la vie. Sinon, il l’aurait déjà fait avec sa propre femme, si cette dernière avait trépassée et passée de l’autre côté.

" Ce devrait être dans une heure à peine. Le temps au cheval de se reposer... Je vais aller voir si je peux le soulager un peu. Je serai prudente, conclut-elle en anticipant une éventuelle protestation. Ne bougez pas, vous aurez besoin de toutes vos forces lorsque l'on repartira ! "

Le garde du corps fronça les sourcils en la voyant se lever pour aller s’occuper du cheval. Il aurait bien protesté, mais elle avait réagi trop rapidement. Même si elle lui garantissait qu’elle serait prudente, ça ne serais pas d’elle qu’il aurait peur, mais bien de tous les dangers qui pouvait survenir en forêt. Par chance, il pouvait observer les gestes de la jeune femme à travers la fenêtre et rien ne semblait être alarmant. Lorsqu’elle entra de nouveau dans la cabane, le soulagement fut partager, simplement parce qu’il n’était pas en état pour la protéger et comme c’était sa profession, jusqu’à nouvelle ordre…Il se devait de la respecter. Comme il lui avait dit quelques minutes plus tôt, elle ramena l’essentiel pour pouvoir se changer et ainsi, passer davantage inaperçus lorsqu’ils sortiraient de là.

Le regard que lui lança la demoiselle avait pour but de le dissuader complètement ne serait-ce que de jeté un bref regard dans sa direction alors qu’elle se changeait, complètement logique après tout. Le garde du corps détourna le regard en essayant de se concentrer sur les poutres qui soutenait la petite cabane, mais à un moment…son regard glissa vers le derrière de la tête de Nyrlae, alors qu’elle enfilait la chemise, trop grande pour elle. Ainsi, elle avait terminé de d’habiller et lorsqu’elle se retourna finalement, il détourna le regard complètement, légèrement gêner. En fait, il mettait plutôt ça sur le compte de la relation employeur/employé qu’ils avaient et la situation était tout à fait…inapproprié…


" Bonsoir, père. "

Galyn comprit que le contact mental avait finalement été établit, lorsque la jeune femme prit rapidement place en position assise tout près de où est-ce qu’il se trouvait. Il lui fallait énormément de concentration afin de conserver le contact avec son père, même si la grande partie du travail était fait par lui. La description des événements ne semblaient pas du tout faire plaisir à Dyarque, mais les faits étaient tels qu’ils étaient et ils n’y pouvaient rien. Le sujet vint assez rapidement sur son cas, annonçant la blessure qu’il portait désormais à la jambe et qui risquait de les ralentir d’une journée, tout au plus. La conversation énerva Galyn plus qu’autre chose. Il n’en entendait que des bribes et non l’entièreté de celle-ci, ce qui pouvait laisser de mauvaise impression. Surtout lorsqu’il sentait que la demoiselle avait besoin de le défendre auprès de son père. Il voulait le laisser derrière pour qu’elle arrive plus rapidement? C’est ça? Cependant, il n’avait pas pensé que les choses pouvaient être pire si l’archère se déplaçait seule plutôt qu’accompagnée?

Désormais, le sens de la conversation ne semblait pas plaire du tout à la jeune femme et le regard qu’elle lui lança, fit froncer les sourcils à Galyn. De quoi pouvait-il bien parler, sans qu’il puisse entendre. C’était embêtant tout ça et très contrariant.
Quelques instants s’écoulèrent encore


" J'ai fait exactement ce que nous avions prévu jusqu'à présent. Nous serons à Aelandir dès que possible. "

Ce qu’ils avaient prévus? Cette conversation commençait à devenir de plus en plus étrange et Galyn avait bien l’intention de revenir sur le sujet un coup que la jeune femme ce soit reposer assez pour être pleinement en forme. La colère soudaine de la jeune femme étonna le garde du corps et il se demandait ce qui pouvait bien contrarier à ce point la demoiselle pour qu’elle tienne tête à son père de la sorte. Lorsque le contact mental fut rompu, le jeune homme constata que le corps de la jeune femme était beaucoup plus détendu, ce qui était un annonciateur assez parlant.

" Il nous demande de nous rendre à Enale, qui est sur le chemin pour Alëandir. Des hommes à lui nous y attendront et nous escorteront jusqu'à la capitale discrètement. Il approuve l'idée de ne pas se faire reconnaître. "

Il hocha doucement la tête, content que le roi approuve au moins l’une de ses idées. Pour ce qui était pour le reste, il en était beaucoup moins sûr. Il devait probablement penser que toute cette affaire aurait pu être évitée si Galyn aurait préférer révéler son identité de suite et faire part à la demoiselle des événements entourant la mort de ses parents. Il avait ses raisons et il savait que la jeune femme les savait, ses raisons, elle.

- Ça reste une escorte, dit-il en parlant des hommes qui les attendrait. Il n’y aura pas moyen de se faire discret si nous sommes escortés d’une dizaine d’hommes. Le risque d’attaque augmentera de nouveau à partir de ce moment. Deux personnes, sont plus discrètes.

C’était presque d’envoyé une missive aux hommes qui les avait attaqués. Galyn hocha brièvement la tête, alors que la jeune femme demandait à se reposer quelque peu. Pour sa part, il sentait toujours les battements au niveau de sa plaie, mais ceux-ci c’étaient légèrement amoindris, ne faisant pas diminuer la douleur pour autant.

" Si... si je ne vous avais pas demandé d'accepter le poste de protecteur... vous l'auriez malgré tout demandé, n'est-ce pas ? "

- En quoi cela peut bien vous intéresser. Vous m’avez poussez à prendre le poste de Protecteur, dit-il d’une voix sèche qu’on ne lui connaissait pas.

On pouvait sentir dans sa voix la colère qui l’avait habité pendant tout le trajet à cheval. Son regard fixait au dehors et il se décida finalement à tourner les yeux vers la demoiselle pour plonger son regard dans le sien. Pendant un long moment, il resta silencieux, sans la quitter des yeux et il détourna à nouveau son regard.

- Je vous ai déjà dit que j’ignorais la décision que j’aurais prise. Il est vrai que le poste de protecteur reflète ce que j’aurais probablement eu l’occasion de faire à la succession de mon père, mais j’ai choisi de devenir garde du corps. C’était par choix et par reconnaissance.

Pour quelqu’un qui disait qu’on avait toujours le choix, elle pouvait bien saisir la dernière partie de sa phrase. La reconnaissance était principalement envers son propre garde du corps lorsqu’il était jeune et que ce dernier avait donné sa propre vie pour sauver la sienne, ce que Galyn n’hésiterais pas à faire pour la demoiselle.

- Je deviendrai protecteur, comme le souhaite votre père et probablement vous…, murmura-t-il plus pour lui que pour Nyrlae.

Pour sa part, Galyn resta silencieux par la suite. Il était visiblement en colère, parce qu’il considérait cela comme une trahison, sans nécessairement en être une. Après une heure ou deux, il n’aurait su le dire, il se dit que c’était le moment de reprendre la route. Le soleil était encore haut dans le ciel et cela leur permettrait de gagner un petit village pour pouvoir y passer la nuit et ainsi prendre un peu d’avance pour la journée qui viendrait à venir. Il s’appuya un moment sur le lit pour prendre appui et se releva, en prenant soin de ne pas mettre de poids sur sa jambe et commença à sautiller boitiller jusqu’à la porte.

- Il est temps pour nous de reprendre la route. J’espère que vous êtes suffisamment en forme pour monter.

Tout en parlant, il continuait à avancer et finalement, il arriva jusqu’à la monture qui lança un coup de tête dans la direction du garde du corps. Ce dernier flatta doucement l’encolure du cheval en lui murmurant quelques paroles à l’oreille et monta en scelle, en se propulsant vers le haut avec sa jambe intact. Fin prêt, il tendit sa main à la demoiselle pour l’aider et quand ils furent tous les deux sur le cheval, Galyn lança le cheval à la marche. Il ne fallait pas épuiser la monture, afin que cette dernière tienne pendant une longue distance.

Pendant un long moment, le silence régna dans la forêt et rien ne semblait troubler la tranquillité des lieux. Le garde du corps avait tous les sens en alerte et regardait tout autour de lui, afin de s’assurer qu’ils n’étaient pas suivit ou épier. Ses mains tenaient fermement les rennes de la monture afin de bien la diriger à travers le sentier de terre battu qu’ils étaient en train d’emprunter.


- Qu’est-ce que vous vouliez dire tout à l’heure par : « Jusqu’à présent, tout ce passe comme nous l’avons prévu »?

Galyn était toujours intriguer par la conversation qu’il avait entendu, malgré la bonne volonté de la jeune femme de la faire la plus discrète possible.

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MessageSujet: Re: Des ennuis en perspective   Mar 14 Aoû 2012 - 20:41

Nyrlae soupira en entendant l'argument du jeune homme.

" En ce cas... Je pourrais me mêler à l'escorte en me faisant passer pour un garde. "

Elle ne voyait que ce compromis pour convenir à la fois à son père et au garde du corps. A vrai dire, la conversation l'avait suffisamment fatiguée pour qu'elle ait tout sauf envie de se lancer dans un débat. Et puis, un autre sujet la tracassait, qu'elle ne tarda pas à évoquer. La réponse qui claqua sèchement la fit se redresser, sur la défensive. Elle ne s'était pas attendue à cela. En revanche elle comprenait que c'était une rancoeur que Galyn entretenait depuis qu'elle l'avait convaincu d'accepter le poste, même si elle avait du mal à en cerner les raisons.

Quoiqu'il en soit, elle était choquée qu'il lui réponde de la sorte. Déjà parce qu'il sous-entendait qu'elle lui avait forcé la main sans tenir compte de ce qu'il avait pu penser et d'autre part... parce qu'il n'y avait pas grand monde qui se permettait de lui parler aussi sèchement et que son ego venait d'en prendre un coup. Et puis... et puis c'était tellement plus compliqué que tout ça, qu'elle prit la réponse comme une gifle qui lui fit aussitôt sortir les griffes :


" Je me demande bien pourquoi je me fatigue à vous poser la question, alors ! "

Leurs regards se croisèrent, elle soutint le sien avec colère. Une colère qui ne dissimulait pas tout à fait la peine qu'il lui faisait ou son malaise... Pour être honnête, elle ne savait plus où elle en était. Rester de marbre lors d'un conseil était une chose, mais elle n'avait jamais eu la colère froide et mesurée dans ce qui lui tenait à coeur. Et là, aussi absurde que cela puisse paraître, les accusations de Galyn la touchaient.

Enfin, le fait que le garde du corps soit en colère ne l'aidait pas, elle, à se calmer. Ses derniers mots furent la goutte d'eau qui fit déborder le vase et elle se leva, essayant de ne pas crier pour éviter d'ameuter les environs :


" Le sort de centaines d'elfes ne vous importe vraiment pas plus que ça ? Vous croyez peut-être que mon père est devenu roi par choix personnel pour le plaisir d'avoir à prendre de telles décisions ? Que je suis devenue Dame Protectrice parce que parader au conseil m'amusait ? "

Elle était furieuse et se calmait d'autant moins qu'elle ne cherchait pas à s'apaiser, sachant trop bien ce qui se passerait si elle n'était pas occupée à se fâcher.

" Mon père et moi souhaitons avoir un peuple fort et uni ! Alors oui, j'ai fait mon possible pour vous convaincre parce que je pense que vous pouvez nous y aider ! Et puis, ouvrez les yeux, par les Cinq ! Qui vous engagera comme garde du corps à présent que vous êtes reconnu comme descendant d'une grande famille ! C'est comme si je voulais devenir cuisinière ! Croyez-vous que beaucoup de familles m'engageraient ? "

Elle aurait pu partir en claquant la porte, il n'y aurait eu aucun risque, elle l'aurait fait. Au lieu de quoi, elle retourna s'asseoir en lui tournant le dos, s'enveloppa dans sa cape en rabattant le capuchon sur son visage pour qu'il ne la voit pas.


***

" Il est temps pour nous de reprendre la route. J’espère que vous êtes suffisamment en forme pour monter. "

Nyrlae aurait voulu dormir, mais elle n'y était pas parvenu. D'ailleurs, elle avait les yeux rouges lorsqu'il put enfin la voir en face, même si elle s'obstinait à éviter son regard. Elle rangea rapidement ce qu'ils avaient sorti de la sacoche et monta derrière Galyn sans un mot. Elle aurait pu laisser le garde du corps à cheval et suivre à petites foulées, mais si cela leur aurait permis de reposer leur monture, en cas d'urgence la situation se serait trop compliquée. Elle se tint donc derrière lui, son arc en main au cas où.

" Qu’est-ce que vous vouliez dire tout à l’heure par : « Jusqu’à présent, tout ce passe comme nous l’avons prévu »? "

Nyrlae se raidit.

" Que mis à part cet incident tout se passe comme prévu. "

Le ton était sec, elle lui en voulait encore.
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MessageSujet: Re: Des ennuis en perspective   Mer 15 Aoû 2012 - 21:31

La colère qui naissait dans les yeux de la Dame Protectrice, ne fit pas reculer Galyn sur ses impressions. Il lui en voulait et c’était clair à présent. Elle avait voulu mettre les choses aux claires et voilà qu’elle se mettait en colère parce qu’il l’avait fait! Les femmes étaient d’un compliqué! Les accusations de la part de la demoiselle ne tardèrent pas à fusée, elle aussi.

" Le sort de centaines d'elfes ne vous importe vraiment pas plus que ça ? Vous croyez peut-être que mon père est devenu roi par choix personnel pour le plaisir d'avoir à prendre de telles décisions ? Que je suis devenue Dame Protectrice parce que parader au conseil m'amusait ? "

- Vous me croyez donc égoïste à ce point, alors que je risque ma vie pour sauver la vôtre! Je connais la situation qui menace les elfes! Je suis donc bien placé pour comprendre que quelqu’un d’expérience ce doit d’être à ce poste!

Il avait hurlé tout en chuchotant, ne voulant pas non plus attiré les ennuis qui pourraient provenir des alentours. Désormais, tous les deux étaient en colères et leur regard ne se faisait que de plus en plus colérique à mesure que les minutes passaient.

" Mon père et moi souhaitons avoir un peuple fort et uni ! Alors oui, j'ai fait mon possible pour vous convaincre parce que je pense que vous pouvez nous y aider ! Et puis, ouvrez les yeux, par les Cinq ! Qui vous engagera comme garde du corps à présent que vous êtes reconnu comme descendant d'une grande famille ! C'est comme si je voulais devenir cuisinière ! Croyez-vous que beaucoup de familles m'engageraient ? "

- Vous! Vous m’avez engagée et garder comme garde du corps, tout en sachant la vérité à mon sujet. Qu’est-ce qu’il y aurait eu de différent?

**

Quand il fut le moment de quitter la cabane, le jeune homme n’était pas non plus de meilleure humeur que la demoiselle. Le trajet en forêt risquait d’être des plus intéressants. Lorsque le regard de Galyn se posa sur celui de l’archère, alors qu’elle chargeait l’équipement dans les sacoches du cheval, il fronça les sourcils, mais n’émit aucun commentaire. Elle pouvait aussi bien avoir les yeux rougis parce qu’elle avait pleuré ou parce qu’elle était fatiguée. Si elle avait pleuré, il n’en avait absolument rien entendu, peut-être trop concentrer a attisé sa colère. Quand Galyn osa finalement poser la question qui lui brûla les lèvres, même sans le voir, il sentit le corps de la jeune femme se raidir, comme si elle avait été prise à faire quelques choses qu’il ne fallait surtout pas qu’elle fasse.


" Que mis à part cet incident tout se passe comme prévu. "

Ce n’était pas le ton sec qu’elle avait employé qui fit le plus d’effet au jeune homme, mais bien la réponse en tant que telle. Elle lui cachait encore quelque chose et il commençait à croire que la situation prenait une ampleur insoupçonnée. De plus, toute les cachoteries qui se faisait depuis l’arrestation de Torlan et son éventuel entré en poste pour devenir Protecteur, devenait de plus en plus…étrange. Cependant, malgré ses doutes, le garde du corps choisi de conserver le silence, se disant qu’il était complètement inutile de parler de ce genre de chose ici, puisque la demoiselle s’entêtait, de toute façon, à lui cacher certaine chose ou plutôt, à omettre certains détails important.

La route continua dans un silence, autant tenu par le garde du corps que par la demoiselle. Tous deux semblaient perdu dans leur pensé et peu désireux d’entretenir une conversation avec l’autre, compte tenu de la colère qui les habitait. Cependant, rendu à un certain moment, le soleil commença à décliner dans le ciel et Galyn commençait à sentir la faim lui tenailler l’estomac. Ils leur faudrait trouver rapidement un petit village où ils pourraient loger pendant la nuit et se ravitailler. Heureusement pour eux, une toute dizaines de minutes leur suffirent avant de trouver un village sur leur chemin. Toujours aussi prudent, le garde du corps choisi de se mettre légèrement en retrait afin d’observer les différentes activités qui se déroulaient au village. Plusieurs villageois s’activaient sur la place publique, puisqu’il y avait là plusieurs marchands. Du point de vue à Galyn, il n’y avait absolument rien d’alarmant et il fit signe à la demoiselle qu’ils allaient gagner le cœur du village.

Lorsqu’ils arrivèrent, les sabots du cheval claquèrent sur le dallage de la place publique et plusieurs villageois se retournèrent sur leur passage, mais vu l’accoutrement que les voyageurs portaient, ils n’en firent pas grand cas et ils retournèrent à leur occupation première, marchander. Le regard expérimenté de Galyn ne manquait absolument rien de ce qui se passait tout autour d’eux et il gardait toujours une main posé sur sa cuisse, tout près de la garde de sa dague, par simple mesure de précaution. Il pouvait également sentir dans son dos que l’archère prenait le même genre de précaution que lui avec son arc. Comme le village n’était pas très grand, ils n’eurent aucun mal à trouver une auberge, qui semblait comporter plus de chambre qu’il n’y avait de villageois.


Arrivé juste en face, le jeune homme descendit du cheval, sans prendre appui sur sa jambe et attendit que la demoiselle soit descendue avant d’attacher leur monture sur ce qui semblait être un endroit pour attacher les chevaux. Galyn entra finalement dans l’auberge, suivit de Nyrlae et ils allèrent directement en direction du petit comptoir qui se trouvait au fond de la salle à manger. La dame qui se trouvait derrière était svelte et grande, puis lorsqu’elle se retourna, Galyn pu voir l’âge qui tirait légèrement ses traits. Elle devait être une elfe très ancienne pour avoir certain signe de vieillesse.

- Vous avez toujours une chambre de disponible?, dit-il en sortant sa bourse.

Le regard qu’elle leur lança à tour de rôle fit craindre au garde du corps qu’elle se doutait de qui ils étaient, tous les deux. Cependant, elle se tourna finalement vers Galyn, sans le quitter des yeux et lui lança une question qui le surpris plus qu’autre chose.

- Vous êtes unis?, dit-elle suspicieuse.

Le jeune homme haussa légèrement les sourcils, puis les fronça aussitôt. Ce n’était pas la première fois que quelqu’un pensait qu’ils formaient tous les deux un couple, mais là, la question semblait être primordiale. Surtout vu le regard que la jeune femme leur lançait. Il choisit de jouer la sécurité plutôt que l’honnêteté.

- Oui. Nous somme fraîchement marier, en fait, dit-il en jetant un bref regard à la jeune femme.

L’aubergiste acquiesça de la tête et souris en direction de Nyrlae. Tout en se retournant pour décrocher les clés d’une des chambres de l’auberge, elle leur dit :

- Seul un couple marié peu logé dans la même chambre. Si ça n’aurait pas été votre cas, j’aurais dû vous demander de faire chambre à part ou même de quitter les lieux.

Dans sa façon de parler, elle était très sérieuse. Le jeune homme constatait qu’il avait bien fait de mentir sur leur relation, parce qu’il était plus risquer de faire chambre appart dans une auberge qu’on ne connaissait pas et surtout si elle leur avait demandé de quitter les lieux. Ils ne savaient pas tous les deux à quel distance ce trouvait le prochain village. Un coup les clés remises, le jeune homme paya la dame et se dirigea vers l’escalier, en essayant de ne pas laisser paraître la blessure qu’il portait à la jambe. Quand ils furent arrivés dans la chambre, le jeune homme eut un mouvement de recul en voyant tous les préparatifs qu’il y avait afin de tenir une soirée romantique, du moins…c’était ça que les chandelles et les fleurs lui donnait comme impression. Il fronça les sourcils tout en déposant ses effets personnel sur le fauteuil qui était prévu à, il ne savait quel effet.

Il trouvait cet endroit de plus en plus étrange à vrai dire. Il prit place sur l’unique lit et défit lentement le bandage qui entourait sa jambe. Ce dernier était désormais imbibé de sang et il lui faudrais de nouveau nettoyer la plait afin que rien ne s’infecte. C’est ce qu’il s’appliqua à faire, seul, puisqu’il se doutait bien que la jeune femme le boudait encore et toujours, parce qu’il avait osé lui dire ce qu’il pensait réellement de la situation. Un coup le bandage refais et ses pantalon changer, quelqu’un vint cogner à leur porte afin de leur annoncer que le repas était fin prêt. Galyn descendit donc et prit place à l’une des tables qui étaient légèrement en retrait. La première chose que Galyn remarqua, c’était que l’ensemble des personnes qui étaient présentes au souper était en réalité tous des couples!

Le repas fut finalement servit et le garde du corps mangea son assiette en jetant toujours de bref regard par-dessus l’épaule de Nyrlae afin d’évaluer les personnes qui les entouraient. Chacun d’entre eux se permettait de petit geste attentionné envers l’être qui se trouvait également à leur table, mais le jeune homme n’en fit pas grand cas. Quand presque tout le monde eut terminé de manger, une petite cloche retentit et tous les invités se levèrent de table en s’embrassant. Le jeune homme ne comprenait absolument pas ce qui était en train de se passer dans se petit village. Tout le monde semblait tellement heureux et épanouit dans la vie de couple qu’il menait. Cependant, ce qui alerta davantage Galyn, fut le regard suspicieux que l’aubergiste lançait dans leur direction. Ce regard ce changea bientôt en frustration et comme le jeune homme ne souhaitait pas leur attirer des ennuis, il s’approcha de la demoiselle et posa ses lèvres sur les siennes. En premier lieu, le jeune homme garda ses mains pour lui, mais après un petit moment, il vint poser ses mains sur la taille de la jeune femme en prolongeant légèrement le baiser.

Un claquement de main fit soudainement reculer Galyn, qui sera légèrement la mâchoire en prenant soin d’éviter le regard azurée de l’archère. Le baiser avait simplement été une question pratique pour leur évité des ennuis. C’est tout. Absolument rien. Il avait simplement posé ses mains sur sa taille pour donner un effet plus RÉALISTE…Rien. Il n’y avait rien et le sont dans sa poitrine n’était dû qu’au danger qu’ils avaient enduré parce qu’il ne portait pas du tout attention aux alentours. Voilà. C’était tout. Tout. Et tout!


- Il est désormais temps pour vous de vous retirer dans vos chambres afin de profiter pleinement de la soirée qui s’ouvre devant vous, dit l’aubergiste avec un sourire radieux.

Qu’est-ce que cela signifiait très exactement? Les couples se mirent à monter un à un et comme la dame les fixaient toujours, le jeune homme se dirigea vers l’escalier afin de monté les marches, suivit de la demoiselle. Ce village était de plus en plus…étrange. Les sens à Galyn commençaient à devenir de moins en moins alertes. Lorsqu’ils furent rendu dans la chambre, il prit place sur le bord du lit et glissa sa main dans ses cheveux, soudainement prit d’un léger vertige. La cacophonie qui pouvait s’entendre dans tout le bâtiment n’aidait en rien Galyn. Cependant, les bruits qu’on entendait donnait une bonne idée de ce que l’aubergiste cherchait à leur dire tout à l’heure en parlant de profiter de la soirée.

Le loquet de la chambre se mit soudainement à tourner, comme si quelqu’un avait insérer une clé dans la serrure. Et le bruit cessa, quand soudainement, la porte commença légèrement à s’entrouvrir…Ils leur fallaient réagir et vite.

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MessageSujet: Re: Des ennuis en perspective   Jeu 16 Aoû 2012 - 20:48

Il se trompait, il se trompait et il se trompait encore et cette idée la rendait furieuse, aussi bien contre lui que contre elle-même parce qu'elle était forcée de garder certaines choses pour elle ce qui forcément le poussait à l'erreur. Elle avait eu beau retourner le problème dans tous les sens, elle ne parvenait pas à trouver une alternative satisfaisante. Alors, elle devenait agressive avec lui et elle s'en voulait. Et plus elle s'en voulait, plus elle se montrait agressive. Le cercle vicieux ne risquait pas de se rompre si tous deux campaient sur leurs positions.

Ils continuèrent leur route en silence. A quoi bon en rajouter ? Nyrlae choisit de reporter son attention sur les buissons qui les entouraient, une flèche toujours encochée, au cas où. Comme Galyn tenait les rênes, autant qu'elle soit prête à réagir si on les agressait de nouveau. Moins elle pensait, mieux elle se portait.

Lorsque le soleil commença à baisser et qu'ils arrivèrent en vue d'un village, Nyrlae se demanda si c'était vraiment une bonne idée de s'y arrêter. Mais le jeune homme avait sans doute besoin d'un pansement neuf et tous deux besoin de repos. Le peu de temps qu'ils resteraient, s'ils gardaient l'anonymat, ne serait pas plus dangereux que de dormir à la belle étoile au milieu des animaux sauvages. D'autant qu'on entendait plus facilement une troupe de tueurs qui réveillait une auberge que des hommes qui se glissaient au milieu des arbres.

Nyrlae baissa son arc lorsqu'ils entrèrent dans le village, le gardant tout de même à portée de main. On n'était jamais trop prudent. Mais à son grand soulagement, tout était calme. Ils atteignirent l'auberge et la jeune femme laissa Galyn demander une chambre, préférant rester discrète. Après tout, quelqu'un ici avait pu avoir eu l'occasion de voyager, la voir à une cérémonie quelconque et risquait de la reconnaitre. Peu probable, mais pas impossible, elle ne tenait pas à se faire remarquer.


" Vous êtes unis ? "

Non mais de quoi je me mêle ? Ils n'allaient pas faire chambre à part, c'était trop risqué, même si cela aurait été plus confortable et beaucoup moins gênant. Elle acquiesça brièvement, meublant le vide que Galyn laissait sous le coup de la surprise. Il ne tarda d'ailleurs pas à renchérir. Parfait. S'ils étaient un jeune couple, on pouvait comprendre qu'ils ne soient pas forcément à l'aise l'un avec l'autre, non ? De toute manière, Nyrlae ne comptait pas se donner en spectacle, ce n'était là qu'une façon d'avoir la paix.

Elle ignora le blabla de la femme et prit le chemin de la chambre, impatiente de pouvoir se reposer un peu. Habile cavalière, elle n'en demeurait pas moins épuisée par la tension qui avait régnée durant le trajet. La décoration de la pièce était pour le moins... particulière, mais Nyrlae n'était pas d'humeur à s'en soucier. Se reposer était sa seule priorité. Elle retira sa cape et se mit pieds nus. Puis elle regarda un instant Galyn qui bataillait avec son bandage et se décida finalement à aller l'aider après un petit soupir qui devait vouloir dire quelque chose comme "ralala, on ne va pas bouder éternellement". Il avait presque terminé, mais c'était tout de même plus simple si elle l'aidait à placer la bande correctement pour faire un noeud efficace. Ils achevaient l'opération lorsqu'elle prit la parole, hésitante.


" Galyn... "

Elle se leva, alla se laver les mains dans la cuvette qui avait été prévue et continua sans le regarder.

" Je... Je ne voulais pas qu'on en arrive là. J'étais contrariée par la conversation que j'ai eu avec mon père. Il... Nous ne partageons pas... "

Elle se mordit la langue. Impossible de dire ouvertement qu'elle s'opposait à leur souverain.

" Je ne voulais pas... Je ne vous traitais pas d'égoïste. Je ne ferais jamais une chose pareille, je sais que ce n'est pas vrai. "

Elle se retourna vers lui et le dévisagea.

" Mais il faut que vous compreniez que je n'agis pas pour moi. J'agis pour notre peuple, avant tout. Et quoi que je dise... elle soupira en baissant les yeux, on n'a pas toujours le choix. "

La colère qu'elle avait pu ressentir avait laissé place à une évidente tristesse. Elle la repoussa néanmoins lorsque l'on frappa à la porte. Elle n'avait aucune envie d'aller prendre un repas dans la salle commune, mais si les traditions étaient ainsi... Galyn sortit et elle jeta un dernier coup d'oeil machinal à la chambre avant de fermer la porte derrière elle... et se figea en prenant conscience de ce qu'elle venait de voir. Le symbole d'Arcamenel - les deux visages, le miroir et la rose - surplombait le lit. La plupart des habitations elfiques étaient davantage portées sur Kÿria comme protectrice. A la connaissance de Nyrlae, il n'y avait qu'un seul type d'endroit où l'on réverait Arcamenel et à en voir les questions de leur hôte, ils venaient de tomber sur l'un de ses lieux. Il fallait qu'elle prévienne Galyn au plus vite.

Ce dernier était déjà en train de descendre les escaliers et ils prirent place à une table légèrement en retrait. Nyrlae allait parler lorsqu'on leur apporta les plats, la coupant. Les couples présents autour des tables confirmaient les soupçons de la jeune femme, mais l'empêchaient aussi de parler librement. Il était hors de question d'avoir l'air de conspirer en chuchotant. A moins qu'elle ne fasse semblant de glisser des mots doux à l'oreille de Galyn, mais elle n'oserait jamais faire une chose pareille. Elle n'avait pas très faim, plus parce qu'elle était inquiète et occupée à jouer la comédie pour paraître détendue qu'autre chose. Puis sa méfiance légendaire doublée à une expérience passée qu'elle aurait préféré oublier lui fit craindre les plats et les boissons. Elle finit même par poser une main sur le bras de Galyn pour l'inciter à ne pas trop manger, échangeant un bref regard avec lui. Cela dit, il avait presque terminé, il était un peu tard. Et puis sans doute s'inquiétait-elle pour rien.


" Galyn, nous... "

Elle fut à nouveau coupée, comme elle l'était depuis le début du repas. Impossible de lui parler en toute discrétion sans attirer l'attention. Une clochette retentit et tout le monde se leva. Habituée à se plier aux protocoles et à s'adapter rapidement à ceux qu'elle maîtrisait mal, Nyrlae se mit debout également. Seulement... elle resta pétrifiée en constatant que tout le monde s'embrassait. Galyn se tourna vers elle et elle ouvrit de grands yeux. Non, il n'allait quand même pas...

Il l'embrassa. La jeune femme se figea. Les battements de son coeur s'accélérèrent malgré elle. Il aurait suffi d'un bref baiser, mais celui-ci dura... plus longtemps que nécessaire. Lorsque le claquement de mains retentit, Nyrlae s'aperçut avec embarras que loin de se contenter d'un contact minimum, elle avait fermé les yeux, rendu son baiser à Galyn et avait posé ses mains sur les siennes comme pour le retenir. Elle s'écarta en rougissant, bien qu'ayant conscience qu'elle risquait d'attirer l'attention sur eux si elle était trop gênée. Seulement, gênée, elle l'était, et pas qu'un peu.


" Il est désormais temps pour vous de vous retirer dans vos chambres afin de profiter pleinement de la soirée qui s’ouvre devant vous. "

Oh par les Cinq ! Si Galyn se posait des questions, la jeune femme, elle, avait très bien compris de ce dont il s'agissait et elle espéra que ses joues en feu n'allait pas leur attirer des ennuis.

Elle monta dans la chambre aussi vite qu'elle le put, compte tenu du fait qu'il n'était pas question de se séparer du garde du corps et qu'il devait ménager sa jambe. Puis elle ferma la porte sur eux, s'exclamant aussitôt en désignant le symbole du lieu qui trônait au-dessus du lit :


" C'est un village qui célèbre le culte d'Arcamenel ! Seuls les adeptes ou les couples sont admis ! Il faut... il faut qu'on parte d'ici ! "

Il y avait une note de panique dans sa voix. Elle détestait perdre pied et c'était exactement ce qui venait de se passer avec ce baiser impromptu. Elle n'aurait jamais dû réagir comme ça. Jamais. Elle ferma les yeux, inspira à fond et s'efforça de penser comme la Dame Protectrice qu'elle était. Quand elle le regarda à nouveau, elle avait retrouvé son calme et paraissait sur le point de parler au Conseil.

" Ils ne nous pardonneront jamais de leur avoir menti. Ce sont nos têtes que nous risquons à ce petit jeu. Les adeptes du culte sont pacifiques mais peuvent vite devenir de féroces fanatiques. Je ne pensais pas qu'il y en avait encore en activité par ici.... Nous ne pourrons pas partir avant demain matin... il va falloir partager le même lit car ils sont bien capables de venir jeter un oeil durant la nuit. "

Bon, ils étaient deux adultes responsables, ils devraient être capables de dormir sagement de leur côté sans que cela ne prête à confusion. La poignée de la porte tourna et Nyrlae eut un mouvement de recul. Quoi encore ?

Deux jeunes femmes entrèrent, tout sourire, poussant un grand baquet posé sur un support à roulettes. Le baquet était tapissé d'une toile et rempli d'eau. Nyrlae jeta un coup d'oeil perplexe à l'intérieur : des poissons rouges nageaient tranquillement. Apparemment les dieux avaient décidé de jouer un jeu improbable avec eux.


" Votre bain est prêt. "

Ah oui, bien sûr. Leur bain. Haha. Difficile de nier qu'ils en avaient grand besoin alors qu'ils étaient encore parfumés par la poussière du trajet et l'odeur du cheval. D'accord. Très bien. Sauf que les deux femmes attendaient, sous couvert de remettre de l'ordre dans la chambre. Elles avaient apporté deux tenues - un pantalon de lin et une robe - sans doute pour après le bain et s'échangeaient des regards insistants. Nyrlae regardait toujours les poissons qui nageaient. Euh... elles n'attendaient quand même pas qu'ils se baignent là, maintenant, tout de suite ? D'accord, la pudeur était une notion relativement humaine, mais...

Les deux femmes les regardaient d'un air franchement suspicieux. Mais enfin quoi, elle n'allait pas non plus violer Galyn dans un fossé pour faire plaisir à ces gens ! Bon. D'un autre côté, les bains publics, c'était plutôt habituel. Juste qu'elle n'y était pas tellement habituée étant donné qu'elle avait les moyens d'avoir sa propre salle d'eau. En fait, la situation n'aurait même pas dû la gêner. Face à des étrangers parfaitement neutres... Galyn était tout sauf un étranger parfaitement neutre.

Mais comme elle l'avait dit un peu plus tôt, ils risquaient sans doute leurs têtes. Pour le peu qu'elle connaissait les adeptes d'Arcamenel, on ne plaisantait pas avec eux. La bonne démarche aurait été de ne pas leur demander l'hospitalité, mais il était un peu tard pour s'en repentir, d'autant qu'ils n'avaient pas pu deviner ce qui les attendait. A présent, ils avaient sans doute affaire à un test, peut-être parce qu'ils s'étaient montrés un peu trop gênés dans la salle commune. Ou tout simplement était-ce le bain destiné aux voyageurs.

" Nous allons prendre vos habits et les laver, si vous le permettez. "

Ah... oui, c'était sans doute juste l'habituelle tradition, il ne fallait pas devenir paranoïaque non plus. Même elle envoyait un serviteur dans la chambre de ses invités de marque pour s'assurer que la personne avait tout ce qu'il fallait pour se présenter propre et bien habillé.

Il lui fallut toute sa maîtrise acquise au cours des trois cent dernières années pour se composer un sourire aimable et laisser glisser sa robe au sol. Puis elle entra dans l'eau rapidement mais en essayant d'éviter la précipitation qui laisserait penser qu'elle était mal à l'aise. Au moins dans l'eau avait-elle l'impression d'être moins exposée. Le baquet présentait comme une petite marche où s'asseoir. Où s'asseoir à deux, pour être précis, et la jeune femme pria pour que les deux servantes s'en aille et que Galyn ait la décence de regarder ailleurs et de ne pas la rejoindre.

Mais par les Cinq, qu'est-ce qu'elles attendaient, plantée là ? Les habits du garde du corps, évidemment. Fabuleux. Finalement, il allait devoir bel et bien la rejoindre. Nyrlae dut se faire violence pour murmurer :


" Galyn... "

Qu'il se dépêche et qu'ils en finissent ! Ce n'était qu'un bête bain, d'ailleurs peut-être était-elle la seule à être gênée dans l'affaire. Les deux servantes attendirent mine de rien qu'il ait aussi rejoint le baquet et se soit installé tout près de Nyrlae par la force des choses, sauf qu'apparemment, elles n'avaient pas l'air franchement convaincues.

Peut-être était-ce encore parce que la jeune femme avait les joues en feu. Peut-être Galyn était-il aussi mal à l'aise, mais pour être honnête, elle n'en savait rien, s'appliquant à surtout ne pas croiser son regard. Les poissons rouges étaient trèèèès intéressants. Mais s'ils continuaient ainsi, ils allaient finir par s'attirer des ennuis.

Prenant son courage à deux mains et priant pour être convaincante, Nyrlae lança un grand sourire rayonnant aux servantes :


" Oh merci pour tout ! Nous aurions besoin d'un peu d'intimité jusqu'à demain matin à présent, si vous voyez ce que je veux dire ! "

Et pour faire bonne mesure, elle enlaça Galyn et l'embrassa sans lui laisser le temps de réagir. Du coin de l'oeil, elle aperçut les deux femmes qui souriaient, enfin soulagées. La porte se referma un moment plus tard, les laissant seuls. Mais cela, Nyrlae n'y fit pas réellement attention, car elle venait de se prendre au jeu.
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MessageSujet: Re: Des ennuis en perspective   Ven 17 Aoû 2012 - 23:43

Le soupir que laissa échapper la jeune femme fit suspendre le geste de Galyn une petite seconde, puis il reprit de plus belle en finissant par nettoyer la plaie. Il se demandait bien pourquoi elle soupirait. Après tout, ils étaient censés être en colère l’un contre l’autre, donc? Il la laissa faire au moment où elle saisit le bandage afin de l’appliquer tout autour de sa jambe et ainsi lui garantir un minimum de retenue dans ses déplacements. Il ne risquait pas de le lâcher maintenant qu’il était serré. Bien. C’est vrai qu’ils n’allaient pas bouder le restant de leur jour, mais il avait eu besoin d’exprimer à la demoiselle ce la trahison qu’il ressentait. Il aurait tout de même cru qu’elle veuille le garder par garde du corps, alors qu’aussitôt Torlan enfermé, elle s’empressait de lui proposer, voire de l’obliger à prendre le poste de protecteur à Cirdan Sùron. Lorsqu’elle prononça son nom, les yeux fantomatique de Galyn la suivit jusqu’à la cuvette et ne la quittait pas, attendant patiemment qu’elle se décide à parler.

" Je ne voulais pas... Je ne vous traitais pas d'égoïste. Je ne ferais jamais une chose pareille, je sais que ce n'est pas vrai. "

Ça, il le savait bien. Il avait également réagis avec colère aux propos de la demoiselle. Il n’avait jamais pensé qu’elle le prenait pour un égoïste. De plus, il comprenait également que le peuple des elfes subissaient une menace qu’ils leurs faillaient contré au plus vite, sinon il s’en serait fini d’eux autres et du reste de leur peuple. Son père lui avait toujours dis qu’en tant que protecteur ou simplement en tant qu’elfe, il fallait honorer son peuple et le défendre, peu importe ce que cela pourrait en couter de leur vie. Même si Galyn n’avait pas occupé un poste très important au niveau du rang social, il participait à ce que son père ne cessait de répéter, simplement parce qu’il protège les personnes de haut rang qui on cette responsabilité qui est de protéger et d’honorer.
Alors qu’il allait répondre, on frappa à la porte afin de leur faire comprendre que le repas était servi dans la salle commune. Les signes que la jeune femme remarqua tout juste avant de fermer la porte, échappèrent totalement à Galyn, qui pourtant, ne cessait de se montrer prudent en présence des autres membres de l’auberge. Il avait même pris soin de dissimuler l’une de ses dagues sous sa cape, afin de pouvoir protéger Nyrlae en cas d’ennuis.

Un coup assis, le jeune homme se permis de manger franchement le repas qui se trouvait devant lui, simplement parce que les effluves qui s’échappaient des plats étaient exquises. Seulement, lorsque la demoiselle posa sa main sur son bras, le jeune homme suspendit son geste et posa son regard sur elle. Il regarda un moment son assiette à elle et constata qu’elle n’avait presque pas mangé et si elle le retenait dans son geste, c’était possiblement pour l’avertir de quelque chose. Posant le morceau de pain qu’il tenait, il se mit à regarder tout autour de lui. Les couples mangeaient avec appétit et chacun d’entre eux semblait ravis de gouter aux plats apportés.


" Galyn, nous... "

Nous? Elle ne put cependant pas finir sa phrase, dû à l’interruption créer par l’aubergiste. Décidemment, elle réussissait toujours à les interrompre au bon moment pour elle. Il se devait de réagir vite, quand les couples se mirent à s’embrasser, le jeune homme ne voyait pas d’autre solution que d’agir de la sorte. Lorsque ses lèvres furent en contact avec celle de la demoiselle, il sentit qu’elle se figea dans ses bras et pour sa part, il commença par l’embrasser lentement, incertain et furent interrompu.
Autant embarrassé que pouvait l’être la demoiselle, Galyn détourna son regard, sans oser regarder la demoiselle.

La suite des propos de l’aubergiste échappèrent au jeune homme, peu concentrer à l’écouter. Déjà les battements de son cœur tambourinaient assez fort dans ses tempes pour que le bruit ne fasse qu’écho. Quand ils montèrent en haut, il sentit la jeune femme presser dans son dos et il se demandait bien pourquoi. C’est vrai. Elle avait semblé vouloir lui dire quelque chose tout à l’heure. Galyn commençait à retrouver un fil de pensé concret et logique. Rien à voir avec le baiser ni avec le contact des mains de la demoiselle avec les sienne. Rien à voir. Un coup rendu dans leur chambre, le jeune homme lança un regard très bref vers la demoiselle pour l’inciter à parler. Un regard bref, parce que bon.


" C'est un village qui célèbre le culte d'Arcamenel ! Seuls les adeptes ou les couples sont admis ! Il faut... il faut qu'on parte d'ici ! "

Arcamenel. Réputé pour être le seul et unique dieu de l’amour. Les choses commençaient à s’éclaircir dans sa tête, mais plus il réfléchissait et plus il avait l’impression que sa tête lui tournait.

" Ils ne nous pardonneront jamais de leur avoir menti. Ce sont nos têtes que nous risquons à ce petit jeu. Les adeptes du culte sont pacifiques mais peuvent vite devenir de féroces fanatiques. Je ne pensais pas qu'il y en avait encore en activité par ici.... Nous ne pourrons pas partir avant demain matin... il va falloir partager le même lit car ils sont bien capables de venir jeter un oeil durant la nuit. "

Malgré le trouble qui envahissait l’esprit de Galyn, il saisit essentiellement la dernière partie de la phrase. Ils devaient partager le même lit? Vraiment? Le jeune homme ne put retenir un léger froncement de sourcil. En venant ici, jamais il n’aurait cru tomber sur des adeptes du dieu de l’amour et encore moins être confrontés à devoir jouer les couples avec la Dame Protectrice! Lorsque les deux demoiselles firent leur entrer, Galyn jeta un bref regard en direction de Nyrlae et du bain qu’elles faisaient entrer avec elle. L’intérieur était encore plus étrange, surtout voyant ce qui y flottait tout bonnement à l’intérieur. Sérieusement? Des poissons?

" Votre bain est prêt. "

Votre? Bain? Votre bain? Elles étaient en train d’insinuer qu’ils devaient tous les deux êtres présents physiquement dans le même bain? Décidemment, les choses allaient de mieux en mieux et le garde du corps se demandait bien comment cette histoire allait bien finir. Comment pourraient-ils simplement expliquer la situation? Galyn croyait qu’elles allaient simplement laisserl le bain là et quitter la chambre, mais voilà qu’elles se faisaient un peu lentes à réagir. Le regard insistant qu’elles lancèrent donna à Galyn une étrange impression d’ennuis. S’ils n’obtempéraient pas à leur désir, il était évident que les ennuis arriveraient bien assez vite pour eux et comme son devoir était de protéger la demoiselle, il n’avait pas réellement le choix? Non?

" Nous allons prendre vos habits et les laver, si vous le permettez. "

Leur habit? Quoi de plus normal que de prendre les habits qu’ils avaient TOUJOURS sur le dos…c’était certain…C’est alors que le garde du corps surprit un son juste à côté de lui et du coin de l’œil il surprit une Nyrlae très…voir pas du tout vêtue…Il se concentra assez rapidement sur les poissons rouge, afin d’éviter que les demoiselles aperçoivent l’air gêner du jeune homme. Avait-elle…Avait-il réellement aperçu la jeune femme, son employeur…sans vêtements…?

" Galyn... "

Le son de la voix de la jeune femme fit réaliser à Galyn la présence des demoiselles, qui commençait à devenir légèrement gênante. Comme il comprit qu’il n’aurait pas vraiment le choix, le jeune homme se mit à débouter sa chemise et un coup le torse dénudé, il dénoua les lacets qui retenaient ses pantalons et se mit finalement à découvert. C’était la première fois qu’il se trouvait nue en présence de trois femmes et la situation le gêna plus qu’elle ne l’aida. Même si la notion de pudeur était complètement humaine, le jeune homme n’appréciait pas spécialement de s’exposer devant une multitude de personne. Il tendit ses vêtements aux dames et se dépêcha de rejoindre la demoiselle, sans précipitation et prit soin de dissimuler la cicatrice qu’il portait à son épaule. Évidemment, il prenait soin de ne pas croiser le regard de l’archère, trop gêné de la situation dans laquelle il les avait mis. Un coup entré dans l’eau, il appuya son épaule sur celle de Nyrlae et se retint pour ne pas gémir, dû à la douleur de sa jambe. Cette dernière faisait atrocement mal, mais après une petite minute, cela se calma et rendit même le jeune homme complètement détendu.

" Oh merci pour tout ! Nous aurions besoin d'un peu d'intimité jusqu'à demain matin à présent, si vous voyez ce que je veux dire ! "

Un peu d’intimité? Il n’avait absolument rien contre l’idée proposé par la demoiselle et lorsqu’elle l’enlaça, le jeune homme glissa l’une de ses mains sur les reins de la jeune femme pour la rapprocher de lui, créant ainsi une proximité qui n’était pas tout à fait là avant. Quand leurs lèvres entrèrent en contact, un long frisson lui traversa toute l’échine du dos. La chaleur du corps de la jeune femme avait provoqué chez Galyn un élan de désir insoupçonné jusqu’à présent et se décida enfin à glisser une deuxième main autour de son corps. Le contact de son torse avec la poitrine de la demoiselle créait des éclairs électrisant dans son corps et il ne savait expliquer ce qu’il ressentait.

Il intensifia le baiser et remontant l’une de ses mains sur la joue de Nyrlae pour la garder en contact avec lui. Seulement, alors que les brumes qui embrumaient l’esprit de Galyn continuaient à faire leur ravage, une idée se mit à germer dans son esprit. Arcamenel?


- Arcamenel?, murmura-t-il entre deux baisers.

Et puis, à un certain moment, il se détacha de la jeune femme et se mit à la regarder droit dans les yeux et fronça les sourcils, l’air légèrement en colère.

- Qui est Arcamenel? Tu as un autre homme que moi dans ta vie?

Galyn commençait à devenir de plus en plus en colère à l’idée que la demoiselle puisse avoir un autre homme dans sa vie et il décida finalement de lui tourner le dos en se levant et alla prendre une serviette pour se sécher et enfila rapidement le pantalon. Et tout en finissant de se changer, il se tourna de nouveau vers Nyrlae, le regard à la fois triste et frustré.

- Si tu as quelqu’un d’autre, aussi bien le dire immédiatement…

Il se glissa dans l'unique lit que contenait la pièce, sans pour autant réussir à fermer les yeux. Il fronça légèrement les sourcils, comme s'il venait de prendre conscience de quelque chose. La nuit commençait à diminuer l’intensité des lumières dans la chambre et seule les bougies allumées les éclairaient désormais.

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MessageSujet: Re: Des ennuis en perspective   Sam 18 Aoû 2012 - 17:20

Nyrlae ne se souvenait pas s'être sentie aussi gênée. Elle l'était d'autant plus qu'elle restait persuadée qu'elle n'aurait pas dû l'être. La présence de Galyn n'aurait pas dû la troubler autant. Il finit par se glisser près d'elle et leurs épaules se retrouvèrent en contact un instant ce qui suffit à la faire rougir un peu plus. Si elle continuait ainsi, leurs hôtes allaient vraiment se poser des questions et elle décida de donner le change de façon radicale.

L'enlacer, l'embrasser et dès qu'ils seraient seuls mettre fin à cette situation on ne pouvait plus dérangeante. Elle s'attendait à ce qu'il joue aussi la comédie, mais pas au point de... Si dans une première idée elle n'avait songé qu'à effleurer ses lèvres et esquisser un bref contact, elle accentua le baiser malgré elle. Déjà, dans la salle à manger elle avait été incapable de le repousser, alors à présent qu'ils se trouvaient si proches... Elle frissonna elle aussi lorsqu'elle sentit qu'il glissait une main dans ses reins et l'attirait plus près. Elle n'eut aucun mouvement pour résister, avide de le sentir contre d'elle. Sourde au monde qui l'entourait, les yeux fermés, elle savourait chaque baiser trop longtemps réprimé et se laissa complètement aller dans ses bras.


" Arcamenel ? "

Hum ? La jeune femme était loin d'être en état de réfléchir à la question des dieux. Tout ce qu'elle voulait, c'était continuer à l'enlacer et sentir encore ses lèvres sur les siennes. Elle ne semblait pas songer un instant à suspendre leur étreinte qu'elle avait de plus en plus passionnée.

Puis il se détacha brusquement, la laissant médusée. Que... comment ? Nyrlae était légèrement essoufflée, tremblante. Elle resta à le dévisager alors que son cerveau essayait désespérément de reprendre le dessus sur ses sens.


" Qui est Arcamenel ? Tu as un autre homme que moi dans ta vie ? "


Nyrlae restait figée, ne sachant ce qu'elle devait comprendre. C'était trop... trop... étrange. Son cœur battait toujours trop fort dans sa poitrine. Elle n'était plus gênée, juste complètement désorientée. Galyn était trop proche d'elle encore pour qu'elle réfléchisse correctement. Il se leva, restaurant une distance raisonnable entre eux, même si du coup elle ne se priva pas de le détailler, l'esprit encore ailleurs. Elle se félicita même qu'on ne lui ait pas fourni de chemise, pour être honnête.

" Si tu as quelqu’un d’autre, aussi bien le dire immédiatement… "

Ce fut cette phrase qui acheva de la ramener sur terre. Si elle avait quelqu'un d'autre... Arcamenel... Elle ferma les yeux et s'efforça de garder contenance. La réalité du moment s'imposa à elle. Il était complètement drogué. Et elle l'avait laissé... d'accord, elle l'avait beaucoup encouragé... elle avait... Par les Cinq !

" Tournez-vous ! " intima-t-elle brusquement avant de sortir de l'eau, de se dépêcher de se sécher et d'enfiler la robe qu'on lui avait remis. Hum, le lin était tellement fin qu'il en était presque transparent. Enfin, au point où ils en étaient...

Galyn s'était couché et elle alla ouvrir la fenêtre pour prendre l'air, secouée. La brise entra dans la chambre, fit voleter le tissu. Le souffle d'air lui fit du bien. Il fallait bien cela pour apaiser son corps en feu. Elle avait pourtant du mal à se calmer. Elle se retrouvait dans la même chambre qu'un homme drogué qui s'imaginait que... enfin... Et le pire, dans tout ça, c'était qu'elle lui avait laissé se poser la question. Elle n'avait pas l'impression d'être sous l'influence de leur repas, pour sa part. Elle avait réellement perdu pied. C'était comme... dans certains rêves qu'elle avait évidemment refoulés. Sauf qu'elle ne pouvait pas... La situation était complètement irréaliste. Et de toute manière, il était drogué.

Le jeune homme ne dormait pas et elle chercha ses mots avec soin pour ne pas le blesser mais ne pas prêter à confusion.

" Vous êtes drogué, Galyn. C'était le repas, je n'ai pas compris à temps, je suis désolée. "

Par contre, elle aurait pu le repousser, un instant plus tôt. Elle s'abstenait de le regarder, préférant fixer le paysage qui s'étendait sous leur fenêtre. Elle se sentait mieux. L'esprit plus clair, du moins.


" Demain, il n'y paraîtra plus, sans doute. Dormez, j'ai besoin de prendre un peu l'air. "

Elle voulait surtout attendre qu'il soit assoupi pour s'allonger à son tour, ce serait moins gênant.

" Il faudra partir tôt dem... "

Elle sursauta soudain, se mordit la lèvre.

" Bonsoir, père. "

Elle avait complètement oublié leurs petites conversations télépathiques. Heureusement qu'il ne s'était pas manifesté un instant plus tôt ! Elle ignorait toujours ce qu'il percevait ou non de ses pensées.

[...............................................................]

" Oui. Oui, tout va très bien. Nous nous sommes arrêtés pour la nuit dans une auberge. "

[......................................................]

La jeune femme s'agita, mal à l'aise.

" Mais oui, je vais très bien, je suis juste fatiguée. Je vais dormir un peu et il n'y paraitra plus. "

[...........]

" Il se remet. "

[............................................]

De gênée, elle devint soucieuse.

" Je vous ai dit que je... "

[..............]

" Ne me... elle se reprit, jeta un œil à Galyn et termina plus calmement en faisant un effort pour se contenir, nous en reparlerons. "

[........................................................]

" C'est plus compliqué... "

[.................................................................................
........................................................................................]

" Alors débrouillez-vous sans moi ! "


Elle avait crié, se raidit, consciente qu'elle allait finir par regretter ses mots. Mais la conversation la mettait au supplice, c'était évident.

[...................................]

" Je suis fatiguée... A demain, père. "

Le contact fut rompu. Nyrlae s'assit sur le bord de la fenêtre et ramena ses jambes contre elle. Une impression de vide, oppressante. Pourquoi fallait-il que tout soit si compliqué ? Elle avait eu beaucoup à gérer depuis qu'elle était devenue Dame Protectrice, mais là, la pression devenait insoutenable entre son père qui avait décidé de la plonger - ou la noyer, elle commençait à se demander - au cœur de la politique et Galyn qui... Galyn... La situation devenait tout simplement inextricable. Elle n'avait pas été préparée à ça. Elle n'en pouvait plus de cette tension qui la forçait à mesurer chacun de ses gestes et à peser ses mots. Ses yeux se remplirent de larmes et elle se détourna vers l'extérieur : elle ne voulait pas que Galyn la voie.
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MessageSujet: Re: Des ennuis en perspective   Dim 19 Aoû 2012 - 0:21

Au moment où Galyn questionnait la demoiselle sur le dieu de l’amour, il avait complètement l’esprit embrumé et donc, il n’avait aucunement consciente de ce qu’il était en train de dire à la demoiselle. La réalité était que, en entrant dans l’eau, la plaie que le jeune homme portait à la jambe, avait été en contact direct avec le liquide et que ce même liquide contenait une forte concentration d’aphrodisiaque. Seul Galyn avait pu être atteint par le nectar, simplement parce que l’eau s’était infiltré dans la plaie. Lorsqu’il eut quitté le contact de l’eau après avoir montré son mécontentement à la demoiselle, son esprit avait peu à peu repris contenance, mais pas complètement.

" Tournez-vous ! "

Le ton était brusque et le jeune homme ne se le fit pas dire deux fois. Il était certes, en colère à propos d’Arcamenel, mais il ne voulait pas non plus s’attirer les foudres de la demoiselle, qui semblait désormais très en colère. Il décida finalement de s’allonger dans le lit, plutôt que de continuer cette discussion qui ne menait de toute façon, nulle part. Seulement, alors qu’il s’allongeait, les brumes de son esprit se dissipèrent de plus en plus, laissant un grand vide dans la tête du jeune homme. Les derniers événements qu’il se rappelait, c’était lorsque les deux servantes étaient entrée dans la chambre. Ensuite, un grand vide, comme s’il ne s’était rien passer.

" Vous êtes drogué, Galyn. C'était le repas, je n'ai pas compris à temps, je suis désolée. "

Drogué? Il tourna finalement la tête vers elle et la regarda sans parler. Les rayons de la lune se reflétaient sur les cheveux jade de la jeune femme, créant ainsi de légère variation de couleur. Son corps semblait frissonner d’un désir qu’il ne connaissait absolument pas la provenance. De plus, il y avait quelque chose d’assez gênant dans son pantalon et il choisit de se recouvrir grâce à la couverte qui était posé sur le lit. Mais qu’est-ce qui lui prenait bon sang, surtout en présence de Nyrlae. Elle avait déjà dû constater le désordre qui régnait dans cette partie de son anatomie. Seulement, en plus de ce soucier de ça, il se demandait comment il avait bien pu atterrir dans le lit et uniquement vêtu d’un pantalon.

Son questionnement fut interrompu lorsque la Dame Protectrice lui fit part de son besoin de prendre un peu l’air, il se demandait bien pourquoi? Elle sursauta alors, créant ainsi un froncement de sourcil chez le garde du corps. À cette heure, il la contactait? Le garde du corps se doutait bien que le corps de la jeune femme ne sursautait pas pour une autre raison que la présence de son père dans son esprit. Il n’y paraîtra plus? Elle avait déjà utilisé cette expression, quelques instants plus tôt, pour justement lui signaler que la drogue risquait de s’être envolée le temps d’une nuit. Cependant, elle ne pouvait pas savoir que cela était déjà le cas et qu’il était désormais parfaitement conscient de ce qu’il faisait. Évidemment, il ne se souvenait pas du tout de sa petite crise de jalousie, ni même de ce qui l’avait rendu dans un état pareille.

Une nouvelle fois, la conversation ne semblait pas tourner à l’avantage de l’archère et la colère semblait montée en elle, comme un volcan qui ne cessait de bouillir de l’intérieur. Lorsque la conversation télépathique fut rompue, le jeune homme se concentra de nouveau sur la silhouette de la jeune femme, qui prenait la peine de s’asseoir sur le bord de la fenêtre. Voyant qu’elle cachait son regard et qu’elle ne disait plus un mot, le jeune homme s’assoya dans le lit, sans la quitter des yeux. Après un bref moment, il se décida finalement à se lever et se dirigea à pas feutrer auprès de la jeune femme. Seulement, à chaque pas qu’il faisait, la chaleur de son corps montait doucement. Il trouvait la sensation très étrange, mais vu le silence qui commençait à s’installer, le garde du corps se doutait bien que quelque chose n’allait pas du tout avec la demoiselle. Alors qu’il arrivait suffisamment près pour lui parler de ce qui la tracasse, on cognait de nouveau à la porte, ce qui fit réagir Galyn plus vite qu’il ne pensa lui-même à ce qu’il était en train de faire. Aussitôt que les coups avaient retentit, le jeune homme s’était empresser de prendre la jeune femme par le bras pour la faire se lever, sans lui faire mal, bien évidemment et il la fit se placer juste devant lui. Cependant, alors que la position aurait facilement suffit à donner une impression de couple, il glissa son bras musclé sous celui de la demoiselle et glissa ses doigts entre les siens en la tirant contre son torse. Son autre main vint se poser instinctivement sur les hanches de la jeune femme.

Ce fût de nouveaux les dames qui portaient le bain qui entrèrent dans la chambre, vêtement en main. Elles semblaient satisfaites du tableau qui se présentait devant eux. Elles tenaient entre les mains les vêtements propres du couple et les posèrent sur le lit avant de commencer à tirer le bain vers la sortie. Tout juste avant de quitter les lieux, l’une d’elles s’exprima :


- J’espère que vous avez apprécié votre bain.

- Le bain était très chaleureux, dit-il sans mal l’aise, puisqu’il ne se souvenait absolument pas de ce qui s’était déroulé dans ce dernier.

La servante leur sourit à tous les deux et referma finalement la porte derrière elle. Le jeune homme, pour sa part, ne se concentrait déjà plus sur l’entrée des servantes, mais plutôt sur la proximité qu’il avait désormais avec la demoiselle. Des effluves du parfum qu’elle portait venait jusqu’à lui, ce qui l’enivrait sans qu’il comprenne pourquoi. Son corps commençait à devenir de plus en plus chaud et la robe de lin que portait la demoiselle ne l’aidait en rien à calmer ses ardeurs. Cette dernière, qui laissait entrevoir légèrement les formes de la jeune femme, donnait beaucoup d’idée du garde du corps. Même si chez les elfes, les formes n'étaient pas spécialement oeuvre de beauté, il trouvait celles chez la demoiselle très belle. Son coeur tambourinait dans sa poitrine, sans qu'il ne puisse freiner l'élan de se dernier...Il devait se ressaisir. La situation était totalement inappropriée et pourtant…sa main serra légèrement les doigts de la demoiselle en l’attirant davantage contre lui. Les lèvres du jeune homme s’approchèrent doucement de la nuque de l’archère et elle pouvait sentir son souffle chaud dans son cou. Il s’approcha encore et ses lèvres se mirent à effleurer la nuque de la demoiselle…le faisant frissonner.

- Milady..., murmura ses lèvres contre la peau de la jeune femme.

C'était le nom qu'il lui donnait souvent lorsqu'ils étaient en présence l'un de l'autre, seuls. Qu’est-ce qui lui prenait…La drogue. C’était forcément cette drogue aphrodisiaque qui faisait toujours son effet…

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MessageSujet: Re: Des ennuis en perspective   Dim 19 Aoû 2012 - 12:45

Nyrlae se raidit lorsqu'elle entendit que le jeune homme se levait. Elle ne voulait pas qu'il la voie pleurer, pas plus qu'elle ne souhaitait se mesurer encore aux effets de la drogue. Mais alors qu'il l'atteignait, on frappa à la porte. Elle n'aurait pas réagi, trop tourmentée, mais il le fit pour elle, la faisant se lever. Et ensuite... elle se figea, n'osant plus bouger, trop consciente du corps du jeune homme contre le sien, de la main sur sa hanche et de leurs doigts enlacés. Son coeur s'accéléra à nouveau alors qu'elle regardait les deux femmes entrer. Ne pouvait-on pas être un peu tranquilles dans cette auberge ?

Chaleureux ? Le bain était chaleureux ? Galyn avait une capacité à garder la maîtrise de lui-même qui impressionna la jeune femme. Pour sa part, elle était à nouveau incapable d'aligner deux mots cohérents. Elle se sentit rougir sous le sourire inquisiteur de la servante. Puis ils se retrouvèrent à nouveau seuls.

Le premier réflexe de Nyrlae fut de s'écarter mais elle n'en eu pas le temps, le geste de Galyn pour l'attirer plus près de lui la figea. Qu'est-ce que... ? Elle sentit son souffle dans son cou et ferma les yeux, essayant désespérément de lutter contre l'envie de le laisser continuer. Impossible de bouger, de se soustraire à cette sensation enivrante. Lorsqu'il effleura sa nuque, elle frissonna elle aussi, partagée entre l'envie irraisonnée qu'il continue et une raison de plus en plus vacillante.

Elle fit un effort pour se tourner vers lui, mais rencontra son regard fantomatique dans lequel elle se perdit immédiatement. Ils étaient tout proches l'un de l'autre, il en fallait de peu que leurs lèvres se rejoignent. Pourtant... quelque chose retenait encore la jeune femme. La façon dont il la regardait, peut-être, comme s'il ne savait plus lui non plus où il en était. Il était toujours drogué... Elle ne pouvait décemment pas profiter de ce moment. Il fallait juste qu'elle le repousse et l'envoie dormir en priant pour que les effets s'atténuent.

Elle le lâcha, eut un mouvement pour s'écarter puis... combla la distance qui les séparait pour déposer un baiser léger sur ses lèvres. Après quoi, rougissante, elle se détourna. Elle n'aurait pas dû, mais elle ne parvenait même pas à regretter son geste irréfléchi.

Enfin... il était temps de mettre un terme à cette folie et elle fit quelques pas pour s'éloigner. Il y avait bien un sujet auquel penser pour lui couper toute envie de se serrer dans ses bras et elle s'y raccrocha un moment avant de déclarer aussi calmement qu'elle le pouvait :


" Je répète que vous êtes drogué, Galyn. Ne vous approchez plus de moi jusqu'à ce que vous ayez repris vos esprits. "

Sa voix n'était pas aussi froide qu'elle l'aurait voulu. Trop peu assurée, trop troublée. Elle fixait à nouveau l'extérieur, s'interdisant de le regarder.


" Allez dormir. "

C'était plus un ordre qu'une suggestion. Elle avait besoin de se retrouver seule. Besoin de réfléchir. De se remettre les idées en place.

Elle attendit longtemps dans l'embrasure de la fenêtre. Galyn s'était endormie depuis longtemps lorsqu'elle se glissa à son tour dans le lit, à l'opposé. Elle n'avait plus qu'à prier pour qu'il ne se réveille pas et ne soit plus sous l'influence de la drogue. Étant donné la façon dont elle avait réagi à un simple baiser, elle ne pouvait pas être certaine d'être capable de le repousser. Mais qu'est-ce qui lui prenait par les Cinq ! Devenait-elle complètement folle ?

Longtemps, elle garda les yeux ouverts, observant le plafond. Les images de la soirée se confondant encore et encore...

Elle finit par s'endormir, l'esprit agité.
Rêve, de forêt obscure où circule un carrosse, bientôt pris d'assaut par de sombres créatures. Le visage de Dyarque apparait alors qu'elle est encerclée. Elle tend la main, mais un pli soucieux barre le front de son père. Il lui répète ces mêmes mots, encore et encore. Elle ne veut plus l'écouter. Nyrlae se retourna, en gémissant. Il ne veut pas s'arrêter, la laisser en paix. Il se dérobe, les créatures se rapprochent. La jeune femme manque d'air, recule, recule encore jusqu'à butter contre un arbre. Ses ongles grattent l'écorce frénétiquement. La sève coule sous ses yeux horrifiés, du sang... Dans l'obscurité, Nyrlae court, roula encore sur le côté, bouscula légèrement Galyn. Il est là, stoïque. Il fronce les sourcils. Elle s'accroche à lui avant qu'il ne parte. Cache son visage contre son torse comme si le fait de ne plus voir les créatures allait les faire disparaitre. Il l'enlace, protecteur. Elle s'apaise.

Blottie contre le garde du corps, Nyrlae se calma enfin. Elle ne lui avait pas laissé le choix. D'abord, parce que si elle l'avait forcément réveillé avec son agitation, elle dormait plus profondément que son sommeil torturé pouvait le laisser penser et n'avait aucune conscience de ce qu'elle faisait - heureusement, parce qu'elle aurait eu du mal à justifier ses actes - ensuite parce qu'elle l'avait complètement enlacé de ses bras et qu'à moins de la réveiller il ne risquait pas de lui faire lâcher prise. En tout cas, son inconscient venait de trouver à la jeune femme une excellente façon de se calmer et de se sentir protégée. Elle finit même par avoir un petit sourire sur les lèvres. Comme dans son rêve, elle avait posé sa tête contre son torse et ne paraissait pas décidée à le laisser s'échapper de sitôt.
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Galyn Talassi

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MessageSujet: Re: Des ennuis en perspective   Lun 20 Aoû 2012 - 2:34

Le garde du corps la sentait rigide entre ses bras, mais comme il demeurait le plus calme possible, il espérait que les servantes ne remarqueraient pas la rigidité flagrante de la demoiselle. Heureusement pour eux, elles ne tardèrent pas à quitter les lieux afin de leur laisser plus de temps seuls à seuls, ce qui ne déplaisait pas réellement au garde du corps présentement. Le bref instant qu’ils restèrent enlacés, il sentait que la demoiselle cherchait à fuir le contact qu’il lui avait légèrement imposé. Cependant, loin de la laisser faire, le jeune homme la retint, sans force, simplement pour lui faire savoir qu’il la voulait tout près. En même temps, une partie de son esprit ne cessait de le raisonner que son comportement était tout à faire inacceptable, surtout compte tenu de la relation qu’il avait avec la jeune femme. Lorsque les lèvres du garde du corps se rapprochèrent de la nuque de la jeune femme, il n’eut aucun mouvement pour se retenir. Il en avait envi, mais voilà que c’était la demoiselle qui se tournait face à lui, rapprochant ainsi leurs deux visages.

Le fait qu’elle se tourne, donna une certaine réserve au garde du corps, mais n’éloigna pas son visage si près du sien. Ses yeux trouvèrent rapidement les siens, s’y perdant également. Ses mains, pour sa part, étaient restées sur la taille de la demoiselle, alors qu’il ne cessait de la regarder. La position aurait pu le gêner, mais seul les battements de son cœur le gênait réellement à cette instant. Il se demandait s’ils étaient réels ou bien si c’était uniquement lui qui s’imaginait ces derniers. De plus, il n’avait pas du tout envi que la jeune femme les entendent. Le jeune homme avait beau se poser des questions, il était parfaitement conscient ou du moins, le croyait-il, de ce qu’il était en train de faire. Quand elle se décida à quitter ses bras, le garde du corps la regarda, puis fronça légèrement les sourcils lorsqu’elle revint vers lui pour déposer un baiser contre ses lèvres. Il lui rendit et la regarda un moment lorsqu’elle se détache un nouveau.

Elle semblait regretter son geste et si c’était le cas, pourquoi diable l’avait-elle fait? Le jeune homme ne semblait plus rien comprendre à la situation. Tout avait commencé à changer a partir du moment où ils avaient été confronté à Torlan et les choses ne semblaient pas s’améliorer pour autant, puisque ce dernier n’était toujours pas derrière les barreaux et plusieurs de ses sbires souhaitaient les voir mort. De plus, ils atterrissaient dans un village où tout le monde conspirait afin de les faire voir comme un couple ou simplement d’attisé leur désir. Leur désir? Plus le garde du corps y pensais, plus il se demandait ce qui était en train de lui prendre. Jamais auparavant il n’aurait osé agir de la sorte envers la Dame Protectrice et surtout envers la personne qu’il devait protéger.


" Je répète que vous êtes drogué, Galyn. Ne vous approchez plus de moi jusqu'à ce que vous ayez repris vos esprits. "

Drogué. Oui. C’était forcément la drogue qui le faisait agir aussi bizarrement et non le contexte auquel ils étaient présentés. Depuis leur arrivé, les gens n’avaient de cesse de les mettre dans une situation qui pouvait pousser à certain rapprochement. Un coup qu’une distance raisonnable régnait entre eux, le jeune homme ne ressentait pas cette chaleur qui l,avait atteint quelques secondes plus tôt, alors qu’il sentait le corps de la demoiselle contre le sien.

" Allez dormir. "

Le ton qu’elle avait employé signifiait qu’elle ne permettrait aucun écart de conduite de la part du jeune homme et pourtant, avant d’obtempérer, il la regarda un moment. Elle ne semblait plus vouloir le voir et il finit par gagner l’unique lit qui se trouvait dans la pièce, prenant place à la place se trouvant le plus près de la porte. Il lui serait plus facile de la protégée ainsi, puisque si danger il y avait, il allait forcément venir de cette endroit et non par la fenêtre. Il commença d’abord par se coucher sur le dos, fixant le plafond, sans trouver le moyen de s’endormir. Les événements des derniers temps les forçaient à sortir des sentiers battus et la tension qui régnait entre le fait que Torlan soit toujours libre et le fait qu’une menace aussi grave planait sur le peuple des elfes, n’arrangeait absolument pas les choses. De plus, même si jamais il ne l’avouerait, le poste de Protecteur faisait naître chez lui certaine crainte. Sa plus grande peur était d’abord qu’en entrant en poste, le peuple qu’il se devrait de diriger, ne l’accepterait pas. Beaucoup des elfes présent à Cirdan Sùron devait être les mêmes qui étaient présent lorsqu’il était encore tout jeune et donc, ils se souviendraient de lui comme étant le lâche qu’il avait choisi d’être. Certes, il n’avait pas été lâche sur tous les points, il avait tout de même choisi un métier où il se devait de risquer sa vie pour autrui, au péril de la sienne, si cela en venait jusque-là.

Tout en réfléchissant, le garde du corps se tourna face à la porte et s’assoupit. La fatigue avait été plus forte que la pensée cette fois. Ce fût le gémissement de Nyrlae qui réveilla finalement Galyn, tous les sens en alerte. Il jeta un rapide coup d’œil à l’ensemble de la pièce en agrippant la dague qu’il avait posé juste à côté de l’endroit où il se trouvait. La porte n’avait pas semblé être forcée, donc c’était forcément par la fenêtre. Il se retourna rapidement dans le lit et constata que la fenêtre n’avait également pas été forcée. Seulement, alors qu’il était appuyé sur l’un de ses coudes, il remarqua finalement la présence de la Dame Protectrice à ses côtés et se rendit compte qu’elle était assoupit. Seulement, le rêve qu’elle était en train de faire semblait la secouer et elle ne cessait de bouger dans le lit. Il déposa à nouveau la dague sur la petite table de chevet et regarda la demoiselle dormir. Quand elle l’accrocha la première fois, le garde du corps haussa légèrement les sourcils, puis lorsqu’elle se permit de l’enlacer et d’ensuite se blottir contre lui, il fronça les sourcils, ne sachant que faire. Cependant, il constata que dans cette position, la jeune femme avait complètement cessé de gigoter et semblait même apaiser.


Il était en train de se demander s’il devait la réveiller pour lui signifier de changer de position, mais comme il voyait le sourire naître au coin de ses lèvres, il préféra la laisser dormir. Depuis le temps, elle devait en avoir grandement besoin. Ces nerfs étaient mis à rude épreuve et il avait beaucoup de poids sur les épaules pour ne pas en rajouter davantage dans son sommeil. Pour sa part, il finit par se rendormir et étrangement, il ne trouvait pas que la sommeil qu’il avait eu suite à l’enlacement de la demoiselle ait été désagréable…À son réveil, le garde du corps constata que Nyrlae était toujours dans la même position. Doucement et avec une lenteur calculé, il mit fin à l’étreinte et se glissa hors du lit en se dirigeant vers la petite salle d’eau où il pourrait se rafraichir. Cela lui prit que quelques minutes et quand il eut terminé, il s’assura que la demoiselle soit toujours assoupit avant de changer de pantalon et d’enfiler une chemise. Il alla jusqu’à la fenêtre et s’appuya sur le cadre de celle-ci pour regarder les activités du petit village qui commençait déjà.

Derrière lui, il entendit finalement les draps se froissé et boutonna finalement sa chemise en se dirigeant vers ses effets personnels. Sa jambe le faisait toujours souffrir évidemment, mais il devait essayer de maintenir une bonne cadence. C’était aujourd’hui qu’ils arriveraient jusqu’à la capitale et avec un peu de chance, ils auraient du temps pour se reposer du voyage avant le procès.


- Il nous faut partir. Préparer vos affaires et nous partirons dans les plus brefs délais et surtout…Ne mangeons rien…

Le plan était simple, quitter les lieux le plus rapidement possible afin de gagner plus rapidement la capitale et ainsi Dyarque. Le ton qu’avait employé le jeune homme pouvait laisser penser à la jeune femme qu’il avait complètement retrouver ses esprits, mais il pensait toujours à la veille. Les images lui revenaient sans cesse et il essayait de les chasser tant bien que mal. Il devait se rationnaliser, comme il le faisait si bien et délaisser ses images. Voir même les oublier. Voilà, le plus simple était simplement d’oublier ce village et ce qui s’était passé, même s’il lui en manquait une petite partie. Il attacha sa ceinture autour de ses hanches, fixant ainsi les fourreaux à sa taille et glissa ses dagues à l’intérieur. Il enfila également sa cape sur ses épaules et lorsqu’ils furent totalement près, ils quittèrent la chambre en se dirigeant directement vers leur monture. Ils avaient déjà payé en totalité la chambre pour la nuit et comme l’aubergiste n’était pas présente derrière son comptoir, ils sortirent.

Personne ne s’occupa d’eux, trop occupé à régler leur problème de commerce. Le jeune homme enfourcha la monture et tendit une main à la jeune femme pour l’aider à monter. Lorsqu’elle fut montée, il lança la monture vers le petit sentier et ils prirent la route. Pour sa part, le garde du corps conserva le silence, pendant les premières heures du trajet. Il ne savait pas quel sujet aborder et un long trajet les attendait jusqu’à Aleandir.

Plusieurs heures leur fut nécessaire pour se rendre jusqu’à la capitale, mais comme ils avaient déjà parcouru une bonne distance la veille, ils arrivèrent peu après midi. Beaucoup de monde les attendaient et principalement Dyarque, qui se dressait devant l’entrée de sa demeure.


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MessageSujet: Re: Des ennuis en perspective   Lun 20 Aoû 2012 - 15:36

Nyrlae murmura quelques chose lorsque le jeune homme se dégagea de son étreinte. Elle ouvrit les yeux un instant, mais se rendormit. Pour une fois qu'elle se sentait calme... Lorsqu'elle se réveilla, Galyn était déjà prêt. Les évènements de la veille lui revinrent en mémoire, la poussant à se réfugier dans la salle d'eau pour se changer et prendre un peu de temps pour retrouver toute sa maîtrise d'elle-même.

Galyn avait raison : ne rien boire, ne rien manger. Elle aurait aussi aimé ne plus faire allusion à la soirée de la veille. Mais devoir partager la même monture était loin de lui offrir la distance qui lui aurait convenue. Elle se concentra à nouveau sur son arc et fut soulagée lorsqu'ils atteignirent la petite ville citée par Dyarque.

Trois hommes de son père firent le trajet restant avec eux, assurant une meilleure sécurité encore. Nyrlae avait déjà rencontré l'un d'entre eux pour l'avoir vu aux côtés de leur roi. Ainsi savait-elle être entre de bonnes mains. Il n'y avait pas grand monde à qui elle pouvait faire confiance si ce n'était Galyn. Au moins avaient-ils chacun un cheval, à présent. Aucun signe distinctif qui fasse penser que la Dame Protectrice était du voyage.

Nyrlae aurait aimé voir apparaître Alëandir avec plaisir, mais plus ils avançait, plus son ventre se nouait. Ils furent bientôt dans la capitale. Si ce n'était la végétation qui l'envahissait de plus en plus, la ville n'avait pas beaucoup changé depuis la dernière fois qu'elle y était venue. Son père les attendait, tenant à l'accueillir dès son arrivée. Galyn eut également droit à l'attention des serviteurs qui l'amenèrent dans une chambre luxueuse.

Quant à Nyrlae, elle avait compris qu'elle allait immédiatement avoir la conversation à laquelle elle se préparait avec son père.


***

Elle retrouva Galyn dans un petit bureau quelques heures plus tard. Elle n'avait toujours pas eu l'occasion de se changer et ses traits étaient tendus. Elle masquait autant qu'elle pouvait sa contrariété, mais elle se doutait que Galyn s'en apercevrait rapidement.


" Asseyez-vous, je vous en prie. "

Son ton était protocolaire.

" Nous pensons ouvrir le procès sur l'accusation me concernant afin de discréditer Maeglin. Après quoi seront mis en lumière les faits plus anciens qui vous concernent. Nous vous devons bien cela. "

Le "nous pensons" n'était qu'une formule de politesse. Dyarque ne disait rien, observant Galyn avec attention, comme un prédateur observerait sa proie. Nyrlae continua à parler sans les regarder, elle fixait un point sur le mur, derrière le garde du corps.

" Après quoi le nécessaire sera fait pour que vous retrouviez votre héritage, laviez votre honneur et que vous entriez dans vos fonctions. Je vous accompagnerai sur place dans un premier temps. "

Elle fit une pause, demandant finalement d'une façon qui ne laissait pas de liberté d'une réponse négative :

" Cela vous convient-il ? "

Ils lui proposaient - enfin, lui imposaient - tout ce qu'il avait demandé et peut-être même plus que ce qu'il pouvait espérer. Pourtant, le regard amer de la jeune femme semblait en totale contradiction avec ce qu'elle venait de dire.
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Galyn Talassi

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MessageSujet: Re: Des ennuis en perspective   Lun 20 Aoû 2012 - 17:20

Leurs regards ne s’étaient pas croiser ce matin-là et c’était probablement mieux ainsi. Lorsqu’ils quittèrent l’auberge, ainsi que le petit village, le jeune homme sentit un poids s’envoler de ses épaules. La situation aurait pu devenir très critique tôt ou tard, surtout que désormais, chacun d’eux n’osaient même plus se regarder. Les gens auraient commencés à parler et aurait possiblement eu envie d’agir contre ses imposteurs de couple. Le fait qu’ils se devaient de partager une seule et unique monture ne les aidaient forcément pas à faire bonne mesure et c’était probablement un silence gêné qui régnait entre eux, plutôt qu’un silence qu’ils ne savaient de quoi couvrir. En réalité, ils auraient facilement eu de quoi couvrir le silence, simplement grâce aux questions qui se poseraient tôt ou tard sur le déroulement du procès.

Quand ils arrivèrent en vus du petit village cité par le père de la Dame Protectrice, Galyn se chargea de trouver une nouvelle monture, alors que la jeune femme parlementait avec les hommes de Dyarque. Il n’appréciait pas tellement qu’ils soient autant accompagnés, puisqu’une telle escorte risquait de les faire repérer, mais comme c’était les ordres du roi, il se devait de s’y plier, à moins de vouloir risquer l’exil. Et ça, il n’appréciait pas réellement l’idée, même s’il avait certain amis chez les nains. L’homme que Galyn considérait comme étant le plus expérimenté semblait déjà connaître la demoiselle, mais pour sa part, il n’avait aucune confiance en ce qu’ils représentaient. C’est vrai, ils étaient garde royale pour le roi, mais il n’aimait pas que quelqu’un mettre en doute ses capacités professionnel à défendre Nyrlae.

Lorsqu’ils furent finalement prêts, le jeune homme reprit son cheval qui avait une robe d’un noir incandescent et ils partirent sans presse vert la capitale. Pour sa part, lorsqu’ils arrivèrent en vue d’Aleandir, Galyn se trouvait légèrement en retrait du petit groupe et observait tout ce qui se déroulait autour de lui. Ce n’était pas la première fois qu’il venait, puisqu’il était venu parler avec Dyarque au sujet de Torlan, mais cette ville représentait tout ce que les elfes pouvaient espérer être. Elle était prospère, tout en étant pleine de vie. Seulement, comme dans tous les cités, il existait certaine injustice, mais elles étaient presque invisible à voir tellement la garde était importante à cette endroit. Le garde du corps reconnaissait bien le besoin de maintenir l’ordre chez le roi.

Justement, Dyarque se trouvait devant l’entrée, prêt à les accueillir. Son visage n’exprimait pas de joie de réel, mais plutôt une sorte d’indifférence. Il était évident que ce qui l’importait le plus, c’était de parler directement avec Nyrlae de la conversation qu’ils n’avaient jamais pu avoir de façon télépathique. Régler les choses vites et bien devait être l’une des devises de Dyarque. Pour sa part, le jeune homme délaissa son cheval au soin d’un palefrenier qui c’était approcher de lui et prit ses bagages avant que quiconque puisse y toucher. Il n’avait jamais été du genre à respecter le protocole, ni même à ce laisser servir par les servants. Ce qu’il était capable de faire lui-même, comme transporter ses bagages, il le faisait lui-même. Voilà.

Pendant que la jeune femme était amener vers un autre corridor, Galyn suivit attentivement la servante qui était chargée de les mener jusqu’à la chambre qu’il occuperait. Ayant une mémoire de fer pour ce qui était des dédales de couloirs, le garde du corps se souvenait exactement de quel couloir menait où, ou presque. Il était évident que certains lieux n’avaient pas été visité, donc impossible de savoir ce qu’il en était, mais au moins, il aurait du temps pour en faire le tour et ainsi se familiariser avec les lieux. Le jeune homme eu également droit à des soins de la part des médecins réputés de Dyarque et malgré sa réticence à ce faire aider, il finit par obtempéré du mieux qu’il le put.

**

Galyn fut finalement convoqué dans un petit bureau où se trouvait déjà le roi ainsi que sa fille, Nyrlae. Le jeune homme constata que la demoiselle n’avait toujours pas eu l’occasion de changer de vêtement et cela semblait dû à la discussion qu’elle et Dyarque avait eu depuis leur arrivé. Les traits tendus qu’elle avait n’avait absolument rien a voir avec ceux qu’elle avait lorsqu’elle dormait coller contre lui. Il chassa aussitôt ses images de sa tête, peu désireux d’y repenser dans l’immédiat, surtout qu’il savait ce don le roi était capable niveau télépathique.


" Asseyez-vous, je vous en prie. "

Loin d’être le genre a respecté le protocole, Galyn s’y plia néanmoins, ne voulant pas s’attirer davantage d’ennuis avec le père de Nyrlae qui semblait le guetter depuis son entrée dans la pièce. Il n’aimait pas particulièrement le regard qu’il lui lançait, mais s’il était là, c’était forcément pour parler de choses importantes, comme le procès qui allait commencer dès le lendemain, d’après ce qu’il avait entendu dire.

" Nous pensons ouvrir le procès sur l'accusation me concernant afin de discréditer Maeglin. Après quoi seront mis en lumière les faits plus anciens qui vous concernent. Nous vous devons bien cela. "

Pourtant, il se souvenait très bien de ce que la demoiselle lui avait dit dans son bureau à Daranovar. Ils leurs étaient impossible d’accusés Maeglin sur le chef d’accusation qu’il avait organisé l’assassinat de ses parents, simplement parce que les preuves n’étaient plus trouvable et que c’était sa parole contre la sienne. De plus, vus le regard que ne cessait de lui lancé le roi, le garde du corps n’était pas dupe. Il se doutait bien que la partie de la phrase qui les englobaient tout les deux ne concernait en rien le roi, mais comme il ne voulait pas d’ennuis, il se contenta d’hocher vaguement la tête, comme s’il était d’accord avec les propos de la jeune femme. Du moins, il croyait qu’il ferait mieux de resté sur ses gardes, surtout qu’il connaissait assez la jeune femme pour savoir qu’a cette instant, elle n’était pas du tout la femme la plus heureuse au monde et la plus épanouie. Elle semblait soucieuse et contrarié.

" Après quoi le nécessaire sera fait pour que vous retrouviez votre héritage, laviez votre honneur et que vous entriez dans vos fonctions. Je vous accompagnerai sur place dans un premier temps. "

Son héritage. Oui. Seulement, était-ce réellement une question de redonner un héritage à un elfe qui l’avait perdu plusieurs décennies plutôt ou simplement un choix stratégique? Il ne saurait dire. De plus, le roi aurait aisément pu donner le poste de Protecteur à quelqu’un qui avait l’habitude de gérer le genre de situation auxquelles il devraient faire face et ça depuis longtemps. Pour sa part, Galyn avait certes appris aux côtés de ses parents, il n’en restait pas moins que cela faisait une trentaine d’années qu’il n’avait pas touché aux choses protocolaires. Pourquoi lui? Il se le demandait désormais, mais encore une fois, préférant éviter toute querelle, il hocha vaguement la tête, sans prendre la peine d’ouvrir la bouche. De plus, s’il savait la jeune femme à ses côtés pendant les premiers temps de son entrée en fonction, il croyait pouvoir réussir à y arriver, simplement parce qu’il n’avait jamais vus quelqu’un d’aussi rigoureux dans son travail qu’elle ne pouvait l’être envers son peuple.

" Cela vous convient-il ? "

- Parfaitement, dit-il en se levant du siège qu’il occupait.

Même si la réponse semblait être ce qu’ils voulaient entendre, le garde du corps croisa un bref instant le regard de la jeune femme et elle pouvait savoir que cela ne lui convenait aucunement. En réalité, il commençait à se rendre compte du pion qu’il commençait à devenir et cela ne lui plaisait aucunement. L’exil aurait probablement été la chose la plus sûr à faire, s’il était pour être utiliser au bon vouloir du roi. Il quitta finalement la pièce en se dirigeant vers la chambre qu’on lui avait confiée.

Quelques heures s’écoulèrent encore, alors que le garde du corps essayait de s’occuper tant bien que mal avec de la lecture qu’il avait amené de Daranovar. En fait, il avait apporté quelques ouvrages politiques afin de se mettre davantage dans le bain qui l’attendait, mais en même temps, il craignait que quelque chose n’arrive. Il ne savait quoi encore, mais il avait une sorte de pressentiment. Il se décida finalement à quitter sa chambre, simplement parce qu’il ne savait que faire. Il choisit d’arpenté un peu les corridors et comme la nuit était déjà tombés sur la cité, il n’y avait presque pas âme qui vive dans le château. C’était exactement ce qu’il voulait, un peu de tranquillité. Le jeune homme fini par trouver un endroit totalement en retrait, un petit balcon qui donnait sur les rues déserte de la ville et il vint s’y appuyer afin d’admirer la vue qu’il avait en contre bas. Il savait que quelques parts, dans les sous terrains de ce château, se trouvait Torlan, enfermer dans une cage de fer, qui ne demandait qu’à sortir. Il pourrait s’occuper lui-même de son cas, mais c’est lui qui prendrait alors des allures d’assassins. En même temps, personne ne disait qu’un garde du corps avait les mains complètement propres. Il avait volé des vies au cours de sa carrière, mais uniquement des vies qui valaient la peine d’être prise.

Il sentit une présence derrière lui, mais ne se retourna pas, sachant très bien de qui il s’agissait. La demoiselle ne semblait pas être de meilleure humeur que tout à l’heure et il s’en apercevait uniquement en la voyant du coin de l’œil.


- Vous semblez…contrarier, Milady, dit-il sans quitter la ville qui se trouvait en contre bas.

Il n’osait pas la regarder, simplement parce qu’elle non plus n’avait pas semblé vouloir le regarder quand ils avaient quitté l’auberge. Il était toujours aussi pensif, ne sachant trop quoi penser du comportement du père de Nyrlae. La première fois, il avait utilisé Galyn comme appât et cela n’avait absolument rien donné, surtout que la situation c’était même empirer depuis cela. Peut-être était-ce justement ce que cherchais Dyarque? À évincer complètement le garde du corps. Mais pourquoi? Il se concentra à nouveau sur la demoiselle, se demandait si elle avait eu un peu de temps pour se reposer.

- Tout ce passe exactement comme vous l’avez prévu?

La remarque pouvait sous entendre beaucoup d'élément. Tout d'abord, l'auberge, la route, le procès ainsi que les divers éléments qui suivrait...

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MessageSujet: Re: Des ennuis en perspective   Jeu 23 Aoû 2012 - 11:28

Nyrlae se figea en voyant qu’une silhouette se découpait déjà sur le balcon. Elle aurait eu besoin d’être seule, n’avait aucune envie de discuter avec qui que ce soit. Elle opérait une retraite stratégique lorsque la voix de Galyn la figea. D’accord, elle l’avait reconnu avant, elle ne pouvait le nier. Mais elle aurait préféré qu’il ne la voie pas. Il ne se retourna pas, mais elle sentit qu’il l’observait. Elle se troubla, ne sachant plus si elle devait répondre ou couper court. Sa présence la mettait mal à l’aise étant donné qu’elle ne parvenait pas à oublier tout à fait ce qui s’était produit à l’auberge. Enfin, mal à l’aise… elle ne l’était jamais tout à fait avec lui. De toute façon, il faudrait bien qu’elle se comporte normalement au procès. Le fuir n’amènerait rien de bon. D’autant qu’il était l’une des rares personnes sur lesquelles elle pouvait compter. Elle avait besoin de lui si elle voulait être capable de rester stoïque face à Torlan. Toute seule, même avec son père pour juge, elle ne ferait pas le poids.

Après un temps d’arrêt elle alla donc près de la balustrade, même si elle évitait toujours de le regarder en face. Contrariée... Si elle était contrariée ? Elle laissa échapper un soupir et se mordit légèrement la lèvre. Elle s’était changée depuis l’entretien, avait revêtu une robe en adéquation avec son rang. Toujours simple selon ses goûts, mais plus riche que ce qu’elle s’accordait chez elle. Il fallait suivre le protocole. Mais aucune tenue de Dame Protectrice ne l’empêcherait de se sentir lasse. Elle ne l’aurait jamais reconnu, mais elle ne se sentait pas vraiment de taille à affronter Torlan. Elle était plus fragile qu’elle ne l’aurait voulu.


" Tout se passe exactement comme vous l’avez prévu? "

Ses mains se crispèrent sur la rambarde et elle faillit faire demi-tour, partir en courant. Il mettait exactement le doigt sur ce qu’elle ne pouvait s’empêcher de ressasser. Puis elle osa enfin croiser son regard. Non, tout ne se passait pas comme elle l’avait prévu, à en croire la détresse qui brillait dans ses yeux. Elle parut sur le point de dire quelque chose mais se raisonna, serra les lèvres en baissant le regard. Elle ne reprit qu’un instant plus tard :

" Galyn… "

Elle s’approcha assez près de lui, murmurant pour être certaine que lui seul l’entende :

" Je ne peux pas tout vous dire, même si je le voudrais. Je vous demande de me faire confiance. S’il vous plait… Je fais cela pour vous... "

Elle avait planté ses yeux dans les siens pour donner plus de force à ses propos. Elle se détourna en soupirant.

" Pas pour moi, " laissa-t-elle échapper encore, si bas qu’elle ne parlait plus qu’à elle-même.

Elle reprit sa place près de la rambarde pour regarder le paysage, les mains posées à nouveau dessus, comme si elle préférait reprendre un peu ses distances. Ses pensées avaient du mal à se détacher de ce qui s’était passé dans l’auberge, malgré la situation. Elles y revenaient sans cesse, aux moments les plus incongrus, lorsqu’elle s’y attendait le moins. Et à chaque fois, elle les repoussait.


" Vous méritez de regagner votre place, vous méritez de prendre ce poste. "

Au moins cela était-il sincère. Elle soupira, un peu soulagée de pouvoir parler franchement et le regarda à nouveau.

" Et pour votre métier de garde du corps… Ne regrettez rien. Personne ne vous réengagerait et moi… Je ne veux pas que vous restiez à mon service. "

Elle baissa les yeux, consciente qu’elle était devenue incapable de soutenir son regard.

" Je ne veux pas… c’est un métier… tôt ou tard… je ne veux pas que vous mourriez par ma faute ! "
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MessageSujet: Re: Des ennuis en perspective   Ven 24 Aoû 2012 - 21:30

Galyn n’avait eu aucunement besoin de se retourner pour sentir que la présence qui se trouvait derrière lui était en réalité celle de la demoiselle. Elle semblait hésité à ce rapproché et le jeune homme ne lui tordit pas le bras pour qu’elle se rapproche, mais l’interpela plutôt avec une question plutôt poignante, qui risquait de la faire venir. Il avait remarqué pendant la petite séance avec son père qu’elle était contrariée et donc, il voulait en connaître les fondements. Peut-être avait-il mal agis au protocole, mais depuis le temps, elle devait savoir que jamais il ne l’avait respecté, puisqu’il n’aimait pas particulièrement les nobles. Il en deviendrait de nouveau un, un vrai, un qui ne soit pas déchu. Cependant, même si le roi et elle souhaitait le réhabilité au poste du Protecteur, rien ne garantissais l’appui des citoyens de Cirdan Sùron, même s’il se doutait bien que Torlan ne leur avait pas fait la vie rose depuis son entré en poste.

Il la sentit finalement s’approcher, mais vit qu’elle ne souhaitait pas non plus croiser son regard. Il avait l’impression d’avoir fait une chose terrible à l’auberge, une chose dont il ne se souvenait pas et qui semblait troublée la demoiselle. Était-il allé jusqu’à la…Non. C’était impossible. Et pourtant, il doutait lui-même de son comportement. Les choses ne s’arrangeaient décidément pas. Il remarqua que la demoiselle se mordit la lèvre, alors qu’il lui demandait si elle était contrariée à propos de quelque chose. La question qui sembla la frappée davantage fut celle concernant le fait que tout se passait comme ils l’avaient prévu. Il savait qu’il venait de toucher un point sensible et le réflexe de la demoiselle de serrer la rambarde le confortait davantage dans cette idée. Quand leur regard se croisa enfin, le jeune homme pouvait y lire toute la détresse de la demoiselle et il ne savait quoi faire face à cela. Jamais il n’avait eu de talent pour ça et elle devait bien le savoir.


« Galyn… »

Lorsqu’elle se rapprocha de lui, pour éviter que quiconque puisse les entendres, le garde du corps sentit son cœur raté un battement et battre légèrement plus vite ensuite. Qu’est-ce qui lui prenait à la fin. Tout cela n’avait absolument aucun sens et il était en train de se dire que les effets de la drogue devaient être plus puissant qu’il ne le pensait.

" Je ne peux pas tout vous dire, même si je le voudrais. Je vous demande de me faire confiance. S’il vous plait… Je fais cela pour vous... "

Elle faisait cela pour lui? Il lui omettait certain détail pour lui? Pourtant, il ne demandait qu’a savoir ce qui pouvait bien se tramer derrière toute cette petite mise en scène de la part de Dyarque et de la demoiselle. Qu’est-ce qu’ils cherchaient à tout prix à dissimuler au regard des autres? Seulement, le regard qu’elle lui lança juste après avoir dit sa phrase lui fit comprendre qu’il se devait de lui faire confiance. Après tout, chaque fois qu’il avait osé faire une telle chose, c’est-à-dire, lui accorder sa confiance, jamais elle n’avait su le décevoir comme tant d’autre l’avait fait. Le reste des propos de la jeune femme restèrent inaudible pour le garde du corps, puisqu’il n’entendit qu’un murmure.

" Vous méritez de regagner votre place, vous méritez de prendre ce poste. "

Regagner sa place. Mais à quel prix? Il aimait beaucoup son métier de garde du corps et même s’il ne l’avouerait pas, il l’appréciait davantage depuis qu’il c’était retrouver à Daranovar par pur hasard. Était-ce réellement un hasard? Seuls les dieux pouvaient le dire. Pour sa part, le jeune homme aurait bien choisi de conserver sa place et surtout, il aurait aimé que Torlan ne sorte jamais de son petit château. Il est vrai que la vengeance qu’il souhaitait depuis longtemps allait finir par arriver, mais il aurait préféré que les choses se passent autrement, simplement parce que maintenant, il était propulsé au poste de Protecteur.

" Et pour votre métier de garde du corps… Ne regrettez rien. Personne ne vous réengagerait et moi… Je ne veux pas que vous restiez à mon service. "

La remarque fit tourner la tête de Galyn en direction de la demoiselle. La brutalité de la remarque venait de toucher sa cible et le jeune homme était à la fois en colère, mais également rempli d’un sentiment étrange qui lui étreignait le cœur. Elle ne voulait donc plus de lui dans sa vie. Fortement encourageant…

" Je ne veux pas… c’est un métier… tôt ou tard… je ne veux pas que vous mourriez par ma faute ! "

Oh. En fait, elle ne voulait pas le chasser de sa vie, mais plutôt lui éviter une mort qui deviendrais certaine vis-à-vis les dangers auxquelles ils devaient toujours faire face. Cependant, pour lui, être garde du corps n’était pas simplement un métier et il aurait cru qu’elle l’avait compris, depuis le temps. Il redressa finalement le dos, retirant par la même occasion ses bras posés sur la rambarde et s’approcha d’elle afin de se trouver au niveau de son oreille.

- La mort aurait au moins été utile à quelque chose, si sa aurait été pour vous, chuchota-t-il au creux de son oreille.

Sans attendre de réponse, le garde du corps se tourna dos à elle et prit la direction de sa chambre, peu désireux d’étirer davantage la soirée. De plus, il était conscient qu’il se devait d’être en forme pour affronter le procès qui allait commencer le lendemain. Ce dernier durerait forcément plusieurs jours, le temps d’analyser les preuves, ainsi que les différents témoignages.

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