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 Question de confiance... encore une fois

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Aureane KalonErc'h

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MessageSujet: Question de confiance... encore une fois   Dim 9 Oct 2011 - 15:22

[hrp : rp se déroulant dans le monde fantasy de Miradelphia]


Le temps passa, permettant à Aureane d’oublier petit à petit sa rancœur. Ses pieds gardaient des traces qu’elle ne verrait sans doute jamais disparaitre et elle avait en grande partie perdu toute sensibilité, ce qui diminuait la douleur mais n’aidait pas à l’équilibre ; mais elle pouvait faire quelques pas. Elle trébuchait souvent et évitait autant que possible de se mettre à l’épreuve, mais au moins pouvait-elle aller de leur lit à celui de Roland ou même du canapé aux étagères de la bibliothèque. Elle s’était remise à cuisiner et faisait même parfois le ménage des meubles à portée de main si Clémence ou Nicolaï ne venait pas la gronder.

Et puis, surtout, elle s’occupait à nouveau de Roland. En un mois, celui-ci avait encore grandi et faisait la fierté de ses parents. Il commençait à se dresser sur ses avant-bras, cherchant à regarder autour de lui en gazouillant comme un bienheureux. La jeune femme le couvait autant que possible, ne sachant que trop bien ce que risquait un bébé prenant froid ou mal nourrit. Autant dire qu’il ne manquait de rien et qu’elle était ravie de le voir tout potelé et gigotant. En fait, tout allait tellement mieux qu’elle envisageait même de se remettre à l’allaiter peu à peu, d’autant qu’elle n’avait aucune envie que la jolie petite nourrice traine à demeure. Si Nicolaï doutait tellement de sa femme peut-être était-ce parce qu’au fond il ne croyait pas à la fidélité. N’ayant aucune envie de vérifier cette théorie, Aureane décida de reprendre dès qu’elle le pourrait les tétées à son compte, jusqu’à pouvoir se débrouiller toute seule.

Clémence, pour sa part, boudait toujours Nicolaï. Lorsqu’elle était vraiment obligée d’avoir affaire à lui, c’était en faisant tout son possible pour dissimuler tout le mépris qu’il lui inspirait. Elle savait se tenir, elle faisait des efforts à ce propos, mais c’était vraiment plus fort qu’elle et à chaque regard il devait se rappeler ce qu’il avait osé faire à Aureane. Cette dernière avait renoncé à les réconcilier. Elle avait suffisamment eu de mal pour passer elle-même l’éponge, elle n’avait aucune envie de se forcer à ré évoquer le sujet pour Clémence qui ne changerait sans doute pas d’avis. En attendant, la tante s’occupait de la suppléer pour faire fonctionner la maisonnée, ce qui n’était pas de tout repos.

Aureane continuait à enluminer le livre mais ne s’était toujours pas décidée à reprendre la plume pour écrire la suite. Le récit s’arrêtait toujours avant l’épisode de la grange. En soi, elle avait l’impression de vivre hors du temps et de goûter son bonheur au jour le jour, ce qui lui convenait bien. Pour sa part, elle n’avait pas à regretter d’avoir tourné la page. S’endormir tous les soirs aux côtés de son époux et se réveiller dans ses bras tous les matins la comblait amplement.

***

Ce matin-là était jour de marché et pour la première fois depuis ce qui lui semblait être une éternité, Aureane se dit qu’elle était prête à sortir. A condition d’aller en carriole, évidemment. Ensuite, elle pourrait sans doute faire quelques pas devant les premiers étals et si Nicolaï l’aidait, aller s’asseoir dans le sanctuaire de Néera pour prier un petit moment. Laissant Roland à Clémence, elle annonça donc au chevalier qu’elle était prête à l’accompagner.

Sortir de l’enceinte de Dyriet était plus agréable qu’elle ne l’aurait pensé. Elle avait presque oublié cette sensation de liberté, ce plaisir de voir de nouvelles têtes. On chuchota beaucoup sur leur passage, les gens n’avaient pas oublié ce qui s’était passé. Mais dans l’ensemble, ce qu’elle saisit était plutôt positif et les quelques commerçants qu’elle connaissait le mieux vinrent même lui demander comment elle allait. Après tout, l’ordalie l’avait lavée de tout soupçon. C’était cette ambiance villageoise – celle qui était joyeuse, pas la suspicieuse - qu’elle aimait tant chez elle qu’elle retrouvait ici. Le marché n’était pas des plus fourni, mais au moins était-il animé et elle resta un long moment à observer les étals pour le plaisir des yeux. Nicolaï n’avait toujours pas réussi à la changer en parfaite petite noble, elle était certes habillée de neuf et impeccable, mais avec une simplicité paysanne classique. Au demeurant, s’il lui avait fait la remarque, elle aurait presque été étonnée, trouvant que sa robe tait déjà d’une qualité rare. Chacun ses références.

Ce fut alors qu’elle faisait remarquer qu’il fallait racheter une cruche à Nicolaï, qu’une personne bien connue les accosta : Cyrielle. Aureane voyait la guérisseuse beaucoup moins souvent, à présent, juste deux fois par semaine. Cyrielle les salua et lui proposa de venir directement la voir chez elle. Laissant NicolaÏ faire ses emplettes, elle la fit entrer dans une jolie maisonnette et s’isola avec sa patiente. Ce fut au bout de quelques minutes, que de l’étage descendit un petit garçon qui ne devait pas avoir plus de trois ou quatre ans, faisant bien attention à ne pas trébucher sur les barreaux trop larges pour lui de l’échelle. Une tignasse brune ébouriffée, des yeux gris métalliques, il appela à la ronde :

« Mama ? »

Cyrielle ressortait justement, suivie lentement d’une Aureane visiblement soulagée de ce qui avait été dit sur ses pieds. Seulement, son sourire se figea en voyant le petit garçon. Ce ne fut pas immédiat. Sur le moment elle se dit juste « oh un enfant tout mignon ». Puis « oh on dirait un petit Nicolaï miniature ». Ensuite, « c’est le fils de Cyrielle, il l’appelle maman ». Et puis… « Cyrielle est l’amie d’enfance de Nicolaï, elle me l’a dit. » Et enfin… « qu’a-t-il fait avant de me connaitre ? »

Elle ne l’avait jamais énormément interrogé sur sa vie passée. D’abord parce qu’elle n’avait pas osé, ensuite parce qu’elle avait compris que c’était peut-être douloureux étant donné qu’il lui manquait des souvenirs. Et puis… leur nuit de noces sous-entendait qu’il n’avait connu qu’elle. Le gamin lui sourit et elle se fit violence pour en faire autant : était-ce son imagination ou bien ressemblait-il vraiment à Nicolaï ? A force de ressasser qu’il ne lui avait pas fait confiance et qu’elle aurait peut-être mieux fait d’en faire autant, elle finissait par se demander si ce n’était pas un signe des dieux… Hébétée, elle resta là à regarder le petit quémander une friandise auprès de sa mère.
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Nicolaï KalonErc'h

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MessageSujet: Re: Question de confiance... encore une fois   Lun 10 Oct 2011 - 2:56

Cyrielle était littéralement figée en regardant Aureane. Elle aurait préféré que la jeune femme ne le vois jamais. Cela aurait été tellement plus simple. D'un autre côté, se n'était pas le genre de secret qu'on pouvait cacher indéfiniment tout de même. Il y avait une certaine limite. Et puis, si ni elle, ni Nicolaï ne s'étaient rendu compte de rien jusqu'à présent, c'était sans doute essentiellement parce qu'ils étaient largement assez occupé comme cela avec leur propre histoire de couple. Et elle, elle venait d'enfoncer encore le clou entre eux.

Difficile maintenant de faire comprendre la situation à la jeune femme aux yeux bleus. Difficile, voir même impossible. Comment allait-elle réagir face à cela ?

Il fallait dire que l'aspect du petit ne laissait guère de doute sur sa parenté. Pas avec ces yeux couleurs d'acier et ces cheveux sombres.

« Maman ? »

Le petit réclamait une friandise en tirant doucement sur la robe de Cyrielle, une sorte de pantin de bois entre les mains qui devait faire office de doudou. La jeune herboriste se pencha sur son fils et le renvoya dans sa chambre, lui promettant de lui en donner une plus tard s'il restait sage. L'enfant fit une moue boudeuse, mais il partit.

Il ne restait plus que les deux jeunes femmes aussi tétanisée l'une que l'autre. Cyrielle se maudissant de se qui avait put se passer, et Aureane doutant encore comme elle savait si bien le faire.

« Il... il ne sait pas, fini par bredouiller la rouquine. »

Assez de secret. Elle ne pouvait plus le cacher, il venait d'exploser à la figure d'Aureane. Mieux aurait peut-être valut qu'elle ne revienne pas en Ysari.

« Je... j'ai... il n'en a jamais rien sut. »

Elle baissa la tête, triturant ses doigts.

« Il ne savait même pas que nous... enfin... il ne le sait pas. »

Comment est-ce qu'elle allait pouvoir lui faire croire ça ? C'était la pure et stricte vérité, mais même elle n'aurait pas réussi à se convaincre avec un exposé pareil. Elle avait encore tout gâche. Et cette fois, se n'était pas uniquement pour elle que tout était perdu. Elle avait tenté de permettre à Nicolaï et à son épouse de récoler les morceaux. Et cela avait plutôt bien marcher, il fallait bien l'avouer. mais tout était à présent fichu. La jeune femme ne ferait plus un seul instant confiance à son époux. Il n'y avait pas de doute possible là dessus.

Et tout ça, à cause d'elle.

Si elle avait put, elle en aurait pleuré.

Mais cela ne servait à rien. Elle se contentait donc d'attendre le verdict de l'épouse légitime, les yeux humides.
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Aureane KalonErc'h

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MessageSujet: Re: Question de confiance... encore une fois   Lun 10 Oct 2011 - 16:19

Aureane se dit qu’elle faisait erreur. Elle se trompait forcément. Des enfants bruns aux yeux gris, il devait y en avoir des dizaines, peut-être même des centaines sur le continent. Et puis… non, quand même. Ce n’était pas le genre de choses qu’il aurait pu cacher tout de même ! D’un autre côté, elle ne lui avait jamais posé la question, ils ne l’avaient pas du tout abordé. Tout le monde savait qu’il n’y avait que les filles qui devaient rester chastes jusqu’au mariage. On encourageait au contraire les garçons à montrer toute leur vigueur tant qu’ils ne se mettaient pas violer la première femme qui passait sous leur nez.

Bon. Elle avait beau penser que Nicolaï n’était pas du genre à semer des bâtards derrière lui inconsidérément, elle ne pouvait nier que la réaction de Cyrielle suffisait à prouver que le jeune homme n’était pas aussi inexpérimenté lors de leur nuit de noces qu’il l’avait laissé entendre.

« Il... il ne sait pas. »

Ah. Aureane ne savait même plus ce qu’elle devait dire ou faire, mis à part rester plantée là. Il ne savait pas ? Bah, après tout, il y avait quantité de pères ignorant qu’ils avaient des bâtards. Enfin… c’était bien de cela qu’elles parlaient, non ? Parce qu’elle avait beau s’accrocher à l’espoir que ce ne soit pas le cas, Cyrielle ne faisait que lui confirmer qu’elle s’était lourdement trompée en lui faisant confiance. Encore une fois. Aureane secoua lentement la tête, comme si elle refusait l’évidence.


« Je... j'ai... il n'en a jamais rien su. »

Aureane sentit ses yeux se remplir de larmes, mais elle resta stoïque. Elle n’était pas sûre de savoir si cela la consolait.

« Il ne savait même pas que nous... enfin... il ne le sait pas. »

Comment ? Qu’essayait-elle de lui dire, au juste ? Que Nicolaï n’avait même pas su qu’ils avaient fait ce qu’il fallait pour avoir un enfant ? Même avec son éducation trois-cheminoise, elle avait réussi à comprendre le principe, elle ! Qu’il ne sache pas qu’il avait un fils, passe encore, mais tout de même !

Mécaniquement, elle remit sa cape sur ses épaules et l’agrafa avant de s’apprêter à sortir d’un pas précautionneux, ignorant l'herboriste.


« Attendez ! Ne lui dites rien, je vous en prie. »

Aureane se retourna vers elle, le visage fermé, et essuya les larmes qu’elle n’avait pas laissées couler. Ce fut d’une voix glaciale qu’elle déclara :


« Ce n’est pas à moi de le lui dire, mais à vous. Ici, le secret ne sera pas gardé très longtemps et je ne veux pas qu’on parle derrière son dos. Si vous ne dites rien, je le ferai avant que les rumeurs ne le lui apprennent elles-mêmes. Je vous laisse jusqu’à demain soir, après quoi, c’est moi qui parlerai. »


Elle soupira avant de se recomposer un masque pour ressortir à l’extérieur. Elle aurait pu se plaindre, reprocher elle ne savait quoi à Nicolaï, mais elle n’allait sûrement pas mettre son mariage en péril pour quelque chose qui s’était passé avant qu’ils ne se connaissent. Quoi qu’il ait su ou lui ait caché, elle ne voulait pas revenir là-dessus. Elle aurait pu aussi ordonner à Cyrielle de quitter les lieux et de disparaitre avec son enfant. La question aurait été réglée très simplement. La guérisseuse ne voulant pas ébruiter l’affaire, elle aurait sans doute accepté. En tout cas, elle venait d’énormément baisser dans son estime. Fille-mère ! Elle avait de la chance de réussir encore à gagner sa vie. Peut-être prétendait-elle être veuve afin d’éviter d’être rejetée par la société. Pour l’enfant comme pour elle, il valait mieux l’espérer.

Oui mais voilà : Aureane savait que jamais elle ne pourrait garder ce secret vis-à-vis de Nicolaï. Elle allait déjà avoir du mal à ne rien dire avant que Cyrielle ne le fasse. En admettant qu’il ne sache réellement pas. Qu’est-ce qui le lui prouvait après tout ? La guérisseuse ne disait peut-être que cela pour essayer d’arranger sa propre situation. On avait souvent vu des épouses jalouses s’en prendre à celles qui se trouvaient sur leur chemin. De toute manière, avant d’aller plus loin, une question demeurait : était-ce réellement le fils de Nicolaï ? Après tout, Cyrielle ne serait pas la première à revendiquer une paternité complètement fausse, surtout auprès d'un seigneur. Certes, elle disait qu’elle ne voulait pas que Nicolaï sache. Mais alors pourquoi ressurgir justement alors qu’Aureane était au plus mal et en amenant son fils avec elle ? Le secret ne pouvait être gardé dans ces conditions ! Se pouvait-il que, connaissant Nicolaï, elle se soit dit que c’était là une occasion de lui soutirer de l’argent sous prétexte qu’il avait un bâtard - ou du moins croire qu'il en avait un ?

Les bras croisés, le visage fermé, Aureane était bien décidée à attendre Nicolaï pour qu’il les amène chez eux. La discussion était close. A moins que Cyrielle n’ait décidé de lui parler dès maintenant. A la pensée qu’il puisse vraiment avoir… non, elle s’accrochait encore à l’idée qu’il pouvait n’y avoir qu’un malentendu. En même temps… pourquoi pas ? Elle se sentait glacée jusqu'au cœur, et le temps nuageux n'y était pour rien.
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Nicolaï KalonErc'h

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MessageSujet: Re: Question de confiance... encore une fois   Lun 10 Oct 2011 - 17:26

À la tête que faisait Aureane, Nicolaï vit d'assez loin que quelque chose n'allait pas. C'était simple, la jeune femme ressemblait à un mini-bunker. Campée sur ses jambes bras croisé, visage fermé, elle ne semblait pas vraiment d'humeur à engager une quelconque conversation. Aureane n'avait jamais vraiment été une grande bavarde. Elle n'était pas du genre à blablater sans arrêt, il fallait bien l'avouer. Elle n'engageait jamais d'elle même la conversation. Elle était comme ça la petite Aure. Plutôt du genre à écouter qu'autre chose. Mais tout de même. Là, elle ne semblait même pas avoir envie d'écouter.

Qu'est-ce qui avait bien put se passer ? En tout cas, Nicolaï se sentait soudain quelque peu idiot. Difficile de savoir vraiment pourquoi, mais les deux pommes d'amour qu'il tenait entre ses mains lui donnait cette féroce impression.

Un peu hésitant, Nicolaï se rapprocha d'elle. Ils avaient fini leurs emplettes et il était temps de retourner à Dyriet. Il n'y avait plus qu'à espérer qu'ils y arrivent avant l'orage.

Le jeune homme tendit une des pommes d'amour à son épouse.

« Une petite folie. »

Devant sa mine fermée, il se sentait plus stupide encore. Il avait pourtant crut que cela lui ferait plaisir, mais ça ne semblait pas être le cas. En fait, elle paraissait un peu indifférente. Le jeune homme poussa un soupire. Il y avait un moment ou Aureane aurait bafouillé en recevant la pomme, où elle aurait rougit, tenté tant bien que mal de refuser en se disant que c'était trop beau pour elle.

Là, ça n'avait pas l'air d'être le cas.

C'est fou se qu'on peu se sentir las et vieux d'un seul coup.

Le dialogue semblait quelque peu... interrompu. Du coup, pas grand chose à dire ou à faire.

« J'ai tout se qu'il nous faut, dit-il calmement. On rentre. »

Et voilà. Lui non plus n'avait plus envie de parler. Seulement de partir.
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Aureane KalonErc'h

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MessageSujet: Re: Question de confiance... encore une fois   Lun 10 Oct 2011 - 17:50

Aureane regarda Nicolaï approcher, gardant contenance à grand peine. Les sourcils froncés, elle prit la pomme, sentit les larmes qui montaient à nouveau et menaçaient de la submerger. Elle devait être trop sensible...

" Merci, c'est gentil, "
murmura-t-elle d'une petite voix.

Difficile de faire mieux dans ces conditions. Elle n'aurait pas voulu avoir à le prévenir elle-même. L'idéal aurait été que Cyrielle le lui annonce, que lui vienne ensuite la prévenir, elle, et, dans un monde merveilleux, il lui aurait même annoncé que tout malentendu était dissipé.


« J'ai tout ce qu'il nous faut. On rentre. »

Mais non, elle était incapable de jouer la comédie. Si elle fit quelques pas maladroits en lui prenant le bras, elle s'immobilisa presque aussitôt en secouant la tête.


" Je regrette, Nicolaï, mais je ne peux pas faire ça, c'est trop dur. "


Elle le regardait d'un air éperdu, comme si elle cherchait la vérité au fond de ses yeux. N'y trouvant rien qu'une perplexité grandissante, elle finit par soupirer.

" Allez voir Cyrielle,
demanda-t-elle en utilisant le vouvoiement qu'elle avait toujours gardé en public. Elle doit vous parler. "

Ne voulant pas qu'il s'inquiète pour sa santé, elle précisa qu'elle allait bien. La guérisseuse ne venait pas de lui annoncer qu'elle était à l'article de la mort. Lui lâchant le bras, elle lui fit signe d'y aller et retint un sanglot.


" Je vous attends ici. "


Elle fit tourner la pomme entre ses doigts, machinalement. Puis, après un instant d'hésitation, elle parvint à esquisser un sourire, ajoutant :

" Je vous aime. "

Sur ce, elle s'assit sur le bord de la carriole et attendit qu'il aille voir l'herboriste. Il devait savoir ce qu'elle avançait. Que ce soit vrai ou faux, que cela lui fasse plaisir ou non. Aureane se savait incapable de vivre avec un tel secret et elle s'était toujours jurée d'être honnête avec le chevalier. Sauf s'il devait en souffrir... mais la voir se torturer sans explication lui ferait de toute manière du mal. Alors autant mettre les choses à plat.

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Nicolaï KalonErc'h

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MessageSujet: Re: Question de confiance... encore une fois   Lun 10 Oct 2011 - 19:50

Si on pouvait bien reconnaître un qualité à Aureane, c'était qu'elle était très mauvaise actrice. La pire de tout le royaume. Même si sa vie en dépendait, elle était incapable de mentir de façon convainquante. Elle avait pourtant déjà essayé à plusieurs reprises de donner l'illusion d'en être capable. Mais la pauvre jeune femme se trahissait et revenait bien vite sur sa déclaration. Son temps maximum était de sept secondes.

Immédiatement, la jeune femme lui attrapa le bras pour le retenir. Qu'est-ce qu'elle pouvait bien vouloir ?

" Je regrette, Nicolaï, mais je ne peux pas faire ça, c'est trop dur. "

Ah... déjà qu'il ne comprenait pas se qu'elle était en train de faire, s'il en venait à ne même plus comprendre se qu'elle voulait dire, ça n'allait pas s'arranger. Loin de là. Et puis, pourquoi est-ce qu'elle était en train de faire cette tête ? Il resta un moment à la regarder, attendant qu'elle finisse enfin pas lui donner une explication. C'était peine perdue. Finalement, elle poussa un soupire.

" Allez voir Cyrielle. Elle doit vous parler. "

Cyrielle ? Mais qu'est-ce qui était en train de se passer ? Aureane paraissait sur le point de lui dire qu'elle venait de s'égorger accidentellement avec un épluche patate pendant qu'elle prenait son bain. Ou alors est-ce que c'était elle qui était à l'article de la mort ? Mais non, c'était impossible, ses pieds allaient bien. Un tic nerveux agitait les lèvres du jeune homme au moment où il lui demanda si elle allait bien.

Apparemment, c'était le cas. Mais... mais qu'est-ce qui pouvait bien clocher dans ce cas ? Qu'est-ce qui lui arrivait ?

Aureane retint avec difficulté un sanglot qui, aux oreilles de Nicolaï, n'annonçait rien de bon.

" Je vous attends ici. "

Elle était mal à l'aise et cela rendait le chevalier de plus en plus anxieux.

" Je vous aime. "

Bon, là, il était carrément en train de paniquer. Qu'est-ce qui était encore en train de se passer ?

Aureane quant à elle se mit assise d'un air décidé sur le bord de la cariole, visiblement fermement décidée à l'attendre là le temps qu'il faudrait, même si elle devait se prendre l'orage qui arrivait sur le bout du nez.

Hésitant, Nicolaî entra dans la maison de Cyrielle d'un pas peu sur.

* * *

Une demi heure plus tard, le chevalier en sortait.

Plus pâle et l'air plus affligé et soucieux qu'il ne l'avait en entrant. Il tituba plus qu'il ne marcha en direction de la carriole où Aureane était resté assise.

Un instant, il leva les yeux sur la jeune femme. Un instant, il parut sur le point de dire quelque chose... mais finalement, il garda le silence, regardant ailleurs avant de prendre les rênes de l'attelage et de l’emmener en direction de Dyriet sans avoir prononcé le moindre mot.
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Aureane KalonErc'h

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MessageSujet: Re: Question de confiance... encore une fois   Mar 11 Oct 2011 - 17:01

Aureane se mordillait les lèvres en attendant, ignorant les quelques personnes qui passaient parfois, lui souhaitant le bonjour. Ce ne pouvait pas être vrai. Ce ne devait pas l'être. Pas lui... Enfin... pourquoi pas lui, hein ? Il n'avait pas vécu dans un monastère avant de la connaitre ! Et puis, à voir la tête que fit Nicolaï en ressortant, c’était bel et bien la réalité.

A vrai dire, en voyant le jeune homme, Cyrielle avait pâli et lui avait finalement demandé de t’asseoir.


« Tu te souviens de la fête des vendanges ? Avant que je ne parte. Tout le monde avait beaucoup bu ce jour là… Et dans la grange… Les gars t’avaient aussi forcé à boire… on s’est retrouvés tous les deux… Après... tu ne te souvenais plus bien de ce qui s’était passé. Je t’ai dit qu’on n’avait rien fait de mal… tu m’as cru… j’avais honte tu comprends… »

Elle avait soupiré et ajouté :


« Je me suis aperçue plus tard que j’étais enceinte. J'ai dû accoucher à l’écart pour éviter que ça se sache... pour ça que j’ai quitté le village sans explication. Je… Tu as un fils... Il s'appelle Alvin... Tu veux le voir ? »

***

Sur la route du retour, Aureane ne dit rien. Nicolaï tenait les rênes d’une main, elle prit l’autre dans la sienne en silence. Elle essayait déjà d’assimiler la nouvelle. En soi, elle ne se sentait pas réellement en colère contre lui. Non, plutôt contre cette… cette fille, là ! Elle devait beaucoup à Cyrielle qui l’avait soignée avec adresse. Mais que cette… cette trainée vienne mettre la zizanie dans leur couple qui se remettait à peine de ses malheurs ! Ah ça non alors ! Et puis... du coup elle s'inquiétait de savoir ce que Nicolaï avait pu ressentir pour l'herboriste et ce qu'il pouvait ressentir encore. Cette crainte lui fit serrer sa main un peu plus fort dans la sienne.


Le chemin se déroulait au rythme des cahots et elle se calma un peu. Ce qui était fait était fait et elle n'avait pas eu l'impression qu'il y ait eu quoi que ce soit entre Cyrielle et lui. Et puis, manifestement Nicolaï n’avait pas su qu’il avait un autre enfant. En un sens, elle préférait cela, qu’il ne lui ait pas sciemment menti. Entrelaçant ses doigts aux siens, elle finit par demander doucement :

« Que vas-tu faire ? »

Elle ne savait pas réellement comment réagir. Elle se sentait malheureuse, c’était un fait. Avait aussi grande envie de ne plus jamais voir Cyrielle et son bâtard. Mais peut-être Nicolaï pensait-il autrement. Dans ce genre de cas, certains pères choisissaient d’ignorer leur progéniture, d’autres leur accordait quelques sous selon leur générosité. Le pire qu’il puisse faire serait de garder Cyrielle et le petit à demeure et finisse par en faire une maitresse et un fils légitime. A la seule pensée que Roland puisse se faire prendre sa place de fils ainé par un bâtard, la jeune femme fronça les sourcils et serra les dents.

Non, pour le moment, elle n’en voulait pas vraiment à Nicolaï. Mais ce qu’il choisirait lui paraissait particulièrement important afin de décider s’il n’y avait vraiment pas lieu de s'alarmer. Dire qu’elle aurait presque pu considérer Cyrielle comme une amie ! Une fille qui ne savait même pas se tenir et qui venait faire trainer son bâtard sous leur nez sans se poser de question !
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Nicolaï KalonErc'h

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MessageSujet: Re: Question de confiance... encore une fois   Mer 12 Oct 2011 - 6:32

Nicolaï gardait les yeux fixé sur la route, inccapable de savoir se qu'il allait bien pouvoir faire. Est-ce qu'il devait jouer les autruches comme si strictement rien ne s'était passé ? Il pouvait le faire. Après tout, se ne serait pas le premier homme qui ne reconnaitrait pas un bâtard. Il aurait aussi put le reconnaître. Mais... mais s'il faisait cela, Roland perdrait son droit d’aînesse. Il ne serait que le deuxième enfant. Non, il ne pouvait pas faire cela. Ni à son fils, ni à Aureane. Et l'idée lui avait à peine effleuré l'esprit qu'il l'avait rejeté. Son héritier était Roland. Et personne d'autre.

Mais il ne pouvait s'empêcher de se demandé se qui se serait passé s'il avait sut que Cyrielle était enceinte. Se connaissant comme c'était le cas, il aurait sans doute épousé la jeune femme et prit ses responsabilité vis à vis d'elle. C'était d'ailleurs quelque chose qui le titillait un petit peu. Pourquoi est-ce qu'elle ne le lui avait pas dit ? Pourquoi est-ce qu'elle ne lui avait rien dit ?

Les doigts d'Aureane entrelacé avec les siens le tirèrent de ses pensées.

« Que vas-tu faire ? »

Le chevalier poussa un soupire.

Cette question, il se la posait en boucle depuis un moment déjà sans pour autant avoir réussi à trouver une réponse.

Enfin... il devinait aussi qu'elle avait un peu besoin de se voir rassuré. Après tout, l'apparition d'Alvin changeait beaucoup de choses.

« Je t'aime, murmura le jeune homme en embrassant sa main. »

De cela au moins, il était sur. Mais il y avait une autre chose dont il était sur et dont l'énnonciation ferait sans le moindre doute du bien à Aureane.

« Je t'aime et j'aime notre fils... c'est lui mon héritier. »

Doucement, il déposa à nouveau un baiser sur la main d'Aureane. Et maintenant ? Parce que c'était bien beau, mais il n'avait toujours pas répondu à sa question dans tout ça.

Autant jouer carte sur table. Les cachotteries, ça ne menait à rien et ne leur réussissait pas de toute façon. Alors autant être honnête. Et puis, cela la concernait aussi tout de même.

« Pour le reste, je dois t'avouer que je n'ai pas la moindre idée de se que je vais faire. Tout se que je peux dire, c'est que je t'aime et que Roland est mon héritier. Pour Cyrielle et Alvin... je ne sais pas du tout. »
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Aureane KalonErc'h

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MessageSujet: Re: Question de confiance... encore une fois   Mer 12 Oct 2011 - 15:24

Aureane eut un petit sourire nerveux lorsque le jeune homme lui rappela qu'il l'aimait. Oui, bien-sûr. De cela, elle ne doutait pas. Mais il lui avait déjà prouvé que c'était loin d'être suffisant pour le pousser à faire ce qu'il fallait pour la rendre heureuse. C'était sans doute rassurant, mais loin d'être l'unique réponse dont elle pouvait se contenter. Et puis, qu'il l'aime, d'accord, mais qu'en était-il de Cyrielle ?

Elle se détendit un peu lorsqu'il évoqua ensuite Roland. Bien. Voilà au moins une chose de réglée, si tant est qu'il ne change pas d'avis. Aureane desserra un peu son emprise sur sa main, se rendant compte qu'elle y était allée un peu fort sans s'en apercevoir. Puis il avoua ensuite qu'il ne savait pas vraiment quoi faire. La jeune femme non plus, mais elle était bien décidée à trouver une solution sans quoi ce doute allait les empoisonner peu à peu.

" Si tu ne reconnais pas ce... cet enfant, il y a deux possibilités. "

Les donner elle-même lui paraissait étrange, on ne lui avait pas appris à se mêler ainsi des affaires de son mari. D'un autre côté, ce qu'ils avaient vécu lui avaient fait comprendre douloureusement que l'on n'était jamais mieux servi que par soi-même. Et puis, les maris n'étaient pas censés avouer qu'ils "n'en savaient rien du tout". Dans ces conditions, elle pouvait bien lui proposer les solutions qu'elle apercevait.

" Soit tu acceptes les faits, tu installes cette... Cyrielle quelque part dans une jolie petite maison et tu lui verses une somme pour son... votre... enfin pour l'enfant. "


Non, dire que c'était le fils de Nicolaï lui restait en travers de la gorge. Accepter que le jeune homme dépense de l'argent pour cette fille aussi... D'un autre côté, si Alvin était bel et bien son fils, il aurait été sans cœur de refuser cette éventualité. Mais bon, une jolie maison pas trop près de Dyriet, hein...


" Soit tu ignores ce qu'elle t'a dit. Après tout... je l'ai vu, moi, ce petit, et il pourrait être le fils de n'importe quel homme aux cheveux bruns et aux yeux gris. Si elle n'a rien dit à l'époque, c'était peut-être parce que justement tu aurais été capable de démentir. "


Bien-sûr, elle avait eu l'impression de trouver des ressemblances. Mais après tout... elle avait déjà l'esprit perturbé avec tout ce qui s'était déroulé. Elle ne ferait pas la même erreur que lui à juger sur les apparences sans preuve tangible. Or, dans cette affaire, des preuves, il n'y en avait aucune. Enfin... pas qu'elle sache. Elle ignorait les circonstances de la conception et espérait qu'au moins Nicolaï savait ce qu'il en était.

" Tu veux le connaitre et le voir grandir, cet enfant ? Tu... "

Les mots avaient du mal à passer et elle détourna le regard alors que ses yeux se remplissaient de nouveau de larmes et qu'elle murmurait, perdant l'assurance dont elle avait fait preuve un instant plus tôt :


" Tu ressens toujours quelque chose pour elle ? "
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MessageSujet: Re: Question de confiance... encore une fois   Jeu 13 Oct 2011 - 4:42

Elle était toujours aussi inquiète quoi qu'il puisse dire. D'un autre côté, c'était un petit peu normal. Se n'était pas rien pour elle. Elle découvrait que son époux avait connu les bras d'une autre femme... et encore, s'il n'y avait que ça... mais non, il avait falut qu'il y ait un autre enfant. Il avait falut que cet autre femme donne naissance à un enfant. Pire encore, à un garçon. Tout les éléments étaient réuni pour pouvoir correctement faire paniquer Aureane en toute insécurité.

Au moins, le fait qu'il lui assure que Roland hériterait sembla un peu la rassurer. Mais il ne se faisait pas vraiment d'illusion là dessus, se n'était que partie remise. Rien de plus. Cette situation ne pouvait pas rester en l'était et elle ne le devait pas non plus.

" Si tu ne reconnais pas ce... cet enfant, il y a deux possibilités. "

Elle n'avait pas besoin de lui donner les solutions qui s'offraient à lui. Il les connaissaient parfaitement. Maintenant qu'il avait décidé qu'il ne reconnaîtrait pas ce fils, il n'avais plus que deux solutions possibles. Pourtant, il laissa Aureane parler. Si elle le faisait, il ne pouvait y avoir que deux raisons à cela. Tout d'abord, elle n'était pas rassuré et c'était ça façon à elle de calmer les battements affolés de son pauvre petit cœur. La seconde possibilité était qu'elle voulait garder un petit peu de contrôle sur cette situation qui lui avait totalement échappé.

En tout cas, c'était quelque chose... une évolution. C'était sur. La jeune femme n'avait pas une seule fois prit la parolle pour lui dire se qu'il pouvait faire. Et moins encore se qu'il avait à faire. C'était pourtant se qu'elle était en train calmement d’énoncer. Elle avait bien changé la petite Aure qui rougissait lorsqu'on posait le regard sur elle.

" Soit tu acceptes les faits, tu installes cette... Cyrielle quelque part dans une jolie petite maison et tu lui verses une somme pour son... votre... enfin pour l'enfant. "

Elle butait.

Impossible pour elle d'accepter l'existence d'Alvin. Que se soit en parlant de lui comme de l'enfant de Cyrielle ou comme le sien, elle n'y parvenait pas. C'était plus fort qu'elle. Pour être honnête, le jeune homme se gardait bien de la contredire ou de la corriger de quelque façon que se soit. Elle réagissait avec un calme étonnant... presque inquiétant.

Il ne fallait pas trop en demander tout de même.

En tout cas, si Cyrielle devait s'installer, se ne serait sûrement pas à Sigamar. Se serait indécent et surtout insupportable pour la jeune femme que de voir la guérisseuse si proche de chez elle. Enfin, la guérisseuse et le jeune garçon qu'elle avait avec elle.

" Soit tu ignores ce qu'elle t'a dit. Après tout... je l'ai vu, moi, ce petit, et il pourrait être le fils de n'importe quel homme aux cheveux bruns et aux yeux gris. Si elle n'a rien dit à l'époque, c'était peut-être parce que justement tu aurais été capable de démentir. "

C'est vrai que cela expliquerait les circonstances du départ sans raison de Cyrielle. Il fallait bien l'avouer. D'un autre côté, tout se qu'avait dit Cyrielle collait plus que de raison. Il se rappelait avoir passé une soirée agréable, avoir bu plus que de raison, avoir passé une nouit vaporeuse où tout avait été flous et ensuite, s'être réveillé alors que Cyrielle était là elle aussi. Ça ne prouvait rien, mais ça plus la ressemblance entre Alvin et lui avait tout de même de quoi troubler.

Il allait falloir qu'il réfléchisse et tire tout cela au clair.

" Tu veux le connaître et le voir grandir, cet enfant ? Tu... "

Oui.

En toute honnêteté, il avait envie de connaître un peu ce petit garçon. Après tout, il semblait bien qu'il était le père. Alors oui, il avait l'envie de le connaître ce petite garçon. Mais il était loin d'être sur qu'Aureane accepte la réponse qu'il lui aurait donné. Il n'était même pas certain qu'elle veuille avoir une réponse à cette question. Il se contenta donc de hausser les épaules, l'air indécis.

S'il avait gardé le silence et était resté sans rien dire, simplement en regardant la route, elle se serait douté de la raponse.

D'ailleurs, elle s'en doutait peut-être déjà toute seule.

" Tu ressens toujours quelque chose pour elle ? "

La carriole s'arrêta et Nicolaï regarda Aureane.

Elle était toujours la même. Toujours cette jeune femme timide, peu sur d'elle, perdue,... elle était toujours cette jeune femme. Elle avait beau tenté tant qu'elle pouvait de faire croire le contraire, elle ne lui faisait guère illusion. Elle perdait pied et cette jolie assurance qu'elle avait pourtant si bien tenté de lui montrer.

« Je ne l'ai jamais considéré comme ça. »

Il avait parlé calmement, mais d'une voix assuré. Malgré cet enfant et même s'il s'avérait qu'il était bel et bien le père, il y avait une chose sur laquelle il ne pouvait pas hésiter. Il savait parfaitement quels étaient et avaient été ses sentiments envers Cyrielle. Il n'y avait jamais eu d'amour. Non, jamais. Une amitié très étroite oui, mais de l'amour, jamais.

C'était se qui le surprenait d'autant plus.

Peut-être que les sentiments que la jeune femme avait pour lui était plus fort que ceux allant en sens inverse.

C'était sans doute le cas. En tout cas, c'était la seule explication qu'il trouvait.

« Pour moi, Cyrielle est une amie. C'est tout. Et ça a toujours été comme cela. »

Il sèccha doucement les yeux de la jeune femme avant de déposer un baiser sur ses lèvres.

« Tu es la seule à qui j'ai jamais offert mon cœur Aureane. De cela, je t'interdis de douter. »

Il tenait toujours son visage dans ses mains en coupe lorsqu'il se pencha sur elle pour déposer un doux baiser sur ses lèvres. Il n'y avait pas la moindre tromperie dans se qu'il avait dit. Cela n'était ni plus ni moins que la pure vérité.

Elle était la seule et unique.
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MessageSujet: Re: Question de confiance... encore une fois   Jeu 13 Oct 2011 - 19:38

Oui, il avait envie de connaitre ce gamin, cela se voyait dans ses yeux, même s’il se gardait bien de lui répondre. Et même si elle trouvait cela honnête de sa part, que cela prouvait qu’il n’était pas sans cœur, Aureane ne put s’empêcher de s’en sentir blessée. Tout aurait été bien plus simple s’il avait simplement tout rejeté en bloc ! Il avait haussé les épaules, comme pour lui faire penser qu’il n’avait pas encore décidé, mais elle n’était pas dupe.

« Je comprends, » murmura-t-elle en se forçant à faire bonne figure.

Bien-sûr qu’elle comprenait, mais ce n’en était pas moins difficile à accepter. Enfin, ce n’était pas ce qui l’inquiétait le plus et elle aborda ensuite la question suivante, incapable de la passer sous silence en se contentant de suppositions. Aimait-il encore Cyrielle ? Parce que, évidemment, dans sa tête, il avait forcément aimé la jeune femme. Elle le voyait mal faire un enfant à la première venue. Aussi, elle fut surprise lorsqu’il arrêta la carriole et la regarda :

« Je ne l'ai jamais considérée comme ça. »

Aureane haussa les sourcils, les mots sortant avant qu’elle n’ait pu les retenir :

« Mais alors pourquoi avez-vous… »

Puis elle se rendit compte de ce qu’elle disait, s’empourpra et détourna à nouveau les yeux, gênée. Elle n’avait pas à se mêler de ce genre de choses. Une amie… Elle fit la moue, malgré elle. Une amie drôlement proche tout de même ! Elle fut surprise lorsqu’il lui sécha les yeux, ne s’étant même pas aperçue qu’elle s’était mise à pleurer. Mais de fait, de grosses larmes roulaient sur ses joues.

« Tu es la seule à qui j'ai jamais offert mon cœur Aureane. De cela, je t'interdis de douter. »

Il finit par déposer un baiser sur ses lèvres et elle se laissa enfin aller à ses larmes, le serrant dans ses bras. Douter… Pouvait-elle douter ? Elle ne savait plus vraiment. Elle repoussa la question à plus tard et enfouit son visage contre son épaule, secouée de sanglots. En tout cas, elle voulait y croire.

Aureane ne se calma que quelques minutes plus tard, prenant conscience qu’au moins il ne paraissait pas avoir l’idée de prendre Cyrielle comme maîtresse. Au moins une bonne nouvelle, il fallait reconnaitre que le contraire l’eut choquée. Il n’avait toujours pas dit ce qu’il comptait faire du petit, mais sans doute avait-il besoin d’y réfléchir encore. Elle ne savait même pas si finalement il l’avait vu.

Ils rentrèrent à Dyriet en silence. La jeune femme se fit la réflexion que lorsque Clémence serait au courant de ce qui se tramait, elle détesterait encore plus le chevalier. Ah… elle essaierait de ne pas le lui dire trop tôt, mais savait aussi qu’elle aurait du mal à mentir.

Une journée s’écoula sans que de nouveaux évènements ne surviennent. Dyriet était calme et Aureane s’occupait tranquillement de changer la couche de Roland lorsque deux visiteurs se présentèrent à la grille du manoir. Cyrielle et son fils, tenant fermement sa main. Elle demanda à entrer comme à son habitude, lorsqu’elle devait soigner Aureane, mais ce ne fut pas vers la chambre de cette dernière qu’elle se dirigea : elle alla tout droit au bureau de Nicolaï qu’elle savait trouver à cet endroit à cette heure.

Elle prit son courage à deux mains et frappa. Au même instant, Aureane sortait de sa chambre à petits pas prudents, le bébé dans les bras, et elle se figea en voyant la guérisseuse. Celle-ci ne laissa pas le temps à Nicolaï de réagir, lorsqu’il ouvrit la porte, elle entra dans le bureau, Alvin à la main. Le gamin regarda autour de lui d’un air curieux, puis lâcha sa mère pour tendre ses petites mains et attraper tout ce qui lui passait à proximité quitte à retourner la pièce en dix minutes si on le laissait faire.

Cyrielle, elle, regardait vaguement le plafond, incapable de regarder Nicolaï en face, d’autant qu’Aureane s’était imperceptiblement rapprochée de la porte encore ouverte, son bébé dans les bras. L’épouse légitime ne se permettrait pas d’entrer si Nicolaï ne disait rien, mais elle n’allait pas non plus battre en retraite aussi vite.

« Nicolaï… bonjour… je me suis dit… peut-être que tu aimerais voir ton fils… »

De fait, Alvin avec sa petite bouille ronde ne donnait qu’une seule envie, le chouchouter en faisant des agueu agueu. Il bafouilla quelque chose avec sa petite voix à l’attention de Nicolaï. Quelques mots où on retrouvait « a’vin » et « man’er ».

« Tu mangeras à la maison, » répondit Cyrielle qui avait tout compris et savait qu’il quémandait encore une friandise à celui qu’il devait voir comme un gentil monsieur.
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MessageSujet: Re: Question de confiance... encore une fois   Dim 16 Oct 2011 - 2:07

On ne put pas dire que la réaction d'Aureane se fit attendre. Elle fondit littéralement le larme, évacuant tout ces sentiments qu'elle avait tenté de contenir jusque là. Le serrant dans ses bras jusqu'à lui faire mal. Il ne bougea pas, la laissant totalement faire. Il fallait qu'elle évacue tout cela. C'était trop. Sans le moindre doute.

Trop pour qu'elle puisse garder son calme, trop pour qu'elle se contienne comme elle s'efforçait toujours de le faire.

Il n'y avait rien qu'il puisse faire. Rien hormis entourer la jeune femme de ses bras pour la faire entrer comme dans une petite bulle protectrice.

Il s'assura qu'elle se soit bien calmée, ils reprirent le chemin de Dyriet.

Les choses étaient loin d'être terminées. Mais, dans l'état, il ne pouvait guère faire grand chose. Enfin si, il pouvait tout faire, mais il ne s'était pas encore décidé sur se qu'il comptait faire d'Alvin.

Le reste du voyage se passa dans un silence quelque peu morose et tendu entre les deux époux. Heureusement, rien ne vint faire empirer la situation ce soir là. Tout fut tout à fait tranquille heureusement. Il faut dire que pour compliquer ou empirer les choses aujourd'hui, il fallait vraiment le vouloir. La barre était haute. Trèèèèèèèèèèèès haute.

Ce n'est que le lendemain qu'on chercha à dépasser le record établis par le jour précédent. Pas avant. Et se fut Cyrielle qui prit l'initiative, amenant Alvin avec elle à Dyriet, allant jusqu'à frapper à la porte du bureau de Nicolaï pour pouvoir lui parler. Le moins qu'on puisse dire en tout cas, c'est que l'herboriste n'avait pas froid aux yeux. Il ne s'était pas attendu à se qu'elle fasse ça. Loin de là.

En tout cas, il y avait quant même un point commun entre Cyrielle et Aureane. L'une comme l'autre étaient proprement incapable de le regarder droit dans les yeux la plupart du temps. La preuve, la jeune femme rousse était présentement en train de regarder le plafond. Bien sur, il n'y avait rien à voir. Mais elle ne pouvait pas le regarder. Pendant ce temps, Alvin était particulièrement occupé à tenter d'attraper différents bibelots placé un peu partout dans le bureau du chevalier, mais, bien heureusement, hors de sa petite main potelée.

De là où il était, Nicolaï ne voyait pas Aureane tenant Roland dans ses bras. Il ne l'avait pas non plus entendue approcher, trop focalisé sur les deux ovnis qui venaient d'arriver dans son bureau. Au moins, il avait maintenant Cyrielle sous la main. Il allait pouvoir obtenir des réponses. En tout cas, il espérait bien que cela serait le cas.


« Nicolaï… bonjour… je me suis dit… peut-être que tu aimerais voir ton fils… »

C'était vrai qu'Alvin était tout se qu'on pouvait imaginer quant on pronnonçait les mots ''mignon'' ou ''à croquer''. Mais il voulait déjà savoir la vérité. Il voulait déjà avoir des réponses aux questions qu'il n'avait pas réussi à formuler face à elle hier.

Le petit bafouilla quelque chose en bébéien. Malheureusement, le chevalier n'était pas un expert et ne comprit absolument rien à se que l'enfant lui dit. Même si c'était demandé gentiment. Et apparemment, cela l'était. Heureusement, Cyrielle avait largement l'habitude du bébéien et répondit à son fils.


« Tu mangeras à la maison, répondit Cyrielle »

Elle regarda Nicolaï. Le chevalier gardait un visage fermé et sec.

« J'ai des question. Je veux des réponses. »

Inutile de chercher le moindre sourire sur son visage ou la moindre émotion dans sa voix. Il n'y avait nu l'un ni l'autre. Il restait parfaitement opaque froid. Ce petit jeu avait assez duré. Il était plus que temps de tirer tout cela au clair.

« Pourquoi ? Pourquoi tu ne m'as pas dit la vérité quant nous nous sommes réveillé ensembles ? Pourquoi tu m'as caché que tu étais enceinte de moi ? Pourquoi tu as disparut ? Pourquoi tu es revenue maintenant ? Pourquoi tu ne m'as rien dit même à ton retour ? »

Cela faisait beaucoup de questions. Et ce n'était là qu'une partie de se qu'elle pouvait bien avoir à raconter. Mais c'était déjà largement assez comme entrée en matière. En tout cas, fini les cachotteries. Elle allait devoir s'expliquer maintenant.

Et qu'elle ne s'avise pas de lui mentir. Le jeune homme cherchait dans son attitude la moindre défaillance, le moindre signe de mensonge, ses yeux aux couleurs d'acier littéralement braqué sur la jeune femme.
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MessageSujet: Re: Question de confiance... encore une fois   Dim 16 Oct 2011 - 12:42

Cyrielle était d'autant plus mal à l'aise que le jeune homme gardait un visage fermé. Elle ne s'était pas attendue à un tel accueil. Non pas qu'elle se soit imaginé qu'il allait les recevoir à bras ouverts, mais à ce point là... Peut-être qu'elle était venue trop tard. Ou trop tôt. Peut-être qu'elle n'aurait pas dû venir du tout.

Elle ne s'était pas non plus attendue à ce qu'il ait des questions. Pour elle, tout était déjà dit. Que voulait-il savoir de plus ? Elle l'écouta, croisa les bras et le regarda enfin, visiblement contrariée :


" Je te l'ai dit, j'avais honte. "

Évidemment ! Être fille-mère était quand même assez déshonorant pour ne pas aller le crier sur tous les toits.


" Un mariage rapide aurait évité d'ébruiter l'affaire, " intervint Aureane en s'approchant doucement, mais toujours sans entrer dans le bureau.

Elle avait encore Roland dans les bras et défiait Cyrielle du regard. Cette dernière lui lança un coup d’œil meurtrier en retour.


" J'ai paniqué. "

Et puis, qu'est-ce qui lui prouvait qu'on aurait accepté de se marier avec elle ? Nicolaï était honnête, mais il y avait sans doute des limites. Détournant à nouveau les yeux, elle ajouta :

" Je suis revenue... parce que je voulais te voir, je crois... sans me l'avouer... Tu sais... ce n'est pas facile d'élever un enfant toute seule... "

Elle jeta un nouveau coup d’œil à Aureane qui gardait une expression sans aménité et reprit :


" Après, je vous ai vu tous les deux. Je me suis dit... que c'était inutile... je n'ai pas voulu tout briser. J'étais prête à repartir. Et puis Aureane a vu Alvin et elle m'a sommée de dire la vérité. "

La dénommée eut un léger mouvement de recul : comment ? Elle allait rejeter la faute sur elle ? Mais c'était injuste ! Et comme chaque fois qu'on l'agressait, elle se sentait désemparée, incapable de répondre. Elle rougit, confuse, lançant un regard désespéré à Nicolaï : elle avait juste voulu qu'il sache la vérité !

Profitant de ce qu'elle voyait comme un avantage, Cyrielle poursuivit :


" A présent que tu sais qu'il existe à cause d'elle... je me suis dit que je n'avais rien à perdre. Comprends-moi, Nicolaï... "

Aureane se renfrogna : l'herboriste tutoyait son mari et l'appelait par son prénom comme si c'était normal ! Et en plus, elle lui donnait du "elle" en italique comme si elle était la dernière des dernières !

" Je ne gagne pas très bien ma vie ! Même quand je dis que je suis veuve, les gens comprennent et me regardent bizarrement. On n'aime pas trop venir me voir. Alvin me coûte une fortune, tout mon argent sert à le nourrir ou à payer quelqu'un quand je me déplace chez des clients pour le garder. Je ne sais plus quoi faire ! "

Aureane aurait bien eu envie de lui rétorquer que c'était avant qu'il fallait y penser ! Mais sachant qu'elle était passée à deux doigts de se retrouver dans cette situation, la compassion prit le dessus et elle se tut charitablement.

Cyrielle prit son fils dans ses bras et s'approcha de Nicolaï :


" Ne me dis pas qu'il mérite de voir sa vie gâchée parce que j'ai fait une erreur ! "

Le gamin, ne comprenant pas ce qui se jouait, piailla en se débattant, réclamant bruyamment de pouvoir retourner crapahuter. Cyrielle le reposa en soupirant, désespérée, et le laissa retourner consciencieusement le bureau - à savoir goûter à peu près tout à grand renfort de bavouillements.

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MessageSujet: Re: Question de confiance... encore une fois   Jeu 20 Oct 2011 - 11:04

Lorsque Cyrielle se décida enfin à jeter un regard sur lui, elle avait les bras croisé et semblait quelque peu contrariée. Est-ce qu'elle l'était vraiment ou est-ce que ce n'était là qu'une simple façade pour se donner un petit peu de contenance ? Difficile à dire. En tout cas, malgré l'air bravache qu'elle affichait, elle ne paraissait pas non plus vraiment en mener bien large. Lequel des deux était le plus en colère contre l'autre ? Bonne question. En tout cas, Nicolaï n'était vraiment pas ravis de cette petite surprise.

" Je te l'ai dit, j'avais honte. "

Oui, forcément, se n'est pas bien reluisant d'être mère fille. Mais tout de même. Quelque chose clochait. Avant qu'elle ne décide de disparaître, Cyrielle était la personne qui le connaissait le mieux. Quelques secondes de réflexion lui auraient largement suffit pour prévoir en détail la réaction de l'écuyer. Et puis, pourquoi est-ce qu'elle n'avait pas chercher à lui en parler ?

C'était quelque peu honteux d'avoir conçus un enfant hors mariage, mais tout de même. Pourquoi avait-elle jugé qu'il n'était pas en droit de le savoir, lui, le père de l'enfant ?


" Un mariage rapide aurait évité d'ébruiter l'affaire."

C'était à ce moment précis qu'Aureane avait choisit se de présenter devant le bureau. Elle restait sur le pas de la porte, comme si elle attendait d'y être invité pour entrer, Roland dans les bras et foudroyant littéralement Cyrielle du regard. La jeune mère ne cachait pas son mépris pour la rouquine, loin de là. Elle l'affichait de façon assez claire sur son visage pour que cela soit parfaitement visible.

Si un regard pouvait tuer, les deux jeunes femme se seraient mutuellement foudroyé d'ailleurs. C'était également une position délicate à tenir pour Nicolaï alors que son instinct lui criait qu'il valait mieux sauter par la fenêtre plutôt que de prendre le risque de s retrouver avec les deux mère dans la même pièce.


" J'ai paniqué. Je suis revenue... parce que je voulais te voir, je crois... sans me l'avouer... Tu sais... ce n'est pas facile d'élever un enfant toute seule... "

Cela, il voulait bien le croire. Par contre, avec le regard qu'elle lança à Aureane, cela ne présageait rien de bon pour la suite de la discutions.

" Après, je vous ai vu tous les deux. Je me suis dit... que c'était inutile... je n'ai pas voulu tout briser. J'étais prête à repartir. Et puis Aureane a vu Alvin et elle m'a sommée de dire la vérité. "

Oh non. Ça y est. On était partit sur ce terrain là. Les piques allaient commencer à pleuvoir petit à petit et Nicolaï sentait déjà une migraine qui le prenait. Si ça continuait comme ça, il aurait bientôt des cheveux blancs. Le chevalier se massa consciencieusement les tempes.

« Pauvre petite quant même. »

« Oh non, tu ne vas pas encore te faire attendrir par trois petites larmes toi. »

« Mais... »

« Eh ben voilà, on est partit. »

« Il y a des fois, tu ressemble vraiment à ton père. »

« Et j'en suis fier moi. »

« A ta place, je le serais pas. »

Super. Manquait plus que ces deux là décident de s'y mettre aussi. La journée allait être longue. Trops longue sans doute. Bon, un flacon d'aspirine et hop, direct au fond du lit pour un tête à tête avec son oreiller. Au moins lui, il ne risquait pas de lui annoncer qu'il était tombé enceinte de lui. Et puis, il ne reculait jamais devant un petit calin.

Pendant ce temps, on ferait installer une arène afin que Cyrielle et Aureane puissent évacuer leur agressivité pendant un combat dans la boue.

Quoi que... il risquait d'y avoir une mort au court de la partie. Se serait dommage.


" A présent que tu sais qu'il existe à cause d'elle... je me suis dit que je n'avais rien à perdre. Comprends-moi, Nicolaï... "

« Mais oui comprend là. Allé, un peu de compassion tout de même. »

« Oh, mais laisse le tranquille, il sait se débrouiller tu sais. »

Aureane n'avait pas l'air d'aimer se que disait Cyrielle. Cette dernière jouait son avantage et le poussait plus avant bien entendu. Quant à la migraine de Nicolaï, elle s’intensifiait petit à petit et les sons qui lui parvenaient étaient à la limite du supportable.

" Je ne gagne pas très bien ma vie ! Même quand je dis que je suis veuve, les gens comprennent et me regardent bizarrement. On n'aime pas trop venir me voir. Alvin me coûte une fortune, tout mon argent sert à le nourrir ou à payer quelqu'un quand je me déplace chez des clients pour le garder. Je ne sais plus quoi faire ! "

Cyrielle prit Alvin dans ses bras et s'approcha de Nicolaï.

La tête prête à exploser, le chevalier était quelque peu pâle et légèrement fiévreux. Décidément, les histoires de famille ne lui réussissaient pas du tout.


« Qu'il est mignooooooooooooooooooooooooooooooooooooon !!! »

« Oh,mais tu vas arrêter ce cirque ? »

" Ne me dis pas qu'il mérite de voir sa vie gâchée parce que j'ai fait une erreur ! "

Après un moment à se tortiller entre les bras de sa mère, Alvin parvint enfin à avoir gain de cause et fut déposé par terre. Commença alors une inspection en règle du bureau du chevalier avec tout se que cela pouvait bien comporter de retournement dans tout les sens ainsi que de teste par le bavouillomètre.

Prudemment, Nicolaï écarta les pots d'encre, documents de comptes et coupe papier hors de portée de la petite main potelée d'Alvins. On ne savait jamais.

Le couple invisible continuait à s'engueuler en fond sonore si bien qu'il n'arrivait plus à se concentrer. C'était plus qu'usant. Et ça commençait à le... à le...


« Mais vous allez la fermer deux minutes ? »

« Oh, pardon. »

« Merci. »

Bon, maintenant que les deux enquiquineurs avaient décidé de se taire, il allait pouvoir se concentrer un petit peu sur se qui était en train de se passer ici. Il fallait bien avouer que les arguments de Cyrielle avaient fait mouche. En effet, Alvin ne méritait pas de voir sa vie gâchée parce que sa mère n'était pas parvenue à lui dire qu'il lui avait fait un enfant. Cela n'aurait été que de lui, il les auraient hébergé tout les deux à Dyriet. Oui mais voilà... il y avait Aureane.

Il ne pouvait tout simplement pas lui imposer cela. Et ça jaserait à coup sur si la mère de son bâtard venait s'installer entre les murs de Dyriet. On prétendrait vite qu'il n’honorait pas aussi souvent qu'avant la couche de son épouse pour partager celle d'une rousse volcanique qui avait sut se faire une place. Et, pervers comme l'étaient les gens, ils diraient sans le moindre doute assez rapidement qu'on se livrait à des orgies à Dyriet.

Il fallait peut-être qu'il en parle avec elle d'abord.


« Cyrielle... je voudrais parler avec Aureane s'il te plait. »

« Oh non, tu ne vas pas lui demander de sortir. »

« Mais vous allez me foutre la paix oui ? »

« Regarde le petit Alvin il est trop mignon, on a envie de croquer ses petites joues. »

« Chérie, laisse le tranquille. »

« Bon, suffit. Dehors vous deux aussi. »
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MessageSujet: Re: Question de confiance... encore une fois   Sam 22 Oct 2011 - 13:47

Aureane fixait le sol, balançant entre colère et tristesse. Nicolaï laissait parler Cyrielle et ne savait sans doute plus où il en était, mais il laissait sa propre femme de côté, il ne l'avait même pas invitée à entrer ou fait le moindre geste vers elle. Roland dans les bras, handicapée par ses pieds qui l'empêchaient d'emmener rapidement le bébé dans son lit pour revenir, elle se sentait de trop et cela la blessait.

La guérisseuse en profitait. Elle voyait bien qu'Aureane était incapable de se défendre efficacement et que le chevalier était trop perturbé pour la rejeter sans état d'âme. D'accord, elle n'avait pas voulu le voir dans cet état, mais s'il fallait en passer par là...

« Mais vous allez la fermer deux minutes ? »

Cyrielle sursauta et resta bouche bée, interloquée et Aureane releva vivement la tête. Si la première prit l'exclamation à son compte, la seconde sut de suite qu'il y avait autre chose et ce qu'elle soupçonnait la fit blêmir.

« Merci. »

Calant Roland sur sa hanche, elle alla prendre Nicolaï par le bras doucement, mais il se remit à parler, lui coupant la parole :


« Cyrielle... je voudrais parler avec Aureane s'il te plait. Mais vous allez me foutre la paix oui ? »

Cyrielle hocha la tête, paraissant effrayée et attrapa Alvin malgré ses protestations. Oui, en voyant Nicolaï se comporter ainsi, elle n'était plus vraiment certaine de vouloir rester. Elle hocha la tête frénétiquement :

" Euh... ah... oui... "

« Bon, suffit. Dehors vous deux aussi. »

Prenant ses jambes à son cou, elle sortit. Hésitante, Aureane paru prendre le même chemin, mais opta finalement pour rester et referma la porte sur l'herboriste. Inquiète, elle ne savait pas vraiment si Nicolaï souhaitait ou non qu'elle sorte et surtout... à qui il parlait. Faisait-il une de ses crises ?

Il était pâle, peut-être un peu tremblant et ne semblait plus aller bien du tout. Quoi qu'il se passe, ce n'était pas qu'une question de contrariété. Aureane alla poser Roland sur le tapis à plat ventre et le petit s'absorba dans les couleurs qu'il avait sous les yeux. La jeune femme retourna près de Nicolaï et le ramena vers un siège doucement :


" Calme-toi, assieds-toi. "

Parler du fait qu'il avait l'air de s'adresser à d'autres que les personnes présentes ? Non, pas la peine de tout compliquer. Ils auraient sans doute dû revenir sur le sujet depuis longtemps, mais là ce n'était pas le moment de démêler ce problème-ci. Chaque chose en son temps. Elle tira un autre siège et s'assit près de lui en lui tenant les mains comme si elle avait voulu le rassurer. Elle aurait eu envie de lui dire que ce n'était pas grave, qu'au fond tout allait bien et que peu importait la décision qu'il prendrait.


Mais elle se souvenait de ce qu'il lui avait fait. Il avait manqué la répudier, elle avait failli le perdre et savait à quel point leur famille ne tenait qu'à un fil. Elle ne pouvait pas prétendre que s'il continuait à voir régulièrement Cyrielle et Alvin tout irait pour le mieux dans le meilleur des monde. S'il choisissait cette option, elle passerait son temps à craindre que la guérisseuse ne devienne sa maîtresse et cette peur leur empoisonnerait l'existence.

Elle resta là un petit moment pour trouver ses mots et permettre à Nicolaï de reprendre un peu d'emprise sur lui-même. Elle craignait qu'il n'ait bel et bien fait une crise et que la contrariété ne fasse qu'empirer son état.

" Ecoute... "


Une bonne épouse n'allait tout de même pas se permettre de dire à son mari ce qu'il devait faire de ses potentielles maîtresses. Il fut un temps où elle aurait simplement attendu qu'il prenne la parole pour acquiescer ensuite religieusement. A présent, elle avait un adorable bébé se tortillant sur le tapis et savait ce qu'elle vivrait si elle se retrouvait à nouveau seule. Ces jours infernaux, elle ne voulait prendre le risque de les revivre pour rien au monde.

" Je... devoir supporter la présence de... de Cyrielle, je ne pourrai pas. "

Ce n'était pas souvent qu'elle soumettait ses exigences, mais elle poursuivit rapidement :

" Mais Alvin, c'est différent. S'il devait venir passer un peu de temps au manoir de temps en temps... ce ne serait pas très grave. Tu pourrais être un bon... un bon...
le mot restait coincé, mais elle fit un effort de volonté, père pour lui. "

C'était une solution qui lui paraissait raisonnable et plutôt juste vis-à-vis d'Alvin. Une solution qui lui coûterait à elle, évidemment, parce qu'avoir régulièrement la preuve que Nicolaï avait eu un enfant avec une autre qu'elle sous les yeux serait difficile à supporter. Mais tant que ce n'était que le petit... En espérant que le chevalier ne décide pas finalement de le légitimer au détriment de Roland. Cela, elle ne pourrait pas l'accepter, même avec la meilleure volonté du monde. Mais déjà, si elle pouvait alléger un peu les tourments de Nicolaï en montrant qu'elle ne rejetait pas toute son ancienne vie en bloc...

Elle soupira, essaya de mettre de côté la colère qu'elle ressentait envers Cyrielle et d’atténuer un peu sa peine.


" Si... si elle était venue te voir en te disant qu'elle était enceinte, à l'époque, tu l'aurais épousée, n'est-ce pas ? "


Elle en savait peu sur eux deux, mais elle pensait le connaitre assez bien pour savoir qu'il ne lui aurait pas jeté la pierre et aurait pris ses responsabilités. Enfin... elle le supposait. Après tout, il aurait été capable de les abandonner Roland et elle, alors il aurait peut-être pu se décharger aussi facilement de Cyrielle avec laquelle il prétendait ne rien avoir vraiment partagé d'intime. Mais bon... en admettant qu'il ait été prêt à se marier avec elle...

" Elle aurait dû le savoir et en être convaincue, non ? "


On ne s'imaginait pas qu'il puisse se montrer cruel... jusqu'à ce qu'il le soit. Ou alors, elle, elle avait été naïve. Peut-être bien. Elle essaya de capter son regard pour savoir ce qu'il en pensait et en espérant qu'il puisse au moins se sentir un peu mieux. C'était la première fois qu'elle voyait un homme se torturer autant pour l'existence d'un bâtard mais, étrangement, cela la réconfortait en prouvant que Nicolaï avait un cœur.

" Nous allons trouver une solution, tu sais... tous les deux. "

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MessageSujet: Re: Question de confiance... encore une fois   Ven 28 Oct 2011 - 13:22

En tout cas, le moins qu'on puisse dire, c'est que Cyrielle ne se fit pas prier pour quitter la pièce dans laquelle elle se trouvait, attrapant Alvin et partant à toute jambe. Il avait l'impression de lui avoir fait peur, mais il ne savait pas trop se qu'il avait fait pour qu'elle soit aussi effrayée.

" Euh... ah... oui... "

Il ne savait pas se qu'il devait bel et bien faire. À présent. En tout cas, Cyrielle était sortie. Bon, point malheureux de la partie, Aureane aussi paraissait sur le point d'en faire tout autant. Oh mais non, il ne voulait pas qu'elle elle parte. Qu'est-ce qui lui prenait ?

Bon, finalement, la jeune femme se décida à entrer, fermant la porte derrière elle. Elle avait vraiment l'air inquiète. C'est bon, il se sentait bien... bon d'accord, il ne se sentait pas bien. Mais se n'était pas non plus une raison pour en faire tout un drame. La nourriture de ce matin n'était pas passé tout bien comme il fallait. Il était un petit peu barbouillé voilà tout.

La jeune femme posa Roland à plat ventre sur le tapis avant de venir vers son époux. Le petit montre commença par observer ledit tapis avec ses grands yeux bleu, gazouiller et gazouiller dessus puis, une fois sur d'avoir trouvé un nouveau copain et tout joyeux de lui, il plongea la tête dessus pour le mordre.


" Calme-toi, assieds-toi. "

C'est bon, il n'était pas infirme non plus. Bon, il avait les jambes cotoneuses et quelque peu flageolantes et une féroce envie d'aller dormir. Bon, au moins l'aspect positif, c'était que tout le monde était partit sauf Aureane... et Roland qui mangeait le tapis. La jeune femme paraissait vraiment inquiète et plus elle restait comme ça, plus Nicolaï sentait qu'il commençait vraiment à avoir peur de se qu'elle pouvait bien lui dire. Un alien allait lui sortir du ventre ? Elle était à nouveau enceinte ? Pire que tout, Colin était en route pour venir ? Enfin, si on y réfléchissait un petit peu, le paysans n'avait sans doute pas la moindre envie de recroiser le chevalier étant donné la nature de leur dernière... discutions. Aureane s'était assise en face de lui et tenait fermement ses mains comme si elle tentait de le rassurer.

" Ecoute... Je... devoir supporter la présence de... de Cyrielle, je ne pourrai pas. Mais Alvin, c'est différent. S'il devait venir passer un peu de temps au manoir de temps en temps... ce ne serait pas très grave. Tu pourrais être un bon... un bon... le mot restait coincé, mais elle fit un effort de volonté, père pour lui. "

Une solution raisonnable. Comme toutes celles que proposait la jeune femme. Elle proposait tout le temps des solutions raisonnables. Et sans doute la plus juste. Mais d'un autre côté, il se doutait qu'elle serait difficilement supportable pour la jeune femme. C'était toujours ainsi après tout. Elle cherchait toujours des solutions raisonnables pour le manager. Ça allait. Juste un petit malaise, il se sentait largement mieux.

" Si... si elle était venue te voir en te disant qu'elle était enceinte, à l'époque, tu l'aurais épousée, n'est-ce pas ? Elle aurait dû le savoir et en être convaincue, non ? "

Bien sur que oui, il l'aurait fait. Pour qui elle le prenait à la fin. Ça devenait vraiment énervant à la longue. Il n'était pas Roland bon sang. Il se sentait un petit peu barbouillé, mais se n'était pas pour ça qu'elle devait le couver comme s'il était un petit oiseau qui s'était cassé une aile.

" Nous allons trouver une solution, tu sais... tous les deux. "

Nicolaï secoua la tête et se releva pour aller doucement prendre le petit Roland qui gazouillait, gesticulant dans tout les sens sur le tapis. Le poupon, privé de son copain le tapis se mit le poing dans la bouche pour le mâchouiller. Nicolaï le regardait faire calmement. Il fallait qu'il prenne une décision. Au moins, lorsqu'il était en train de se battre, les choses étaient beaucoup plus simples. Il n'y avait pas beaucoup à réfléchir. Pas à se demander à quel point se qu'il allait décider.

Et là, se n'était pas que pour lui et Aureane...

Mais c'était aussi une part de l'avenir de Roland qui allait se jouer.

Comment expliquer que son père n'avait pas épousé la mère d'Alvin ? Que si tout s'était passé comme cela aurait dut, si Cyrielle avait parlé, il n'aurait jamais existé ? Comment peut-on expliquer cela à un enfant qui se pose des question sur ce frère qu'il voit fréquemment et qui est plus âgé que lui ? Difficile. Voir même impossible. Sans compter le poids de la responsabilité. Roland hériterait de Dyriet, Alvin, de rien du tout.

Non, il ne pouvait pas faire ça à son fils.

À ses fils.

Parce que, que ferait Alvin en voyant son demi frère tout avoir alors que lui resterait sur la touche ? Se ne serait guère plus facile à supporter. Mieux valait peut-être un mensonge inventé par Cyrielle pour expliquer l'absence de son père plutôt que ça.


« Je vais donner de l'argent à Cyrielle. »

Voilà, c'était dit. Se n'était pas la meilleur des solutions, mais il n'avait pas trouvé mieux.

« Je vais lui donner de l'argent et elle partira avec Alvin... et elle ne reviendra pas. »

Que dire de plus ? Rien tout simplement.

Nicolaï reposa Roland sur le tapis et le bébé se tortilla en gazouillant joyeusement, tout heureux de retrouver son copain coloré.


« Et je vais bien Aureane. C'est juste quelque chose que je digère un peu mal sans doute. Je ne suis pas en porcelaine. »
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MessageSujet: Re: Question de confiance... encore une fois   Dim 30 Oct 2011 - 15:31

La sollicitude d'Aureane ne parut pas vraiment aider le jeune homme à se remettre sur pieds. Elle le setait encore tendu et avait la désagréable sensation d'être encore de trop... ou de ne pas faire ce qu'il fallait, elle ne savait pas vraiment. Il était inquiet de ce qu'elle pourrait dire, mais elle ne comprenait aps vraiment pourquoi. Au fond, après ce qu'ils avaient vécu, quoi qu'il décide... Enfin, elle, elle encaisserait de nouveaux chocs si les dieux avaient décidés de s'acharner. C'était pour Roland qu'elle se posait des questions et aussi pour lui qu'elle exigerait tôt ou tard des réponses.

Elle lui lâcha finalement les mains alors qu'il se levait pour prendre Roland. Il ne lui avait pas répondu. Que devait-elle en conclure ? Si seulement elle en avait la moindre idée ! Elle finit par baisser les yeux et croiser les bras, se renfermant sur elle-même. Que pouvait-elle ajouter de plus ? De toute façon, ce n'était pas à elle de prendre cette décision. Elle se sentait parfaitement inutile et profondément malheureuse.


« Je vais donner de l'argent à Cyrielle. Je vais lui donner de l'argent et elle partira avec Alvin... et elle ne reviendra pas. »


Aureane sentit un pois énorme s'envoler de ses épaules, mais elle ne bougea pas, se contentant de dévisager Nicolaï. Evidemment, c'était la solution qui lui plaisait le plus. Mais... sans doute pas une issue qui le satisferait pleinement, lui.

« Et je vais bien Aureane. C'est juste quelque chose que je digère un peu mal sans doute. Je ne suis pas en porcelaine. »

La jeune femme se leva, détournant les yeux. Si en plus il refusait qu'elle s'occupe de lui... Certes, elle était soulagée de sa décision, mais il continuait à se comporter de façon incohérente. Et elle l'avait plus ou moins vexé. Elle se leva, fit quelques pas hésitants vers la porte.

" Parfait. "

Elle n'allait pas remettre ses paroles en doute maintenant. Ce n'était vraiment pas une occasion de lui dire qu'il parlait à des personnes qui n'existaient pas. Ni de lui dire quoi que ce soit d'ailleurs. Et puis, il n'y avait pas besoin d'être un génie pour deviner que si elle n'avait pas été là, il aurait fait un tout autre choix. Et cela, pour la jeune femme, c'était difficilement supportable. Elle avait peut-être gagné en caractère avec les évènements récents mais elle avait toujours autant de mal à accepter de risquer de déranger. Or, c'était exactement le sentiment qu'elle avait. Lui n'était peut-être pas en porcelaine, mais elle, elle ne se sentait pas bien forte malgré tous ses efforts. Décidément, ces derniers temps, elle ne savait vraiment plus où elle en était. Roland paraissait ravi de jouer avec le tapis, il pouvait bien y rester un instant de plus. Aureane se décida finalement à faire demi tour et à enlacer Nicolaï. C'était sans doute le mieux qu'elle puisse faire : se blottir dans ses bras. En tout cas, cela lui fit du bien.

***

Lorsque Nicolaï se décida à se rendre chez Cyrielle, celle-ci lui ouvrit sa porte avec une tension certaine. Alvin jouait avec un petit cheval de bois près du foyer et il accueillit le chevalier avec curiosité en se demandant ce qu'il venait faire là.


" Entre, assieds-toi. "

Elle fit de même, nerveuse et n'osant pas trop le regarder en face. Celui qu'elle fixait, en revanche, c'était son fils.

" Tu as pris une décision. "

Elle le connaissait assez pour le deviner. Elle en était presque à retenir son souffle dans l'attente du verdict qui changerait ou non sa vie. Enfin, leurs vies.

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MessageSujet: Re: Question de confiance... encore une fois   Lun 31 Oct 2011 - 15:42

Nicolaï se tenait devant le feu qui ronflait.

Il était seul dans sa chambre au manoir, mais toute son attention était tournée vers un petit pantin de bois qu'il tenait dans sa main. Il n'avait pas grand chose de particulier ce pantin de bois articuler, mais Nicolaï restait quelque peu figé à le regarder. Il gardait son sourire figé. Un chevalier qui tenait sa petite épée. Pourquoi est-ce que cette image l'obsédait à ce point ?

Toujours sans quitter le pantin, le jeune homme avala une gorgée d'alcool contenu dans un verre qu'il avait emporté avec lui.

C'était peut-être les vêtements de ce fameux chevalier qui le bloquaient. Un joli petit habit blanc. C'était sans doute Cyrielle qui l'avait fait. Oui, sans doute. Il en venait à imaginer la jeune herboriste en train de coudre et cette image le fit sourire. Non, Cyrielle n'avait jamais été une bonne couturière. Il l'entendait encore pester dans tout les sens quant elle se piquait ou parce qu'elle ne parvenait pas à percer le tissus, ou encore à faire passer l'aiguille dans l'anneau. Il y avait aussi la morsure des aiguilles quant il lui servait de mannequin et qu'elle piquait de travers.

En tout cas, il ne parvenait pas à détacher son regard du pantin, pas plus quant il entendit la porte s'ouvrir que lorsqu'il perçut les pas d'Aureane qui s'approchait.


« C'est Alvin qui me l'a donné. Il n'a pas voulut que je parte sans le prendre. »

Il se rappelait encore du petit garçon qui baragouinait en lui tendant son pantin du chevalier et qui s'était accroché à sa jambe pour que le jeune homme le prenne.

Nicolaï se pinça le haut du nez entre le pouce et l'indexe avant de se masser doucement le front.


« Il veux que je le garde... parce que j'ai été gentil avec sa maman. »

Un nouveau moment de silence. Le chevalier tentait de se retenir pour garder son calme, ne pas se laisser émouvoir, mais il se sentait petit à petit dépassé par se qui arrivait. C'était... c'était son fils. Un enfant qu'il n'aurait qu'à peine vu et qu'il en connaîtrait jamais.

Tout aurait put être tellement différent.

Il tourna le visage vers Aureane.


« Mais c'était le bon choix... la bonne chose à faire... »

Il avait besoin qu'on le lui dise ou qu'on le lui assure.
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MessageSujet: Re: Question de confiance... encore une fois   Lun 31 Oct 2011 - 18:55

Aureane retint un soupir en voyant le petit pantin. Comme si Nicolaï avait eu besoin de ce genre d'objet pour se torturer l'esprit. Que pouvait-elle répondre ? Qu'en enfant qui n'avait pas trois ans n'avait sans doute aucune idée de ce que ce don symbolisait ? Pour sa part, elle se serait bien débarrassé du jouet, soyons honnête, mais ce n'était pas à elle d'en décider. Et puis, elle pouvait faire tout ce qu'elle voulait, le souvenir du gamin resterait gravé dans la mémoire du chevalier.

Elle, elle avait eu droit à un sermon interminable de Clémence quand sa tante avait fini par lui extorquer la vérité. Clémence ne comprenait tout simplement pas qu'Aureane ait pu demander à ce que Nicolaï sache qu'il avait un autre fils. La tante avait finalement eut toute l'histoire en détail, si l'on exceptait le fait que le chevalier avait parlé à des personnes qui n'existaient pas. Cela, c'était un secret qu'Aureane n'était pas prête d'ébruiter. Mais bon, la tante savait tout sur Cyrielle et Alvin et n'avait cessé de tempêter que lorsque la jeune femme avait décidé de couper court et de retrouver Nicolaï qui était finalement rentré. Et maintenant il se remettait en question implicitement.


« Mais c'était le bon choix... la bonne chose à faire... »

La jeune femme eut un petit sourire et alla près de lui, passant les bras autour de son cou tendrement.


" Oui. C'était la solution la moins douloureuse pour tout le monde... sauf peut-être pour toi. "


Elle déposa un léger baiser sur ses lèvres et ajouta doucement :

" Roland et Alvin seront plus heureux ainsi, et c'est ce qui compte. Oui, tu as fait le bon choix. "


" C'est cela oui, lancer de l'argent par la fenêtre pour le premier bâtard venu, c'est le bon choix ! "

La voix de Clémence avait claqué sans ménagement. Elle se tenait dans l'encadrement de la porte restée ouverte et elle mettait Nicolaï au défi de l'empêcher de parler. Cela faisait un petit moment que la tantine dissimulait difficilement son mépris pour lui et, cette fois, elle avait décidé de ne plus le cacher et comptait bien lui dire ses quatre vérités avec son gros accent paysan. Aureane se détacha de Nicolaï, surprise et visiblement très inquiète. Ce n'était pas dans les habitudes de sa tante de faire des colères.

" Oh la pauvre petite chose, elle a un gamin pas trop laid et vaguement brun, ça doit être le mien, allons, donnons-lui de l'argent ! De l'argent qui devrait revenir à mon petit Roland ! Et puis c'est cela, piétinons encore un peu le cœur d'Aureane en hésitant, elle n'a pas assez souffert ! "

Autant la jeune femme n'avait jamais ré évoqué l'épisode de l'ordalie, autant Clémence mettait les pieds dans le plat en foudroyant Nicolaï du regard. Un regard qui disait "si toi oser placer un mot, moi égorger toi avec les dents selon la méthode trois-cheminoise que tu n'as pas envie de connaitre".


" Vous ne vous êtes pas demandé deux minutes pourquoi elle n'était pas venue plus tôt ? Pourquoi elle n'a rien dit quand elle est tombée enceinte ? Je suis allée la voir, moi, la petite trainée ! "

Aureane était plus ou moins en train de se cacher subtilement derrière Nicolaï, choquée par les mots employés par sa tante.


" En creusant un peu, pas besoin d'être devin pour comprendre ! Elle n'a rien dit parce qu'à l'époque c'était trop frais pour vous faire avaler un mensonge pareil, mon brave seigneur ! Elle n'a rien dit parce que si cela avait été la vérité vous vous seriez marié avec elle, mais que ce n'était que mensonge, justement ! Alors elle a attendu ! Et puis un jour, elle en a eu assez de devoir compter le moindre sou et elle a vu ce que vous étiez devenu. Elle s'est dit pourquoi pas ? "

Elle lâcha un ricanement de mépris et secoua la tête :


" Et vous deux, vous avez marché, naïfs que vous êtes ! "

Aureane aurait volontiers disparu sous terre. Clémence paraissait remontée à bloc, rendue furieuse par ce qu'elle avait découvert en allant cuisiner la fameuse Cyrielle elle-même.

" Oh et arrêtez de me regarder comme ça, hein ! Je sais, je sais, la gentille fille n'aurait jamais fait une chose pareille ! Eh ben demandez-vous ce à quoi vous seriez prêts pour nourrir et élever votre Roland correctement et vous verrez la situation sous un nouveau jour ! "

Et vas-y que je te foudroie du regard. Après tout, quand on était lancée à dire ses quatre vérités à un chevalier, autant aller jusqu'au bout. Et puis, elle faisait cela pour le bien d'Aureane, elle n'allait pas se remettre en question.


" Bon. "

Elle s'arrêta enfin et croisa les bras d'un air de défi.


" Je suppose que je peux faire mes valises. "

Et sur ce, elle les laissa en plan et repartit à toute allure. Aureane osa enfin bouger de derrière Nicolaï. Elle s'aperçut qu'elle était à deux doigts de trembler, sa tante lui avait toujours fait plus ou moins peur, au fond. Et puis, elle ne savait pas du tout comment allait réagir Nicolaï. Pour changer, elle se sentait responsable, comme si elle venait d'être prise en faute. Enfin... évidemment que c'était sa faute ! C'était elle qui avait donné l'occasion au mensonge de Cyrielle de s'exprimer !

" Je suis tellement désolée... " bredouilla-t-elle avant de fondre en larmes.

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MessageSujet: Re: Question de confiance... encore une fois   Mer 2 Nov 2011 - 18:07

Clémence parlait, parlait et parlait encore. Et plus elle le faisait, plus Nicolaï avait envie de la réduire au silence. Lui tordre son cou de poulet pour la faire taire. Mais non, elle continuait à cracher sa bile et à dire ses quatre vérités. Ça n'était pas forcément plus mal, mais la façon dont elle s'y prenait n'était pas forcément la meilleur. En tout cas, pas la meilleurs pour le petit couple qui subissait les remontrances de la vieille acariâtre.

C'était à se demander se qu'elle désirait au fond. Est-ce qu'elle voulait les aider ? Au vu du mépris non dissimulé qu'elle affichait envers Nicolaï, le jeune homme en doutait quelque peu. Est-ce que c'était fait pour rassurer Aureane ? Il allait sérieusement falloir que Clémence change de technique pour la simple et bonne raison que la jeune femme était présentement planquée derrière son époux comme si sa tante ne l'avait pas parfaitement remarqué.

Et puis, ça pouvait être pour tout autre chose qu'elle parlait et leur lançait tout ça au visage. Ça pouvait être simplement pour avoir le plaisir de se défouler un petit peu.

" Bon. "

C'est bon, elle avait fini, elle avait vidé son sac, ravivé des souvenirs que les deux jeunes gens tentaient pourtant de tout faire pour oublier et bien mis les pieds dans le plat comme il fallait ? Elle devait être fière d'elle la tante Clémence. Quant on voyait son discourt, on comprenait mieux pourquoi on restait fâché sur plusieurs générations à Trois-Chemins. Allé, encore un petit mot pour la route ? Non, c'est bon, elle en avait eu assez ?

" Je suppose que je peux faire mes valises. "

Clémence partit sans laisser le temps au chevalier de répondre quoi que se soit. De toute façon, il n'aurait rien répondu, les mâchoires crispées, les poings serré, le chevalier se contentait de fixer les flammes dans la cheminée. Et bien qu'elle parte alors si c'était se qu'elle voulait. Lui ne la retiendrait pas. Il ne chercherait pas non plus à aller s'excuser de quoi que se soit ni à tenter de la dissuader. Au départ, Clémence n'était là que pour s'assurer qu'il se passe bien un mois entre le moment où les fiançailles allaient être prononcées et la date du mariage. Elle s'était ensuite légèrement tapé l'incruste, puis était revenue avec Aureane.

Mais si elle désirait partir, qu'elle parte. La porte lui était grande ouverte.

" Je suis tellement désolée... " bredouilla Aureane.

La jeune femme fondit littéralement en larme contre lui. Nicolaï serra doucement Aureane dans ses bras. Pourquoi est-ce qu'elle pleurait et s'excusait ? Il n'en était pas tout à fait certain. Mais si elle le faisait, c'était qu'elle en avait besoin. Aureane faisait tout se qui lui était possible pour avoir l'esprit tranquille et pour que tout aille bien. Elle s'excusait toujours, même si elle n'était pas du tout fautive, elle se sentait tout le temps obligée de présenter ses excuses. Elle était comme cela la petite Aure.

« Tu n'y es pour rien, murmurait doucement le jeune homme. »

On pouvait dire qu'elle avait bien réussi son coup Clémence. Une petite Aureane en larme toute tremblotante de peur, Veshork n'avait pas fait mieux en l'enlevant et en la séquestrant.

Et tout ça en moins de dix minutes.

Du grand art.

Pour se qui était de Cyrielle, de toute façon, d'une il était trop tard et de deux, il était loin de se remettre au seul jugement et aux allégations de Clémence. Elle pensait avant tout à protéger l'avenir de Roland. Et pour ça, Alvin devait dégager. Que cette histoire de fils bâtard soit vrai ou pas. Alors à ce compte là, inutile d'aller chercher plus loin. Cyrielle garderait l'argent et ne reviendrait plus. Cette histoire n'avait que trop duré.
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